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Critique

Le Maître d'Armes, la critique

Franco-belge Le 05 oct 2015
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par Republ33k
Le Maître d'Armes, la critique

L’avis de Republ33k8

On a aimé • Un bon mélange d'action et d'histoire • Une vraie substance • De superbes dessins • Des dialogues qui marquent
On a moins aimé • Parfois trop bavard • Beaucoup de redite

Bien occupé ces derniers temps, Xavier Dorison revient sur les étagères des librairies avec Le Maitre d'Armes, un album plutôt impressionnant qui prend racine dans le XVI siècle français, période troublante durant laquelle la religion comme l'art de la guerre se voient réinventés.

Et ce sera d'ailleurs tout le le sujet de cet album : un parallèle entre les armes et la foi, qui va intéresser Xavier Dorison dans chacune des pages de cet album édité par Dargaud. Et puisque les historiens parlent volontiers de "guerres de religions", nous savons d'emblée que les deux thèmes sont étroitement liés. Pourtant, Dorison parvient à surprendre, avec une réflexion progressive, échelonnée, qui au fil des pages, fait se rapprocher les deux sujets, jusqu'au moment où ils deviennent, dans un final assez épique, inséparables.

L'opposition entre les catholiques "papistes" et les premiers protestants, ou huguenots, se voit ainsi symbolisée, non sans talent, dans l'affrontement entre l'épée, celle des chevaliers répondant directement au roi, et la rapière, "la lame des marchands", qui perd en noblesse ce qu'elle gagne en efficacité. Et pour le coup, le parallèle est aussi utile symboliquement que narrativement. C'est cette riche métaphore qui fait avancer le récit, et qui lui donne une vraie substance, dans des moments de réflexions purs, et des scènes de combat puissantes. Le tout se marrie parfaitement au style de Xavier Dorison, qui signe ici une histoire aussi divertissante que prenante, philosophiquement parlant.

Menée à bon rythme, l'intrigue défile devant nos yeux, mais non sans heurts. La fuite en avant proposée par l'album voit son élan être coupé par des situations un poil trop récurrentes, et notamment la capture, répétée, de différents prisonniers. Dans le même ordre d'idée, si l'album semble être très renseigné d'un point de vue martial, notre héros survit à de bien nombreuses blessures. Enfin, c'est du point de vue du dessin que les choses se ressemblent parfois un peu, avec des environnements enneigés et forestiers certes magnifiques, mais omniprésents.

Soyons honnêtes, on ne crachera pas non plus dans la soupe, étant donné le niveau du dessin de Joël Parnotte. À de très rares exceptions près, son trait est impeccable, tant dans l'installation de l'ambiance que dans la mise en scène de l'action. Les duels à l'épée, d'ailleurs, sont aussi lisibles que dynamiques.

Mieux encore, là où le franco-belge est parfois très sage dans son découpage et dans ses effets de composition, Le Maitre d'Armes chatouille les conventions et propose des planches plutôt originales et en tous cas, impressionnantes.

Beau mais un peu répétitif, éloquant mais parfois un peu bavard, Le Maitre d'Armes ne manque pas de défauts, qu'on remarque sans doute à cause, ou plutôt grâce, au niveau général de cet album. Riche historiquement, philosophiquement et narrativement, ce one-shot est une nouvelle preuve du talent de Xavier Dorison, qui se conjuge merveilleusement bien au style de Joël Parnotte.

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