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Critique

Le petit rêve de Georges Frog, la critique

Franco-belge Le 03 jul
0
par Elsa
Le petit rêve de Georges Frog, la critique

L’avis de Elsa7

On a aimé • Un optimisme qui fait du bien • Le récit bien mené • Les personnages attachants
On a moins aimé • Un héros parfois agaçant

La collection Métamorphose offre un nouvel écrin, sous forme d'intégrale, au joli Le petit rêve de Georges Frog, initialement publié par l'éditeur Carabas.

D'amour et de jazz.

Georges Rainette est pianiste. Cette jeune grenouille française étudie la musique et surtout le piano aux Etats-Unis, grâce à sa bourse d'étude. Oui mais voilà, lui, ce dont il rêve, c'est de jazz. Il lâche tout pour se donner les moyens de monter son big band... mais le chemin ne sera pas sans embûches.

Rêves et désillusions.

Cette bande dessinée raconte, à travers les yeux d'un jeune homme/rainette talentueux et naïf, l'ébullition autour du jazz dans les années 30. Le parcours de Georges Rainette, devenu Georges Frog, n'est pas celui d'un grand artiste à succès mais plutôt celui de tous les autres. Un moment de vie fait de petites et grosses galères, de rencontres, de rent parties -des concerts improvisés pour payer le loyer-, d'amour, de désillusions et de remises en question. Mais c'est d'abord et surtout une vie par et pour la musique.

Georges Frog est plein de contradictions, on le trouvera tour à tour agaçant ou attachant. Ambitieux, peut-être un peu nombriliste, il se frotte à la vie et se fie à ses émotions pour avancer. Mais au delà de son héros, Phicil nous raconte la vie souvent difficile dans les quartiers populaires, pendant les années trente. Et son choix de mettre en scène des animaux anthropomorphes ne l'empêche pas d'évoquer également le racisme ambiant, particulièrement ambivalant dans la culture jazz ou des artistes noirs pouvaient connaitre un immense succès tout en étant toujours renvoyés à leur couleur de peau.

Le récit avance à un rythme assez tranquille, nous laissant le temps de vivre le quotidien des personnages qui forment l'entourage du héros. Certains d'entre eux vivent dans une extrème pauvreté et leurs difficultés ne sont pas passées sous silence, mais il règne pourtant sur l'ensemble une joie de vivre, un optimisme, qui font du bien. Georges Frog et ses amis avancent dans leurs vies, rebondissent, apprennent de leurs erreurs, se débrouillent. Et toujours gardent en eux leur passion de la musique.

Le dessin est lui aussi très agréable, le trait évoque un univers un peu jeunesse, qui colle finalement bien à la naïveté de Georges. Mais on est ici dans un récit ado-adulte. Les décors racontent l'Amérique des années 30, et les personnages y vivent, y rayonnent, comme des acteurs sur une scène. Beaucoup des émotions qui traversent le récit et ses héros passent par le dessin, par les expressions des uns et des autres. Les couleurs, réalisées par Drac, nimbent l'ensemble d'une jolie luminosité, douce, qui donne une tonalité un rien nostalgique au récit.

Le petit rêve de Georges Frog parle de jazz, d'amitié, d'amour, de galères et de rêves. Un quotidien unique et pourtant par certains côtés universel, que l'on prend beaucoup de plaisir à lire.

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