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Le Roy des Ribauds, la critique

Franco-belge Le 04 fev
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par Republ33k
Le Roy des Ribauds, la critique

L’avis de Republ33k8

On a aimé • Pas trop historique • Juste assez romancé • Ronan Toulhoat en forme • Le storytelling audacieux
On a moins aimé • L'intrigue parfois difficile à suivre • Les dessins parfois inégaux • A quand la suite ?

Ce mois-ci, Akileos fête le retour de Vincent Brugeas et de Ronan Toulhoat, les auteurs derrière les séries Chaos Team et Block 109, avec le Roy des Ribauds, un titre qui était fièrement défendu par l'éditeur durant le festival d'Angoulême, où on pouvait le trouver dans une édition spéciale et avant-première. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le titre mérite l'attention qu'on lui a porté le week-end dernier.

Contrairement à Block 109, Uchronie prenant racine dans la seconde guerre mondiale, et Chaos Team, récit de science-fiction sous fond d'apocalypse, Le Roy des Ribauds s'inscrit dans la tradition de la bande-dessinée historique. Le récit se déroule en effet en dans les années 1200, et met en scène le bien nommé Roy des Ribauds, un personnage tout puissant chargé de contrôler les bas-fonds de Paris pour le compte du roi de France, Phillipe Auguste. Passionné par cette époque, le scénariste Vincent Brugeas va en explorer les moindres recoins, dont les manigances d'Aliénor d'Aquitaine, bien décidée à placer son fils, Richard Coeur de Lion, sur le trône de France.

S'il faut un peu de temps pour saisir les subtilités et les ramifications de cette intrigue, on finit par plonger la tête la première dans ce jeu de pouvoirs, qui n'est pas sans rappeller la série Game of Thrones. On notera d'ailleurs que, comme George R.R Martin, Vincent Brugeas s'est inspiré de la suite romanesque les Rois Maudits, de Maurice Druon, pour écrire son histoire. Incontestablement, cette influence sert Le Roy des Ribauds, qui s'impose comme un thriller politique médiéval tout à fait prenant.

Côté dessin, on retrouve un Ronan Toulhoat très en forme. Plus en forme que jamais même, tant le dessinateur a progressé depuis les pages de Block 109. En confiance sur ce titre, l'artiste réalise lui-même son encrage et ses couleurs pour un résultat impressionnant et dans la droite lignée de son style bien particulier. On profite en effet de visages charismatiques (mais parfois difficiles à distinguer), de costumes détaillés et de cases hyper-dynamiques, sans oublier de femmes dans toute leur splendeur. Mais c'est dans la narration séquentielle que le dessinateur s'impose rééllement : la synergie entre le scénariste et le dessinateur offrant au Roy des Ribauds des fondus très impressionants, qui tiennent sans doute du storytelling des comics.

Du reste, on s'attache très vite à ce "triste sire" aux commandes des trafics parisiens de l'époque. Sans doute parce que la période est à peine romancée, fantasmée, par Vincent Brugeas, qui invente différents clans, des personnages immédiatement captivants, tout en conservant tout l'attrait de ce moyen-âge classique en se permettant quelques anachronismes, comme la cathédrale Notre Dame, qui n'était pas si avancée dans ses travaux à l'époque du Roy des Ribauds.

Troisième série du dynamique duo, Le Roy des Ribauds est indéniablement le plus bel album jamais produit par Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat. L'expérience commence à payer, et l'album est un formidable condensé des influences et des talents des deux auteurs. Une nouvelle raison de s'intéresser de près à ce duo qui pourrait, avec ce Roy des Ribauds, signer un nouveau hit du côté de chez Akiléos.

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