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Critique

Louis parmi les spectres, la critique

Franco-belge Le 16 nov 2016
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par Elsa
Louis parmi les spectres, la critique

L’avis de Elsa10

On a aimé • La justesse • La sensibilité • La poésie
On a moins aimé • Rien

Après le très remarqué Jane, le renard et moi, Fanny Britt et Isabelle Arsenault nous offrent un nouveau bijou de poésie et de subtilité.

"Je me souviens qu'en dehors des voitures de police banalisées, rien, nulle part, dans ma vie, n'est simple."

Louis et son petit frère Truffe partagent leur quotidien entre chez leur mère, la semaine, et chez leur père, certains weekends et pendant les vacances. D'un côté, la tristesse d'un petit appartement et d'une rocade pour seul horizon, de l'autre, la maison de leur enfance et les larmes de leur père quand il boit pour tromper sa solitude, souvent.

Dans la vie de Louis, il y a aussi Boris, son meilleur ami, et puis Billie. Billie est belle, fascinante, mais Louis n'arrive pas à trouver le courage de lui adresser la parole. 

"Bye bye love... Bye bye happiness..."

Louis parmi les spectres raconte avec une infinie justesse l'adolescence et ses douleurs. Ses parents ont divorcé, sa mère essaie de faire au mieux, son père aussi, avant qu'il ne soit rattrapé par la boisson. La seule éclaircie que l'adolescent entrevoit serait l'amour, mais Louis est paralysé dès que Billie entre dans son champs de vision.

L'histoire nous est racontée de son point de vue, sensible. Le texte est beau, très beau, tout en poésie. Fanny Britt raconte avec une économie de mots hypnotisante. Elle ne garde que l'essentiel et c'est d'autant plus puissant. Parfois drôle, souvent bouleversant, le récit doux-amer réveille forcément en nous des blessures d'enfance. Pour Louis et Truffe, les journées mêlent insouciance et gravité, les plus beaux moments sont souvent rattrapés par le désespoir. Mais l'inverse est tout aussi vrai.

Malgré une thématique sombre, il règne sur cette bande dessinée une lumière qui fait du bien. Les moments les plus durs, sans jamais être minimisés, conservent une grande douceur, une grande pudeur. On sent que les autrices ont beaucoup de tendresse pour chacun de leur personnage, car tous composent comme ils le peuvent avec une vie moins belle qu'ils ne le souhaiteraient. Louis parmi les spectres est tragique, mais pas que. C'est aussi un livre plein de beau, de sourire, d'espoir et d'amour. 

Le dessin d'Isabelle Arsenault s'allie à merveille aux mots de la scénariste. Son trait est tout en délicatesse, léger, presque aérien, plein d'émotion. La fragilité de Louis, l'innocence de Truffe, la force de leur mère, les tourments de leur père. Dans les planches dont même la composition a des airs de poèmes, les émotions sont à fleur de page et nous entrainent entre pénombre et lumière. La bd est en noir et blanc, réhaussé de halos colorés très doux dans les teintes que l'on rencontre dès la couverture. Du bleu turquoise un peu passé, du jaune vitaminé. Ces touches de couleur ressuscitent les sourires quand on les croit définitivement éteints.

Louis parmi les spectres est un poème en mots et en dessin. Un petit bout de vie bouleversant, magnifiquement raconté par un duo d'autrices décidément talentueuses.

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