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Critique

Manhattan Murmures, la critique

Franco-belge Le 07 oct 2017
2
par LiseF
Manhattan Murmures, la critique

L’avis de LiseF9

On a aimé • Un personnage principal attachant • Un trait simple et agréable • Des pleines pages à couper le souffle
On a moins aimé • Un début un peu lent

Il y a des BD qui vous laissent une drôle d'impression, une fois que vous les avez terminées. Un mélange de nostalgie, de tristesse, et de chaleur aussi. Manhattan Murmures, sortie le 27 septembre chez Vents d'Ouest, en fait partie.

Le livre raconte l'histoire de Sam, jeune photo reporter. Après s'être séparé de sa copine, il décide de prendre ses distances en se lancant un défi : s'installer à New York, et pendant trois mois... Ne plus parler du tout. Pas un mot, à qui que ce soit. Et il devra écrire un article à ce sujet.

Un défi pour se reconstruire

Les bandes dessinées sans paroles ont la cote en ce moment : récemment, on vous parlait du Petit vagabond, un recueil d'histoires courtes et muettes par une artiste taïwannaise. Ici, l'auteur Giacomo Bevilacqua s'appuie aussi sur l'absence de parole pour nous livrer une histoire pleine de sensiblité.

Mais l'absence n'est pas totale : Sam a le droit de discuter avec son rédacteur en chef resté en Europe, par messagerie instantanée. On peut aussi lire ses pensées, et celles d'autres personnages. Bref, même si les dialogues sont rares, le récit n'est pas complétement muet.

Et tout comme l'expérience invite Sam à l'introspection, il nous permet de nous-mêmes mieux le comprendre. Au premier abord, il s'agit d'un personnage principal sommes-toutes assez banale : un beau gosse brun avec une barbe de trois jours, passionné par la photo. Pourtant, au fil des pages on va apprendre à mieux le connaître mais aussi à mieux connaître son histoire, qui est en fait bien plus douloureuse qu'on se l'imaginait...

Et c'est au fil de ces révélations qu'on est complétement pris dans le récit. Le démarrage est un peu long, parce qu'une BD sans dialogue peut vite être rébarbative. Mais quand on apprend à le connaître, on devient de plus en plus aspiré par l'histoire. Et quand Sam réalise que sur toutes ses photos en noir et blanc, il y a une jeune femme rousse qui est toujours là, en couleur, le récit devient soudainement très mystérieux...

La ville, ses bruits, et son silence

Par la rencontre entre Sam et cette drôle de fille mais aussi par ce défi du silence, l'auteur introduit une réflexion sur la ville.  Sam déambule dans les rues de New-York avec son casque sur les oreilles afin d'éviter qu'on lui parle. Il découvre la beauté des rues comme un fantôme, se privant de tout contact social.

Avec cette absence de dialogue, on fait plus atention aux interactions autour du personnage principal, et on finit par réaliser que chaque passant est le personnage principal de sa propre histoire. Et d'ailleurs, la demoiselle sur les photos mériterait bien son propre bouquin.

Je ne vous dis pas comment, mais elle finit pas établir le contact avec Sam. Et c'est là qu'elle lui fait un peu relever le nez, pour qu'il prenne conscience de ce qu'il se passe autour de lui, et des milliers d'individus qui peuplent New-York. New-York qui est d'ailleurs sublimé par Manhattan Murmures, avec des pleines pages à couper le souffle. Le trait est relativement simple, mais vraiment agréable à lire. Et les couleurs transmettent à merveille les émotions.

Manhattan Murmures, un vrai coup de coeur

Vous l'aurez compris, Manhattan Murmures m'a vraiment touchée. Si l'album est un peu long au début, on finit par s'attacher très fort à Sam, et à se poser plein de questions au sujet de la mystérieuse fille sur les photos. Ajoutez à ça un dessin simple et beau à la fois, et vous obtenez un one-shot parfait pour une bonne soirée au coin du feu.

 

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