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Critique

Mickey et l'Océan Perdu, la première grosse claque de 2018

Franco-belge Le 03 jan
5
par LiseF
Mickey et l'Océan Perdu, la première grosse claque de 2018

L’avis de LiseF8

On a aimé • Un dessin grandiose • Un univers accrocheur • Une façon novatrice d'aborder l'univers de Mickey
On a moins aimé • Un peu trop bavard parfois • C'est court!

En 2016, Glénat se lancait dans un projet audacieux : proposer à des auteurs francophones de travailler sur leurs propres histoires de Mickey et sa clique. L'idée était de laisser libre cours aux auteurs, pour qu'ils s'approprient vraiment l'univers de Disney et créent un objet unique, avec leur style graphique et narratif. À titre personnel, j'étais un peu perplexe au début : le projet était mené en partenariat avec Disney, et j'avais peur que les auteurs soient censurés sur leur travail. Après la lecture des productions de Tebo, Loisel ou encore Trondheim, force est de constater que les auteurs ont une sacré liberté, et le résultat est à tomber par terre.

Et sans surprise, le premier Mickey by Glénat de 2018 ne déroge pas à la règle ! Mickey et l'Océan Perdu est écrit par Denis-Pierre Filippi et dessiné par Silvio Camboni, le duo à l'origine de la série Le Voyage Extraordinaire. Et cette fois c'est au tour de Mickey, Minnie et Dingo de partir pour un voyage extraordinaire...

Mickey en plein univers Steampunk

17 ans après le Grand Conflit, Mickey, Dingo et Minnie sont explorateurs. Mais ils n'explorent pas pour la beauté du geste : le trio est à la recherche de coralite, un carburant précieux. Alors qu'ils terminent une nouvelle mission, ils aident à leur insu un savant fou qui a mis en place un plan incroyable, mais stupide : faire perdre temporairement sa pesanteur à l'eau, histoire de pouvoir fouiller tranquillement le fond de l'océan perdu. Le scientifique perd le contrôle de son invention et très vite, tout ce qui est composé d'eau se met à léviter de manière irréversible. C'est à dire toutes les étendues d'eau... Mais aussi tous les êtres vivants. Mickey, Dingo et Minnie vont chercher un moyen d'inverser le catastrophique processus.

Vous l'aurez compris rien qu'en lisant le pitch : l'album ne fait pas dans la simplicité. La mentalité des personnages diffère énormmèment de celle qu'on peut retrouver dans les Mickey Parade par exemple, et c'est normal : les auteurs s'approprient complétement l'histoire. Du coup c'est surprenant au début mais c'est une agréable surprise. On sent que l'histoire va être palpitante, et réfléchie.

De fait, les bulles sont parfois un poil bavardes, mais ce n'est pas extrêmement gênant : malgré les considérations techniques énoncées par les personnages, l'histoire est facile à suivre et passionnante de bout en bout. En plus, cette aventure pleine d'aéronefs, d'inventions géniales et de biologie perturbée est magnifiée par un dessin proche de la perfection.

Un dessin qui fait rêver

Dès les premières pages, Silvio Camboni donne le ton : le dessinateur s'attarde énormément sur les paysages, et crée une ambiance vraiment propre à l'album. Les pleines pages sont nombreuses et nous permettent de savourer le talent de l'artiste. On voyage d'un lac enneigé à une jungle suspendue en passant par une ville aux inspiration steampunk en pleine ébullition. Et à chaque fois c'est beau, coloré, et bourré de détails qui s'additionnent sans donner une impression désagréable d'accumulation.

Le trait est cependant un peu moins virtuose sur les représentations de personnages, mais ça n'enlève rien à la qualité de l'album. En parlant des personnages d'ailleurs, ça fait plaisir de retrouver Minnie en membre à part entière du trio, tête pensante au même titre que Mickey et Dingo. Dans l'ensemble, Mickey et l'océan perdu est une vraie réussite : le seul soucis, c'est que l'aventure va un peu trop vite. On a l'impression que les auteurs se restreignent, se forcent à faire court. Rien d'étonnant vu que les albums de cette collection sont des one-shots, mais à titre personnel j'aurais bien vu quatre ou cinq tomes, histoire de faire durer le plaisir !

Mickey et l'Océan Perdu est donc ma première claque de cette année 2018. Des héros qui en ont dans le cibouleau, un univers magnifique et bien trouvé, des pleines pages à tomber par terre : voilà une lecture qui fait plaisir ! L'album est à découvrir dès aujourd'hui au prix de quinze euros chez Glénat.

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