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Critique

Miss Charity, dans l'intimité de Beatrix Potter

Franco-belge Le 18 mars 2020
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par Elsa
Miss Charity, dans l'intimité de Beatrix Potter

L’avis de Elsa7

On a aimé • Le dessin charmant • Les personnages très attachants • Le portrait par l'intime d'une artiste
On a moins aimé • Quelques longueurs mais qui rendent l'ensemble très doux

Rue de Sèvres continue de confier l'adaptation de titres du catalogue L'École des Loisirs à des auteurs de talent. Cette fois-ci, le duo Loïc Clément (au scénario) et Anne Montel (au dessin) met en image Miss Charity, la biographie romancée de Beatrix Potter écrite par Marie-Aude Murail.

L'ennui est le terreau de l'imagination.

Charity s'ennuie dans la grande maison familiale. Ses parents ne s'occupent pas vraiment d'elle et ses seules compagnes de jeu sont les fantômes de ses soeurs décédées. Jusqu'à ce que la petite fille se prenne de passion pour la faune sauvage : escargots, oiseaux blessés, jeunes hérissons, elle se compose une véritable ménagerie. Ses petits protégés sont à la fois des amis et des sujets d'étude. 

Mais la jeune Charity ne ressemble pas vraiment à la jeune fille convenable qu'espère sa mère, qui aimerait bien y remédier.

Les prémices d'une grande artiste.

Ce premier tome (sur trois) nous raconte l'enfance de Beatrix Potter et l'on devine déjà les prémices de l'artiste en devenir dans sa passion pour les animaux des bois et son goût naissant pour l'aquarelle.

Le dessin d'Anne Montel, qui évoque avec élégance les livres pour enfants anciens, se prête à merveille au charme un peu suranné de son enfance bourgeoise du XIXème siècle. Dans cette atmosphère élégante, la dessinatrice met en scène une jeune fille vivante et malicieuse entourée d'animaux de compagnie des plus originaux. Les couleurs très douces, les interludes poétiques, et l'omniprésence de la nature dans les planches amènent beaucoup de tendresse et de beau dans le quotidien solitaire et morose de Charity.

Le peu de tension d'une enfance un peu monotone entraine quelques longueurs dans le récit, mais c'est aussi une bonne chose : la lecture de Miss Charity est une pause, une petite bulle apaisante où l'on suit l'héroïne dans ses expériences, ses apprentissages. On ressent parfaitement son ennui, qu'elle transforme en contemplation. 

Loïc Clément et Anne Montel réinventent l'oeuvre originale pour faire vivre sur les planches des personnages attachants, à commencer par Charity évidemment. Mais d'autres ne sont pas en reste, comme cette bonne, amatrice de récits horrifiques, qui laisse toute latitude à la jeune fille dont elle a la garde non parce qu'elle approuve, mais parce qu'elle est persuadée que Charity est de la graine de démon et qu'elle ne pourra rien y changer. Et puis, bien sûr, il y a les animaux qu'élève la petite fille, qui restent un peu passifs mais qui sont comme des clins d'oeil à l'oeuvre future de leur maitresse.

C'est touchant de se plonger d'une manière aussi vivante dans l'enfance d'une autrice qui marquera des générations d'enfants. En faisant connaissance avec cette version romancée de l'enfant qu'a été Beatrix Potter, son oeuvre prend une dimension nouvelle.

Une jolie bande dessinée qui ressemble à son héroïne, une belle ode à l'imaginaire.

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