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Mon premier rêve en japonais, quand contes traditionnels et histoire personnelle se mêlent

Franco-belge Le 09 sept 2019
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par LiseF
Mon premier rêve en japonais, quand contes traditionnels et histoire personnelle se mêlent

L’avis de LiseF7

On a aimé • Un récit intimiste • Une jeune héroïne drôle et attachante
On a moins aimé • Un découpage parfois maladroit qui peut compliquer la lecture

La rentrée littéraire, pour moi c'est surtout synonyme du retour des gros one-shot : durant l'été la plupart des albums que je lisais étaient des suites et de temps en temps, ça fait du bien de lire un récit complet ! Ça tombe bien, fin août Futuropolis présentait Mon premier rêve en japonais, premier livre de la jeune autrice Camille Royer.

Des légendes captivantes

Mon premier rêve en japonais raconte l'enfance de l'autrice. Camille est une gamine pleine d'énergie. Elle vit en France avec sa mère d'origine japonaise, son père français et son grand frère. De fait, elle s'exprime surtout en français. Mais pour qu'elle n'oublie pas ses racines, sa mère lui fait prendre des cours de japonais avec une jeune professeure. Pour Camille, c'est difficile : cette véritable pile électrique, caractérielle et farceuse, préfèrerait faire des cabrioles plutôt que de rester assise sur une chaise à apprendre cette langue compliquée.

Alors le soir, quand la petite fille est prête à s'endormir, sa mère lui raconte des légendes japonaises. Elle lui parle de l'homme qui s'est transformé en arbre, de celui qui est parti vivre au fond de l'océan avec le peuple marin, de la femme qui vivait avec un bol sur la tête... Ces légendes touchent la fillette d'une façon particulière, à tel point que leurs personnages iront jusqu'à la suivre dans ses rêves...

Le premier livre de l'autrice

Passionnant objet que cet album. Camille Royer était  encore étudiante lorsqu'elle a écrit Mon premier rêve en japonais, qu'elle a proposé comme projet de fin d'études. Juré pour l'école Estienne, Sébastien Gnaedig directeur éditorial de Futuropolis a eu le coup de foudre pour cette production qu'il a voulu par la suite publier. Publier une toute nouvelle autrice, sur un projet aussi personnel, c'est un pari risqué pour une maison d'édition. Et c'est le genre de risques qu'on apprécie.

À sa façon, Camille Royer parle de ses racines mais aussi de celles de sa mère, loin de sa terre natale et visiblement attristée par cette situation. En lui racontant ces légendes japonaises, c'est un peu de leur histoire commune qu'elle reconstruit. Avec talent, l'autrice parvient à retransmettre les émotions de la mère et surtout de la fille. Cette gamine un peu pénible, qui a une conception de la politesse toute personnel, est un élément drôle et très attachant de l'histoire.

Pour un album se déroulant en partie dans le monde de rêves et des légendes, l'autrice a choisi un style graphique plutôt onirique. Un choix judicieux mais risqué, puisqu'on a tendance à se perdre dans les cases parfois très chargées. Un album que je ne conseillerais pas donc à un lecteur de BD débutant, mais qui reste précieux et intimiste. Mon premier rêve en japonais est disponible au prix de 21 euros chez Futuropolis.

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