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Critique

Quatre couleurs, la critique

Franco-belge Le 11 juin
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par Elsa
Quatre couleurs, la critique

L’avis de Elsa7

On a aimé • Le trait pétillant • L'exercice de style original et réussi • La place accordée aux détails
On a moins aimé • Des personnages qu'on aurait aimé plus complexes

Tout commence ici, dans le scénario comme dans le dessin, avec un simple stylo Bic 4 couleurs...

Noir, Rouge, Vert, Bleu.

Grégoire et Pierre sont amis. Tous les deux étudiants à la fac, dans des cursus différents, ils décident, pour faire un peu grimper leurs notes mais aussi simplement pour s'amuser, d'échanger leurs identités sur une de leurs options. 

Tant qu'il s'agissait de sagement venir aux cours et d'aller aux examens, ça semblait simple. Mais les choses deviennent bien plus compliquées quand quatre filles rentrent dans l'équation.

De l'encre au papier.

Blaise Guinin a donc choisi de baser son histoire sur un stylo quatre couleurs. Graphiquement d'abord, les planches étant entièrement réalisées au bic. Mais c'est aussi le point de départ de l'histoire, puisque le héros remonte le fil de ses souvenirs avec le stylo qu'il a devant lui, chaque couleur lui évoquant tour à tour de nouvelles images qui complètent les précédentes. On suit ainsi toute l'année de Pierre et Grégoire, et d'un simple jeu entre amis, l'histoire prend tour à tour un ton plus romantique, érotique, voir dramatique. Pierre ne s'y attendait pas, mais il tombe amoureux sous l'identité de Grégoire, pendant que ce dernier, lui, se laisse distraire par les jolies femmes qui croisent son chemin, oubliant un peu vite les risques encourus si leur petit stratagème est découvert.

Le récit est plaisant, réellement construit à la manière de souvenirs qui débouleraient les uns après les autres, avec des images, des détails, qui viennent parasiter l'histoire, et l'envoyer dans une autre direction. On pourra regretter un petit manque de complexité chez les personnages, mais le ballet de filles à quelque chose d'hypnotisant. Si deux d'entre elles sont vraiment actrices de l'histoire, les deux autres font rêver Grégoire, provoquant des parenthèses un peu éthérées, sensuelles et poétiques.

Le trait de Blaise Guinin est simple, élégant et pétillant. Il joue très intelligemment avec son idée de quadrichromie, s'amusant à mettre là encore l'accent sur les petits détails, par des jeux de couleurs, des jeux sur les motifs... Dirigeant le regard sur les petits riens, et conférant ainsi à la lecture un rythme plus lent, loin d'être désagréable. Grégoire étant étudiant en Histoire de l'Art, le dessinateur s'amuse à glisser des clins d’œil à quelques œuvres célèbres dans la composition de certaines cases.

Quatre couleurs est une petite histoire plutôt légère, malgré quelques aspects plus sombres. Un exercice de style intéressant, pour un joli moment de lecture.

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