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Critique

San-Antonio chez les gones : c'est-y pas d'la bonne BD qu'on a là?

Franco-belge Le 05 avr
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par FarMat
San-Antonio chez les gones : c'est-y pas d'la bonne BD qu'on a là?

L’avis de FarMat8

On a aimé • Une virée dans les années 60 • Les expressions franchouillardes • Un vrai bonheur quand on connait Lyon
On a moins aimé • Où c'est qu'elles sont les femmes intéressantes ?

Michaël Sanlaville délaisse Lastman le temps d'adapter une aventure d'un de ses héros d'enfance. Et c'est un pari réussi !

Aux alentours de Lyon, dans le village de Grangognant-au-Mont-d'Or, deux enfants ont disparu et un instituteur est retrouvé égorgé sous le préau de l'école. Avec son collègue et ami Bérurier, le commissaire San-Antonio va s'infiltrer et mener l'enquête parmi les gones (le nom donné aux gamins Lyonnais).

Si vous n'connaissez pas la série policière San-Antonio, l'est p't-être temps d'élargir un peu vot' culture littéraire.

San-Antonio c'est 175 aventures policières écrites par Frédéric Dard entre 1949 et 2000. Une série de polars originale pour l'époque car l'auteur s'amuse à utiliser l'argot et l'humour dans sa manière d'écrire. Et ça, Sanlaville l'a bien compris. C'est donc en bon fan et en vieux gone qu'il adapte le 51ème tome de la série : San-Antonio chez les gones.

Met ton falzar et ta liquette direction les années 60

La première chose qui frappe, c'est les expressions. Parfois difficiles à comprendre, d'autres fois complètement absurdes, le livre en est rempli. Lorsqu'il trouve une personne assassinée avec un tournevis dans le dos, San-Antonio n'hésite pas à sortir « quelqu'un a dû vouloir lui régler son ralenti et puis il a oublié son outil dans le carbu ». Ces expressions sont essentielles et garantissent une vraie immersion.

En plus de nous transporter dans les années 60 avec les us et coutumes de l'époque, le récit ne manque pas de nous rappeler où il prend place. Que ce soit dans les dessins des bâtiments, des rues, ou dans les expressions, ça fait toujours plaisir de voir la ville de Lyon quand on la connait.

« Il est allé donner des cacahuètes aux primates à face nue du parc de la tronche d'or ».

L'après Lastman

Il est clair que pour Sanlaville il y a un avant et un après Lastman. Graphiquement ressemblant, il est très agréable de retrouver son trait sur un autre projet et ce, avec de la couleur. Polar oblige, il aurait pu choisir le noir et blanc, ou des couleurs plus sombres. Mais l'ensemble est plutôt lumineux, ce qui offre une véritable fraicheur aux décors et évite une atmosphère qui aurait pu être pesante.

Le seul point noir au tableau c'est la représentation des femmes peut-être un peu trop fidèle à l'époque. Assenées à coup de « ravissante » ou de « ma choute », les personnages féminins sont présents mais pas très profonds. La jolie rousse aux yeux verts de la couverture (dont j'ai complètement oublié le nom en refermant la bd), n'est finalement bonne qu'à être emballée par le héros. On aurait aimé qu'elle ait plus d'importance. Dommage parce que sinon, le reste est top !


Enquêtes, infiltrations, grenade et morts suspectes font de San-Antonio chez les gones un vrai polar. Mais son dessin et ses expressions franchouillardes en font une bande dessinée  légère, drôle et très agréable à lire. On ressent l'amour que peut porter Sanlaville aux personnages de Frédéric Dard ainsi qu'à la ville de Lyon. L'envie de retrouver ce duo dans de nouvelles aventures n'en est que plus forte ! Retrouvez l'album au prix de 16 euros chez Casterman.

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