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Critique

Sangre - tome 1, la critique

Franco-belge Le 28 oct
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par Republ33k
Sangre - tome 1, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • L'univers est assez chouette • Quelques planches impressionnantes • Un premier tome qui tient ses promesses
On a moins aimé • Une certaine densité • Des cases en reste • Des archétypes qui ont la vie dure

En 1994, Christophe Arleston créait une série qui allait devenir culte dans le paysage de la bande-dessinée Franco-Belge : Lanfeust de Troy. De ce titre allait découler tout un univers, que son éditeur Soleil s'amuse encore à étendre aujourd'hui. Mais on doit également au scénariste d'autres "séries-univers" comme Les Forêts d'Opale, par exemple, et tout récemment, Sangre, qu'on nous avait présenté à l'occasion de la conférence annuelle de Delcourt-Soleil à Angoulême, et qui est désormais disponible dans toutes les bonnes librairies.

Et si j'ai commencé cette critique par une brève introduction sur l'aspect "faiseur de mondes" du bonhomme, c'est bien parce qu'il s'attaque ici et une fois encore à tout un univers. Sangre, c'est en effet un titre de Planet-Fantasy, où notre héroïne, qui donne son nom à la série, va voyager de monde en monde pour trouver ce qu'elle recherche par dessus tout : sa vengeance. 

C'est donc une histoire bien connue qui se cache derrière le (déjà) vaste univers de Sangre, et l'intrigue prend ainsi la forme double d'une origin story (lors de ses premières pages) dopée au revenge porn (le temps de ses dernières planches). Rien de bien original, surtout quand on connaît bien les rouages de ce type d'intrigues, mais à défaut, on rentre donc assez vite dans le récit, et avons le temps de nous attarder sur sa diégèse.

Ça tombe bien, puisque Arleston nous prouve une nouvelle fois qu'il est à l'aise avec la création d'univers vastes mais cohérents, qu'on comprend du premier coup d'œil. Quelque part entre l'Heroic Fantasy la plus violente, une Fantasy classique et une Science-Fiction ésotérique, l'auteur nous propose une ambiance qui rappelle ses créations les plus fameuses mais qui nous offre assez de nouveautés (dont de jolis designs signés Fred Blanchard) pour nous maintenir captivés. Ce(s) petit(s) monde(s) fonctionnent, donc, et nuance(ent) assez bien le manque d'originalité derrière la promesse de base.

Il faut dire qu'en 54 pages, Arleston nous en dit beaucoup. Il doit introduire son personnage principal, nous présenter sa quête, dérouler son univers et la faire grandir jusqu'à une première vengeance cathartique. Et en ce sens, l'album est très dense, ce qui est à la fois un défaut et une qualité. En effet, quelques planches ne respirent pas du tout, la faute à un découpage très quadrillé ou des phylactères un peu lourds.

La lecture peut ainsi s'avérer pénible, mais d'un autre côté, on profite d'une expérience complète, et les auteurs évitent ainsi de tomber dans cette catégorie pleine de premiers tomes qui ne font qu'effleurer leur proposition en une cinquantaine de (premières) pages. Un mal pour un bien donc, d'autant que les dialogues et l'exposition, pas toujours très fluides, piquent au moins notre curiosité quant à l'univers développé.

Les vrais défauts seront plutôt à trouver du côté d'archétypes qui ont la vie dure, surtout dans les histoires de vengeance aussi directes que celle de Sangre. L'héroïne est un excellent exemple : se révélant attachante au fil de l'album, elle n'échappe pas à quelques vieilles habitudes du média comme un certain voyeurisme dont aurait pu se passer ce premier tome.

Ce qui n'enlève rien aux dessins d'Adrien Floch, qui semble perfectionner son entente avec Arelston dans ce nouvel album, après l'élaboration des Naufragés d'Ythaq. Le résultat est assez plaisant pour les yeux, voire carrément impressionnant lorsque l'album se permet des cases plus ouvertes, qui profitent des belles couleurs de Claude Guth, comme vous le voyez ci-dessous :

Sangre est un album difficile à juger. D'un côté, il a tout de la parfaite série-concept qui sera facilement déclinée et qui trouvera sans aucun doute un large public grâce à une histoire accrocheuse. Avec ce que cela implique en défauts, et notamment du côté des archétypes ou plutôt des stéréotypes. Mais on sent derrière ces premières pages un univers qui se veut plus original que sa simple promesse, et qui pourrait bien soutenir l'histoire voire la faire dérailler - dans le bon sens du terme - d'ici quelques mois, dans une suite. Assurément, les fans d'Arleston y trouveront leur compte quand les autres devront jeter un œil aux planches ou attendre un nouvel opus pour se lancer.

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