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Seuls, la critique

Franco-belge Le 31 jan 2017
3
par Republ33k
Seuls, la critique

L’avis de Republ33k7

On a aimé • Un casting et des persos attachants • Un traitement ambitieux • Une adaptation bien vue • Du genre en France !
On a moins aimé • Quelques erreurs un peu grossières • Un rythme assez flottant • Des répliques qui sonnent parfois fausses

Alors que la bande-dessinée américaine triomphe sur le tout Hollywood, les œuvres françaises tentent une percée, avec des projets toujours plus ambitieux. On pense notamment au Valérian (moins Laureline) de Luc Besson qui sortira cette année dans nos salles, mais aussi à l'adaptation annoncée de Thorgal en série télévisée. Mais c'est bien de Seuls, inspiré de la BD culte de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, dont il est question aujourd'hui, puisque nous avons eu la chance de découvrir ce métrage à l'occasion du dernier festival international de la bande-dessinée d'Angoulême.

Connus pour Ils, The Eye ou encore 20 ans d'Écart, c'est David Moreau qui se charge de traduire les cases de la bande-dessinée parue aux éditions Dupuis en veritable long-métrage, qu'il ouvre sur une course de Kartings assez épiléptique. Et pour le coup, on reconnaît d'emblée une certaine patte. Sans réinventer l'image, la photographie de Nicolas Loir nous plonge en effet très vite dans l'ambiance assez froide de Seuls, aussi effrayante que fascinante . Il faut dire que nos personnages, menée par Sofia Lesaffre, se réveillent un jour dans une région parisienne vidée de tous ses habitants, ou presque.



Un pitch pour le moins accrocheur, auquel le réalisateur s'attache tout particulièrement en filmant très longuement les rues vides et les immeubles déserts dans des plans large ou aériens très rafraichissants à observer. Car si des images pareilles se retrouvent régulièrement sur les écrans connectés à la culture popualire à l'américaine, les voir appliquées à un décor ou des ambiances typiquement français provoque un vrai frisson d'excitation. Seulement, la fascination de David Moreau finit par jouer contre lui, puisque l'intrigue de Seuls met un petit peu de temps à trouver sa vitesse de croisière.

Le rythme assez flottant du métrage est ainsi son plus gros défaut. A peine long d'une heure et demi, le film semble s'arrêter sur des passages ou des détails qui ne méritent pas notre attention pour au final lutter à introduire de vrais enjeux dans la deuxième partie de l'intrigue, voire dans son dernier acte. C'est un petit peu dommage, mais heureusement, on peut compter sur un casting plutôt très attachant.



Comme nous le disions, et cotnrairement à la bande-dessinée d'ailleurs, le film est emmené par Sofia Lesaffre, alias Leïla, dont le point de vue est totalement épousé par le réalisateur.  Suivrons Kim Lockhart en Camille et Jean-Stan du Pac qui se charge de Terry, qui sont ensuite rejoints par Stéphane Bak et Paul Scarfoglio, qui incarnent respectivement Dodji et Yvan. Un casting aussi varié que dans l'œuvre originale, et qui n'a pas de mal à se montrer aussi attachant.

Il faut dire qu'à quelques répliques près, l'alchimie entre les jeunes acteurs est palpable. L'envoûtante sorcellerie des espaces vides où nous sommes invités à piller, à sacager ou plus simplement à profiter faisant le reste : on sent que le casting comme son réalisateur s'amusent à tourner les nombreuses scènes où le groupe profite par exemple d'un hôtel vide. Bref, le casting est l'une des forces de ce métrage, mais pas nécessairement parce que les acteurs sont irréprochables - d'après leur âge, ils ont de toutes façons le temps de progresser - mais bien parce qu'ils installent une vraie dynamique de groupe.



Dans Seuls, l'union fait donc la Force, et nous fait pardonner quelques erreurs de raccord parfois grossières, qui concernent par exemple des objets ou des situations décisives, qu'on ne peut révéler ici sans vous gâcher des surprises. Mais à la rigueur, quel film ne souffre pas de ce genre de défauts ? On les oublie donc volontiers en plongeant dans cette histoire qui est presque une miraculée dans le paysage du cinéma français où le genre est une espèce en voie de disparition.

Le film de Moreau, au contraire, accumule les figures de style et les genres que nous n'avont pas du tout l'habitude de voir en France, comme la Science-Fiction bien sûr, mais aussi une grosse vibe post-apocalyptique ou encore quelques passages directement inspirés du Slasher, qui ont su émerveiller la salle pleine de jeunes Angoumoisins dans laquelle j'étais. Et je dois dire que moi ici, j'avais parfois envie de pousser des cocoricos dès que Moreau, son histoire ou son casting se montraient ambitieux, quitte à ne pas être parfaits. Et justement, cette adaptation de Seuls ne manque jamais d'envie et va même jusqu'à proposer de très nombreuses pistes pour une voire plusieurs suites.

Moralité, Seuls est effectivement une "trahison fidèle" comme le soulignaient Velhmann et  Gazzotti lors de leur avant-première à Angoulême. Le film prend des libertés avec l'histoire originale mais ne transige pas sur ses influences multiples, donnant naissance à une histoire parfois un peu flottante, mais dopée aux images fortes et aux genres qui manquent si cruellement au cinéma français. Ajoutez à cela un casting qui réalise un joli travail d'équipe, et vous obtenez un film comme on aimerait en voir plus souvent dans nos salles ! Et si la BD offrait un nouveau souffle au cinéma français ?

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