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Critique

Spirou ou l'espoir malgré tout, le retour réussi d'Émile Bravo

Franco-belge Le 09 oct
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par LiseF
Spirou ou l'espoir malgré tout, le retour réussi d'Émile Bravo

L’avis de LiseF9

On a aimé • La guerre racontée sans fard... • ...mais aussi sans mélodrame • Un humour très fin
On a moins aimé • Le personnage de Fantasio est vraiment insupportable

Vendredi dernier est sorti la suite de Spirou : Journal d'un ingénu d'Émile Bravo, publié il y a dix ans chez Dupuis. Et elle était attendue cette suite, tant le premier volume avait marqué les esprits.  Vendredi, j'ai fait de ce second volume mon coup de coeur de la semaine sur notre compte instagram, mais je me devais d'en parler aussi ici pour ceux et celles d'entre vous qui ne sont pas sur instagram (ou qui préfèrent les articles plutôt que les vidéos).

Spirou, mais pendant la seconde guerre mondiale

Oubliez les joyeuses aventures pleines de surprises : ici, l'histoire se déroule en Belgique durant la seconde guerre mondiale. Dans Journal d'un Ingénu, Spirou, petit groom modeste tout juste sorti de l'orphelinat, contemplait avec méfiance l'avancée des troupes allemandes à l'Est de l'Europe. Dans L'espoir malgré tout, les jeux sont faits : la Belgique, la France et l'Angleterre n'ont pas fait le poids face à l'armée Allemande, qui dans un second temps envahit la Belgique et s'installe à Bruxelles.

Pour notre petit groom, c'est un choc : sa Belgique, qu'il pensait à l'abri du danger, tombe aux mains de l'envahisseur. Avec la guerre arrivent tout un tas de traumatismes très durs à gérer. Les bombardements, la faim, la disparition de certaines personnes, et même la mort. Après avoir perdu son travail, Spirou va chercher un autre moyen de gagner sa vie ou au moins de s'occuper. Pendant ce temps, Fantasio s'est enrôlé dans l'armée mais perd très vite l'envie d'aller au front après être tombé nez à nez avec une escouade de soldats allemands...

Comment raconter la seconde guerre mondiale sans être déprimant

Vous l'aurez compris, dans ce nouvel album, on ne rigole pas. Émile Bravo a fait le choix de raconter la seconde guerre mondiale sans fard, mais sans non plus être traumatisant. En fait, on retrouve l'humour propre à l'univers de Spirou. Et c'est là que réside le génie : même dans des situations aussi graves, il arrive à nous faire rire. Spirou qui embête un général français un peu pédant, Fantasio qui insulte accidentellement deux agents de la gestapo... Les gags, en plus de fonctionner à merveille, ne sont absolument pas déplacés. L'ensemble coule avec une logique et une simplicité exquises.

Hier je vous proposais l'interview de Fabien Toulmé, auteur de l'Odyssée d'Hakim. L'album raconte le parcours d'un réfugié, fuyant la guerre de la Syrie à la France. C'est un récit résolument difficile, mais il m'expliquait qu'en BD, c'était plus facile de raconter des choses dures. Que ce médium "atténuait" les propos pénibles, sans pour autant leur faire perdre leur sens. Et c'est vraiment ce que j'ai ressenti dans cet album. On reconnaît les récits de guerre qu'on a lus en cours d'histoire ou que les plus vieux nous ont raconté. Émile Bravo s'appuie sur des faits réels, pourtant le récit n'a rien de dramatique ni de déprimant.

Au final, Spirou ou l'espoir malgré tout se dévore du début à la fin, tant sa narration est impeccable. Le seul point négatif pour moi, c'est le personnage de Fantasio qui n'est pas juste stupide mais carrément méchant. Un choix que je n'ai pas vraiment compris. Mais cet album fait partie des rares ouvrages que je me suis forcée à lire en plusieurs fois pour faire durer le plaisir. Retrouvez-le chez Dupuis au prix de 16,50 euros !

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