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Texas Jack : découvrez la face cachée des héros de l'Ouest

Franco-belge Le 14 dec
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par La rédac
Texas Jack : découvrez la face cachée des héros de l'Ouest

L’avis de La rédac8

On a aimé • Un dessin extrêmement travaillé • Des clichés sur le western malmenés • Un méchant qui fout la frousse
On a moins aimé • Un casting de personnages trop dense qui aurait mérité d’être resserré

Parfois, une BD, c'est aussi une belle rencontre professionnelle. C'est le cas pour le scénariste Pierre Dubois et le dessinateur Dimitri Armand. Leur album Sykes, publié au Lombard, ne devait être qu'un one-shot, un album sans lendemain. Mais manifestement quelque chose s'est passé entre eux, car un second livre est né de ce duo, toujours dans l'univers de Sykes. Voici donc une nouvelle figure de l'Ouest américain, le grand héros : Texas Jack

Une bande de pieds nickelés face au Wyoming sauvage

Pierre Dubois a donc choisi de s'approprier une grande figure du western, celle de Buffalo Bill. Texas Jack en est une itération possible: homme de spectacle incarnant au fil des représentations une vision idéalisée de la conquête de l'Ouest. On a autour de ce tireur d'élite de foire, une femme habile au fouet, un noir métisse indien et un vieux pistolero. Le scénariste est très habile. Il nous offre une bande de pieds nickelés qu'il va envoyer dans la réalité du Wyoming sauvage pour les amener à réaliser ou pas les exploits que leurs personnages incarnent. 

Évidemment, ce monde réel ne sera pas tendre pour eux et ils auront bien besoin de l'arrivée du “badass “ Marshall Sykes pour s'en sortir tandis qu'ils traquent un bandit et sa bande de malfrat, sur fond de complot politique. La grande force de ce récit, c'est qu'il est construit pour nous induire en erreur quant à son évolution, avant de nous prendre par surprise dans sa dernière ligne droite. S'incarnent alors pleinement les vrais enjeux de l'histoire, dans une très intelligente mise en abîme. 

Si on devait trouver un reproche à faire à cette histoire, ce serait peut-être l'ampleur du casting, qui gêne quelque peu l'identification aux personnages. Les groupes de Texas Jack et Sykes sont trop touffus, avec un ou deux profils assez similaires. Quand au sortir de sa lecture on ressent encore le besoin d'un Who's who, c'est que quelque chose ne fonctionne pas. 

124 pages pour nous en mettre plein les yeux

Mais attention, le fait que certains personnages ne marquent pas n'est pas le fait du dessin. Dimitri Armand se sort lui de l'écueil en dessinant de vrais belles gueules de cinéma. Et pas que.

Ceux qui suivent le dessinateur sur les réseaux sociaux savent que ce livre fut exigeant pour lui. Qu'il y a passé beaucoup de temps. Et ce n'est pas pour rien. L'ampleur de son travail se ressent à chaque planche, dans chaque case. Texas Jack est aussi une bande dessinée que l'on prend le temps d'admirer. Intérieurs miteux, plaines immenses, forêts oppressantes, rien ne semble arrêter l’artiste. Et ne comptez pas sur des solutions de facilité ou sur des cases bâclées, il n’en sera rien. Voir même… Quand vous tomberez sur une certaine double page, il est possible que vous laissiez passer un sifflement d’admiration. Rajoutez à tous ces éléments, le fait qu’il ait réalisé aussi la mise en couleur de ses pages et que le jeu d’ambiance est réellement un élément narratif, et vous avez une des excellentes propositions graphiques de cette année 2018.

Une tonalité différente dans l’univers Western, des dessins brillants, Texas Jack montre que l’idée de cette préquelle à Sykes était définitivement une bonne idée. Si cette collaboration venait à se reproduire dans l’avenir, ce pourrait donc être une fois encore, un achat les yeux fermés. L'album est disponible chez le Lombard au prix de 20,50 euros.

Par Yaneck Chareyre
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