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Critique

The End, le chef-d'œuvre de Zep chez Rue de Sèvres

Franco-belge Le 26 avr
2
par LiseF
The End, le chef-d'œuvre de Zep chez Rue de Sèvres

L’avis de LiseF9

On a aimé • Un scénario impeccable • Un message très juste
On a moins aimé • Un poil trop court

Chez Rue de Sèvres, Zep est un pro des BD surprenantes où on ne l'attend pas forcément. Après Une Histoire d'Hommes et Un Bruit étrange et beau, l'auteur est de retour avec The End, une BD portant un message... écologique. Un album où on retrouve pêle-mêle du rock, des champignons qui servent de réseau de communication et du fromage suédois. Et vous l'aurez deviné en découvrant ma note : c'est. extrêmement. bien.

Mais de quoi ça parle exactement ? Dans The End on suit l'histoire de Théodore, un jeune homme plein de convictions qui arrive en Suède pour étudier auprès d'un botaniste un peu considéré par certains comme un savant fou. Richard Frawley est persuadé que les arbres sont capables de communiquer entre eux, et renferment une science qui nous dépasse complétement. Dans son laboratoire, il étudie les gênes des arbres pour essayer de les décoder, et peut-être en apprendre plus sur l'histoire de notre planète. Mais peu à peu, Théodore et le professeur remarquent qu'il se passe des choses très bizarres : les animaux sauvages n'ont plus peur de personne, et les arbres sécrètent des substances surprenantes. Ces signes seraient-ils annonciateurs de quelque chose de très gros ?

La nature n'est pas forcément notre amie

Je dois l'avouer : j'ai beau avoir cette cause très à coeur, j'ai toujours un peu de mal avec les oeuvres portant un message écologique. Je trouve qu'elles ont tendance à être moralisatrices, ou niaises, et parfois elles ont simplement un côté trop éducatif qui rend l'ensemble ennuyeux. C'est pourquoi je me méfiais un peu de The End au départ mais joie : ce n'est pas du tout le cas ici. Zep porte son message avec brio. Pour travailler sur le scénario de l'album, l'auteur s'est associé avec un botaniste, Francis Hallé, dont le personnage de Richard Frawley est directement inspiré. Si l'histoire est une fiction, elle découle donc d'une véritable réflexion scientifique. Au tout début du livre Frawley raconte l'histoire des koudous, ces grosses antilopes retrouvées mortes après avoir mangé des feuilles d'acacias dont les arbres auraient modifié la composition pour se protéger. Cette histoire est réelle, et c'est ce qui a donné à Zep l'idée de The End.

Le message est donc cruel, mais efficace : la nature a les capacités de se protéger, et on a tout intérêt à la respecter. Derrière une fiction bien ficelée se cache donc une morale frappante, qui laisse songeur une fois le livre refermé. Difficile d'en dire plus sur l'histoire sans spoiler, mais on ressort de cette lecture un peu sonné.

This is the end, my only friend the end

Si l'album est surprenant à plus d'un titre, on reconnait très vite la patte de Zep, entre autres par l'omniprésence du rock. Le titre The End fait directement référence à la chanson des Doors, que le scientifique écoute en boucle dans son bureau, à tel point que ses assistants portent des casques pour ne plus l'entendre. L'album est imprégné de la musique du groupe, si bien que pour ma part j'ai eu la chanson Riders on the Storm dans la tête pendant toute ma lecture. Le rock, c'est un thème cher à Zep qui racontait sa pasison dans Happy Rock et dans L'Enfer des Concerts, et qui en parle aussi beaucoup sur son blog What a Wonderful World.

Au delà de ça, même les gens qui ne connaissent Zep que pour Titeuf reconnaîtront son trait, très caractéristique qu'il dessine pour un public jeunesse ou pour des adultes. Les planches comportent des dominantes de couleurs qui créent des atmosphères très prenantes. L'alum d'ailleurs fait honneur au dessin, avec un grand format et un papier de top qualité.

Il y en a eu des bonnes sorties BD en avril ! Et selon moi, The End vient conclure avec brio ce joli mois de découvertes. Tant sur le dessin que sur le scénario, l'oeuvre est impeccable et se lit d'une traite. Après ça croyez-moi, vous ne verrez plus les arbres de la même façon... The End est disponible chez Rue de Sèvres au prix de 19 euros.

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