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Critique

The Time Before, la critique

Franco-belge Le 24 mars 2016
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par Elsa
The Time Before, la critique

L’avis de Elsa6

On a aimé • La réflexion intéressante • L'ambiance • Le récit prenant
On a moins aimé • Des détails un peu clichés • Quelques passages trop vite traités

Chez Grand Angle, les récits explorent souvent l'humain, ses émotions et ses secrets. En voici une nouvelle preuve avec The Time Before.

Une nouvelle chance.

Walter Benedict est photographe, dans l'Amérique des années 50. Un soir, il sauve la mise d'un vendeur à la sauvette. Pour le remercier, le vieil homme lui confie un talisman en lui souhaitant d'en faire meilleur usage que lui-même n'a su le faire. 

Il ne faudra pas longtemps à Walter pour découvrir le pouvoir du pendentif : grâce à lui, il peut revenir dans le passé, et modifier le cours de son destin...

Effacer, puis reconstruire.

Un héros qui obtient le pouvoir de retourner dans le passé n'est pas d'une absolue originalité, certes, mais Cyril Bonin, en plaçant son récit en 1958, aux Etats-Unis, teinte la science-fiction d'un charme rétro loin d'être déplaisant. Quelques têtes connues, qu'on vous laissera le plaisir de reconnaitre, font une apparition dans ses pages, ancrant le récit dans une réalité familière. Ou, plutôt que de réalité, dans un fantasme très cinématographique. L'équilibre entre la réalité historique et les images auréolées de glamour qu'a gravé en nous le cinéma de l'époque est fragile. L'univers est ici un peu naïf, et manque parfois d'aspérité à cause de certains détails clichés. Et en même temps, on prend plaisir à déambuler avec Walter dans les rues de New York, et à admirer le monde à travers ce filtre si séduisant.

Le récit est solide, bien construit. Quelques détails sont un peu expédiés, mais dans l'ensemble, on suit le parcours du personnage avec intérêt. Grâce à son pouvoir, Wlater se retrouve à faire des choix. S'enrichir ne l'intéresse pas, approcher au plus près de son idéal de bonheur, si. En suivant ses tentatives, The Time Before prend une dimension plus profonde et nous interroge. Que ferions-nous si nous avions le pouvoir de revenir en arrière ? Quelles sont les erreurs, les mauvais choix que nous arrangerions ? Y'avait-il quelque part un meilleur chemin à emprunter ?

La colorisation est parfois un peu trop monochrome, mais les ambiances en orangé et turquoise ont quelque chose de vraiment original, nous plongeant dans un petit monde assez particulier. Le trait fin et élégant colle parfaitement à ce charme un peu suranné d'une Amérique figée sur pellicule, qui finit par sonner plus vrai que nature dans notre inconscient. Il y a une émotion touchante chez les personnages. D'ailleurs, plus que le héros, ce sont les personnages secondaires qui retiennent l'attention, semblant dissimuler dans leurs expressions, dans leurs regards, des secrets et des failles qui nous donneraient envie de les connaitre mieux. Les rencontres et les dialogues qui naissent de cette histoire s'avèrent parfois surprenants, apportant une densité nouvelle, des postes de compréhensions moins évidentes mais passionantes.

Malgré un décor parfois un peu cliché, et des éléments du récit qui auraient mérité d'être plus développés, The Time Before est une lecture agréable. C'est une réflexion sur la recherche du bonheur, sur le destin et sur le libre-arbitre, servis par une habile sensibilité.

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