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Tin Lizzie, la critique

Franco-belge Le 17 fev 2015
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par Republ33k
Tin Lizzie, la critique

L’avis de Republ33k5

On a aimé • L'exagération graphique • La grande époque de l'auto • Les bouilles des personnages
On a moins aimé • Les effets et la colorisation • Les clichés d'un vieux Disney • La séparation en deux tomes

Quoi de mieux que la Tin Lizzie, surnom donnée à la Ford T aux Etats-Unis, pour aborder l'automobile et ses mythes ? Aucun autre véhicule n'est sans doute assez emblématique pour explorer cette industrie et les rêves de liberté qui l'acompagnent. Les éditions Paquet l'ont bien compris et nous livraient le mois dernier le premier tome de Tin Lizzie, récit d'aventure écrit par Thierry Chaffoin et dessiné par Dominique Monftéry.

Qu'on soit ou non un passioné d'automobile, on a tous entendu parler de la fameuse Ford T, considérée comme la première voiture produite pour le plus grand nombre. Tin Lizzie ne manque donc pas de charme quand il s'agit d'attirer des lecteurs non-initiés à l'univers de l'automobile : la Ford T est un véhicule parfaitement iconique, qui incarnait, à l'époque, des valeurs d'accessibilité et de liberté. En se basant sur cette auto mythique, le récit de Thierry Chaffoin profite donc forcément d'un certain aura, mais malheureusement, ce premier tome n'ira guère plus loin.

Pour mieux comprendre cette déception, intéressons-nous au pitch : en 1908, le petit-fils et le régisseur d'un propriétaire américain du Mississippi décide de partir au volant d'une Tin Lizzie que le maître des lieux voulait transformer en tracteur. Une idée pleine de promesses et de rebondissements, mais qui se révelera pourtant assez creuse. Il ne se passe pas grand chose dans cet album, et l'aspect "philosophique" que peut représenter une auto au début du XXème siècle n'est traité qu'en début de tome, avec une certaine justesse toutefois. Mais dans l'ensemble, l'intrigue est cousue de fil blanc, et finit par sombrer dans le cliché façon vieux Disney dans un final très convenu.

D'ailleurs, si je convoque la firme aux grandes oreilles, c'est bien parce que les auteurs y ont tous les deux travaillé. Thierry Chaffoin n'était alors pas scénariste, mais responsable des effets spéciaux, et Dominique Montféry réalisateur, storyboardeur et superviseur de l'animation.

Et on sent que cette expérience plombe un peu l'aile de Tin Lizzie, qui cherche son ton quelque part entre l'enfantin et le poétique, sans jamais prendre partie. Heureusement, Disney est aussi une belle école, et Dominique Montféry livre des dessins plutôt convaincants.

Ils seraient même très beaux s'ils n'étaient pas gâchés par des effets et une colorisation douteuse. C'est devenu fréquent dans le franco-belge, on retrouve cette manie de "flouter" le décor et de rendre net le premier plan du dessin. Mais cela conduit le plus souvent à une disparition des lignes claires, et me donne personnellement l'impression de lire un film d'animation. Et c'est d'autant plus dommageable dans le cas de Tin Lizzie, qui offre des vraies "gueules" à ses personnages et qui fait preuve d'un certain talent dans l'exagération.

En somme, Tin Lizzie était l'occasion de traiter l'histoire d'un véhicule mythique tout en dépassant le cadre de la BD automobile avec une intrigue plus poétique et colorée. Dans ces deux démarches, ce premier tome, malheureusement, échoue, et nous laisse avec une impression de déjà-vu et des promesses seulement partiellement tenues. Un titre à reserver aux complétistes du genre.

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