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Critique

Undertaker, la critique

Franco-belge Le 07 mars 2015
1
par AlexLeCoq
Undertaker, la critique

L’avis de AlexLeCoq8

On a aimé • Un récit prometteur • Un héros charismatique • Une belle édition
On a moins aimé • Il va falloir s'armer de patience avant de mettre la main sur la suite

2015 commence très fort pour les amoureux de poussière, de whisky et de l'Amérique sauvage et sans loi du XIXe siècle puisqu'en plus du magnifique Buffalo Runner de Tiburce Oger, Xavier Dorison et Ralph Meyer dévoilent leur toute dernière collaboration, une nouvelle fois pour le meilleur : Undertaker.

Même pour tout l'or du monde, tu n'enverras pas tes gosses crever comme des cons en creusant des trous à rats.

Avant que le gouvernement n'arrive à rallier tous les territoires des États pas encore Unis d'Amérique du nord, une seule devise faisait loi obligeant les jeunes américains à pousser l'exploration vers l'Ouest (en opérant au passage le génocide des natifs américains) : l'or. Métal ô combien précieux qui a forgé les premiers self made men américain, l'or est une nouvelle fois au cœur du récit signé de la plume du papa de Long John Silver.

Undertaker permet de suivre les aventures d'un croque-mitaine du nom de Jonas Crow (notez l'ironique finesse) un brin mystérieux et qui a pour seul ami un Vautour (doublement ironique) qui préfère manger les cadavres plutôt que de les mettre en terre. Rapidement notre bon ami Jonas va être pris dans une aventure à laquelle il aurait aimé échappé lorsqu'un richissime mineur qui a fait de l'exploitation aurifère sa spécialité, Cusco, le contacte pour organiser ses propres obsèques. Sentant son heure proche et ne voulant pour rien au monde partager sa richesse, celui-ci décide d'ingérer ses réserves de pépites d'or pour les emmener dans l'au-delà. Accompagné de Rose, la gouvernante de Cusco, Jonas Crow a pour mission d'emmener la dépouille intacte de Cusco dans la mine de Red Chance où ce dernier a trouvé sa première pépite. Évidemment, tout le monde va vouloir sa part du trésor et le voyage promet d'être plus que mouvementé...
 

Tu montes dans mon corbillard, tu y restes !

Avec ce scénario captivant, Xavier Dorison nous offre une relecture passionnante et habile de la sauvagerie totale dans laquelle l'Amérique est alors plongée, chaque ville n'étant encore rattachée à aucun gouvernement et faisant justice plus ou moins par elle-même. Que ce soit le Sheriff de la ville, Cusco ou ses habitants, personne n'est clean et digne de confiance puisque même notre ami Jonas Crow a quelques secrets à cacher. Le héros du récit se révèle d'ailleurs assez passionnant et cynique dans son rôle de croque-mort, qui est plus ou moins détesté du monde entier ne voulant pas s'attirer le mauvais sort à traîner autour d'un "marchant de la mort". Cette marginalité va pourtant bien à notre héros et trouve une justification assez intéressante au cours de ce premier tome.

Le récit de Xavier Dorison est d'ailleurs mené de main de maître dans ce volume introductif qui offre et présente des personnages assez intéresssants et qui n'épargne pas son lot d'action parce que nous sommes quand même en plein cœur du farwest et qu'il y a toujours raison à une petite fusillade ici et là. Très prometteuse pour la suite, la série laisse d'ailleurs le lecteur sur un cliffhanger assez classique mais efficace.

Si je voulais, six d'entre eux seraient déjà des clients pour ma petite affaire.

Si Undertaker offre d'aussi belles perspectives, c'est évidemment grâce au travail graphique de Ralph Meyer, de retour aux côtés de Xavier Dorison avec qui il avait déjà œuvré sur la série Asgard, plongeant le lecteur au cœur de la quête épique d'un guerrier viking en pleine chasse d'un monstre légendaire. Ici, l'artiste français fait une nouvelle fois un travail impressionnant avec un trait véritablement maîtrisé appuyé par un découpage efficace. Mais Ralph Meyer réussit à mettre en scène son histoire en livrant des cases cinégéniques qui offrent une fluidité certaine au titre. Il ne faut d'ailleurs pas oublier le travail aux couleurs de Caroline Delabie, déjà à l'œuvre sur Asgard, qui permet d'ajouter cette touche d'aridité indispensable à la retranscription d'un bon western comme Undertaker.

Enfin, il ne faut pas oublier de féliciter Dargaud qui offre au lecteurs la possibilité de découvrir en fin de tome quelques travaux de recherches et de magnifiques illustrations de Ralph Meyer. 

Ce premier tome est clairement une très bonne pioche pour les amoureux de récits de Far West et même pour les amoureux de la bande dessinée tout simplement. Avec son dessin et son scénario maîtrisé et offrant de grandes promesses pour la suite, Undertaker est un récit que nous ne manquerons pas de surveiller sur 9emeArt.fr et que nous vous conseillons les yeux fermés !

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