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Critique

Avant-première : Lastman - Tome 5, la critique

Manga Le 18 juin
9
par Sullivan
Avant-première : Lastman - Tome 5, la critique

L’avis de Sullivan10

On a aimé • Le parfait carrefour des références • Une narration brillante • Une imagination qui semble sans limites
On a moins aimé • Peut-être un peu trop compressé • Il faut maintenant attendre la suite

Nous ayant laissé sur un terrible cliffhanger à l'issue du quatrième tome de la série, les auteurs de Lastman (le trio Vivès / Balak / Sanlaville) est au coeur de toutes les attentions ces temps-ci, avec notamment de l'avancement du côté de l'aspect transmédia de leur projet et les sorties futures de son adaptation animée en forme de préquelle et de son propre jeu vidéo (de versus fighting en 3D).  Ce n'est bien évidemment pas une excuse pour délaisser la matière première de ce gargantuesque projet bien Français, et les trois mousquetaires du 9ème Art étaient attendus au tournant de ce cinquième tome. 

Toujours aussi peu intéressés par les conventions, les auteurs reprennent sur la base du quatrième tome, qui avait opéré un grand changement : celui de l'arrivée dans un monde aux allures contemporaines, très proche du nôtre et lui aussi rempli à ras-bord de mafieux en tous genres, accompagnés de leurs effrayants hommes de mains. 

C'est pourtant à milles lieues de ce tumulte urbain que l'histoire débute, au coeur de la paisible Vallée des Rois, où continunent de vivre tant bien que mal les ex-compagnons d'Adrian et Marianne, leurs deux héros locaux partis vivre une aventure à l'échelle démesurée. Aussi cocasse que cela puisse paraître, c'est avec cette naïve contrée de la Vallée des Rois que toute la dimension épique du titre prend forme, dans une BD qui ne s'embarasse pas de cartes du monde pour mieux nous faire comprendre la géographie variée de l'univers dans lequel elle prend place. Sous ses airs d'eden menacé par des forces qui la dépasse, la Vallée des Rois devient plus centrale encore à l'histoire qu'elle n'avait pu l'être, et c'est l'occasion pour le trio d'artistes à la baguette de nous rappeler ses visages si particuliers, que nous serons amenés à revoir dans le futur, à n'en pas douter.

L'action reprend ensuite ses droits et nous ramène aux côtés de Marianne et Adrian, qui s'adaptent tant bien que mal au monde qui les entoure, un monde où tout va trop vite et où les références peuvent pleuvoir, à l'image du journaliste bordélique, conspirationniste (mais dans le vrai), presque adorable sur sa trotinette avec ses airs de héros bêta sorti de l'esprit d'Akira Toriyama. C'est aussi là l'occasion de signaler une nouvelle fois l'alchimie totale entre les auteurs, qui par un étrange mélange de technique et de poésie (entre narration découpée à la cerpe et pourtant forte d'un je-ne-sais-quoi punk et dialogues qui sonnent vrais) forcent le lecteur à se prendre d'empathie pour des protagonistes secondaires, parfois plus loin encore sur l'échelle d' importance du grand plan qui les anime. 


Ajoutez à ça une pluie de références sous toutes les formes possibles (par des situations, avec le tournoi de Catch plus vrai que nature - qui sent bon l'amour de la troisième corde et des commentateurs de foot cultes), des personnages bigger than life sortis du Hollywood qui laissait les incohérences aux tristes pragmatiques, des costumes tout aussi cinégéniques, marqués et j'en passe, et vous obtenez la vraie nature de Lastman : un confluent des arts et des époques, un melting pot quasi-parfait. 

Les plus geeks d'entre vous et nous reconnaîtront bien sûr des éléments cultes de la culture Japonaise (le "Gohan Moment", le tag-battle...), alors que les lecteurs plus attirés par l'occident pourront aussi s'en mettre sous la dent, avec l'apparition d'un élément teasé à la fin du tome précédent : l'ordre du Lion. Issu des histoires de chevalerie et de fantasy classiques chez nous, cet élément vient bousculer l'ordre établi et faire basculer Lastman dans un univers bien plus dense qu'il n'y paraît. Je vous laisse tout le plaisir de découvrir ce nouveau statu quo par vous-même, le 25 Juin prochain en librairie. 

Dernier mot enfin : chapeau bas aux ambitions artistiques des trois fêlés derrière ce petit bijou, qui offrent un moment de polar digne des spécialistes du genre en BD, prouvant encore une fois aux plus sceptiques, que leur science de l'art séquentiel est quasi-inégalée. 

Comme promis, Lastman 5 est un vrai tournant dans l'histoire de Vivès, Balak et Sanlaville, qui n'en finissent plus d'impressionner dans leur application à livrer un shônen au carrefour des influences, fort d'un story-telling quasi-parfait, et du trait si particulier de ses auteurs. Une immense réussite, qui mérite d'attirer les spotlights bien avant son déferlement à la TV et manette en main, tant ses qualités sont aussi rares que précieuses dans l'univers si codifié des shônens. 

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