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Critique

Green Blood - Tome 4, la critique

Manga Le 21 avr 2014
1
par Alfro
Green Blood - Tome 4, la critique

L’avis de Alfro7

On a aimé • Un dessin toujours aussi époustouflant • L'Ouest immoral • You want some Bad-Ass ?
On a moins aimé • Plus linéaire que le début • Certains points intéressants mis de côté

Découvert lors de la dernière Japan Expo, le manga Green Blood nous aura prodigué une année faites de massacres sanglants, d'histoire américaine bien sombre et d'amour fraternel à toute épreuve. Avec cet avant-dernier numéro, nous nous demandions si nous allions encore être époustouflé par un auteur qui se fait tranquillement sa place parmi les plus grands. 

"Moi qui le prenais pour un amateur..."

Après un changement total d'ambiance lors du dernier numéro, où l'on passait d'une histoire à la Gangs of New York et ses luttes d'immigrés irlandais, à un véritable western où nos deux héros parcouraient l'Ouest sauvage, on continue l'hommage aux films de Sergio Leone et Sergio Corbucci. Tout y est, les luttes sanglantes autour des terrains sur lesquels passent les lignes de chemins de fer, les hors-la-loi qui ne connaissent pas le sens moral où les Indiens qui luttent avec courage mais désespérément contre des militaires bien plus armés. Masasumi Kakizaki avoue en postface qu'il voulait juste faire un western. Mission accomplie ! Plus que des clichés, ce sont des hommages que rend ici le mangaka, en retranscrivant un Ouest sauvage où le faible finit forcément par retourner à la poussière et où le bien et le mal ne sont que des conceptions de l'esprit. C'est violent, amoral et sans aucune pitié pour le lecteur.

Certes, les multiples retournements de situation qui faisaient la marque de fabrique des premiers tomes sont relégués ici au second plan. Une fois le mystère que gardait Brad Burns vis-à-vis de son frère disparu, c'est un grand ressort narratif que ne peut plus user l'auteur. D'ailleurs, Luke est devenu vraiment hyper doué en peu de temps, mais c'est sans doute pour mieux amorcer une fin de récit menée tambour battant. Ce n'est pas le seul point sur lequel le mangaka avance rapidement, lui qui avait fixé sa limite à cinq tomes dès le début. Il se débarrasse ainsi rapidement d'intrigues secondaires telles celle avec Ned White, que nous aurions aimé voir développées mais qu'il laisse de côté rapidement pour continuer à raconter la poursuite enfiévrée que livrent les deux frangins.

"Je veux juste que tu sois libre, mais pas comme ça."

Si Kakizaki avance à un tel rythme, approfondissant moins des tranches de vies qui avaient été l'une des marques de fabrique des premiers tomes, c'est qu'il a en vue ce dernier tome. Il amorce ici ce qui est un véritable boss-game, avec Edward King et ses sbires. D'un look parfait au demeurant, ces derniers sont les étapes que devront franchir nos héros pour pouvoir enfin confronter leur père dans ce qu'on espère être un final d'anthologie et qui est bien parti pour nous décrocher la mâchoire. Dès l'affrontement avec Hawk, on récupère les codes du nekketsu et les personnages vont s'enfiler des combats d'anthologie, dans des mises en scène de grande volée avec des techniques toutes plus surprenantes les unes que les autres. Plus frontal, mais intensément bad-ass, si bien que plus d'une fois nous nous exprimons : "Oh putain", avant de partir d'un rire nerveux.

Toute la mise en place des personnages et des différents enjeux qui étaient là auparavant avait pour but d'arriver à ce moment bien précis où le dessinateur allait pouvoir nous en mettre plein les rétines. Car si l'on a souvent loué le crayon d'un mangaka qui multiplie les techniques et la débauche de détails, il atteint ici un nouveau pallier alors qu'il aborde des combats dans la plus pure tradition du manga. Dans un découpage dynamique, presque aussi bon que celui de Makoto Yukimura, l'encre qui coule de son crayon semble faite de violence et de lutte pour la survie. La rage pour os et la volonté de vengeance pour chair, ses héros deviennent des personnifications de la recherche d'un absolu qui semble leur échapper dans un univers qui n'a guère de sens et où la vie ne semble plus avoir aucune valeur. La seule trace d'humanité véritable réside visiblement dans l'empathie qui habite Luke et dans la fraternité inoxydable qui le lie à Brad. Deux contre tous, dans un monde de débauche et de désespoir.

Moins étoffé scénaristiquement que les précédents tomes, cet avant-dernier volume amorce un final d'anthologie, l'explosion de tous les instruments d'une symphonie de violence et de morts éparses. Toujours aussi beau, ce tome est la promesse d'un ultime volume qui sera sans doute l'un des grands moments mangas de cette année. Pour le moins.

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