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Critique

Issak, le délicieux Dernier Samouraï inversé de Ki-oon

Manga Le 10 mars
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par Republ33k
Issak, le délicieux Dernier Samouraï inversé de Ki-oon

L’avis de Republ33k8

On a aimé • Un personnage très charismatique • Le mélange des cultures • Le côté épique • Des planches folles
On a moins aimé • Quelques compositions hasardeuses • Des personnages secondaires moins réussis

Si nous sommes fascinés par les mythes et l'histoire du Japon, on peut en dire autant des japonais, qui adorent écrire des séries situées dans les périodes les plus fascinantes de l'histoire européenne. Et cette semaine, Ki-oon nous offre un nouvel exemple de cette admiration avec Issak, un récit qui vaut vraiment le détour.

Nous sommes au dix-septième siècle. La guerre entre les catholiques et les protestants déchire l'Europe. C'est dans ce contexte plutôt trouble qu'Issak, un mercenaire venu du Japon, arpente les terres du Saint Empire Germanique en quête de vengeance. Ce charismatique soldat va prêter main forte à une petite forteresse locale, dans l'espoir de retrouver l'assasin de son maître, un autre mercenaire, qui s'est engagé dans le camp adverse.

Immédiatement, Shinji Makari pose les enjeux. Dans ce vortex en forme de choc des cultures, on comprend tout de suite les motivations d'Isaak, et son charisme incontestable fait le reste. On imagine d'ailleurs que le scénariste de Yugo a su s'inspirer de sa propre expérience pour donner du poids à son personnage principal. Comme lui, il avait en effet quitté son Japon natal pour l'Allemagne, dans un contexte bien heureusement plus doux : les études. Mais c'est certain, l'expérience de l'auteur dans ce genre de voyage lui permet de saisir en quelques lignes l'atittude d'Issak et celle de ses interlocuteurs, forcément déroutés par la présence d'un japonais.

On se prend tout de suite d'empathie pour le noble guerrier, caractérisé par son sabre et un étrange étui de bambou. On ne pourra hélas pas en dire autant des autres personnages du récit, un peu trop secondaires et archétypaux pour attirer l'attention, malgré quelques designs très réussis. Et puisqu'on commence à parler du dessin, attardons-nous sur le talent du coréen Double S. Connu pour Jusqu'à ce que la mort nous sépare, le dessinateur se montre particulièrement inspiré, et fait de ce premier tome une lecture tout simplement épique.

À quelques exceptions près, la composition découpe superbement bien l'action. Côté spectacle, Double S assure tout autant, avec des planches d'une profondeur complètement dingue, qui accentuent la pression émanant des combats. En somme, comme Issak, le dessinateur ne cesse de se mettre à l'épreuve avec des cases toujours plus impressionnantes. Et ça paie ! Aucun lecteur, même le moins versé dans ce genre de récit militaires et historiques, ne devrait en sortir indemne : des détails historiques fidèlement restitués au dynamisme des combats en passant par des visages très expressifs, le dessinateur ne laisse rien au hasard et voilà longtemps que nous n'avions pas vu un tel niveau de détail dans un manga !

Simple mais pas simpliste, ce premier tome d'Issak impressionne par la puissance de sa promesse, celle d'un mercenaire japonais en quête de vengeance dans l'Allemagne du dix-septième siècle, mais aussi par la beauté de ses planches. Une excellente pioche qui démontre une nouvelle fois du talent de Ki-oon dans la recherche de petites pépites. Ce premier volume est à retrouver au prix de 8 euros.

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