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Critique

La Main d'Horus - tome 1, la critique

Manga Le 15 mai 2014
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par Noct
La Main d'Horus - tome 1, la critique

L’avis de Noct5

On a aimé • Des dessins réussis et énergiques • Un humour bien dosé • Le langage médical
On a moins aimé • Il manque une intrigue ou une menace • Un héros (trop?) parfait • Pas très original

La télévision et les séries médicales, c'est une grande histoire d'amour, de la même manière que pour les mangas. Depuis longtemps, les séries basées sur le monde hospitalier ou la chirurgie ont toujours trouvé leur place dans les différents magazines de manga. Même le papa du genre, Ozamu Tezuka, a créé le personnage de Blackjack, un médecin à louer pour des millions de yens.

Cette fois-ci, c'est Tatsuya Seki qui se lance dans l'exercice, avec le premier volume de La Main d'Horus.

"C'est une tamponnade péricardique par un anévrisme de l'aorte thoracique ascendante !"

Pour ceux qui souhaiterait lire un manga à propos du monde médical, il n'y a que l'embarras du choix. En commençant par Blackjack, on retrouve également tous les dérivés avec ce personnage, comme Say hello to Black Jack (Syuho Sato) ou Blackjack Néo (Taguchi), mais aussi d'autres séries comme Kirihito d'Ozamu Tezuka (là encore), Dr Kotô (Takatoshi Yamada), Team Medical Dragon (Taro Nogizaka et Akira Nagai), Jin (Mokota Murakami) ou encore La Main Droite de Lucifer (Naoki Serizawa). À cette liste non-exhaustive se rajoute maintenant La Main d'Horus de Tatsuya Seki. Au-delà du monde hospitalier, un autre point commun entre toutes ces séries reste que le personnage principal est un médecin hors-pair et extrêmement doué. Jûzaburô Kujô, chirurgien à l'hôpital général d'Uedo, ne déroge pas à la règle.

Horus est l'une des plus grandes divinités égyptiennes et qui a notamment un pouvoir de guérison. Ce don divin se retrouve dans les mains du docteur Kujô (dont le titre du manga) qui n'a qu'un seul but : sauver la vie des patients dans le service des urgences de son hôpital. Ce pouvoir permet au personnage d'être ultra-performant et de pouvoir réussir des opérations normalement perdues d'avance. Car tout le sel du manga se trouve là, dans les opérations chirurgicales dangereuses et le réalisme du monde hospitalier. L'intégralité du lexique chirurgical est utilisé pour donner plus de profondeur à la série. On oublie vite cette histoire de don juste pour voir un médecin ultra-doué réaliser des opérations complexes, toujours de plus en plus compliquées. Tatsuya Seki doit redoubler d'originalité pour offrir continuellement des cas de plus en plus difficiles à surmonter. Cet aspect donne à la série une vitesse et une dose d'action importante. Il y a très peu de temps mort et le dessin réussi sert parfaitement à cette rapidité et cette énergie.

"Il se pourrait que ta main « d'Horus » te joue un jour un mauvais tour."

Un autre aspect typique des mangas hospitaliers reste le manque de respect du protagoniste envers la hiérarchie et le protocole. La Main d'Horus ne fait pas exception, surtout que ce protocole devient le seul adversaire qui s'oppose au docteur Kujô. Cependant, cet aspect ne représente qu'une menace pour l'instant, qui se développera sûrement dans la suite. Sans quoi, La Main d'Horus risque d'être fort répétitif, car, mine de rien, le manga reste assez plat. La force de l'œuvre réside dans l'énergie qui en découle, mais il manque une intrigue pour lancer la série. Sans cela, on enchaîne les opérations sans savoir ce qu'il adviendra par la suite. Même les autres personnages n'arrive pas à relever le niveau. Le personnage principal secondaire féminin, l'interne Tachibana, et le docteur Nakamura sont les deux autres héros de la série, sans pour autant être développés. Ils servent d'interaction avec Kujô, mais pour le sublimer avant tout. Le protagoniste reste aussi un peu trop parfait pour être vraiment complet, et ces (très) maigres point faibles deviennent des éléments d'humour bien maîtrisé et rythmé.

Si la série ne joue pas plus sur le protocole et la hiérarchie comme ennemi ou sans sentiment de compétition, elle risque s’essouffler rapidement. Kujô représente le docteur parfait, qui réussit chaque opération sans subir la fatigue et qui préfère sauver les gens plutôt que de les laisser tomber. Sans pour autant devenir un cliché ou un ersatz du Docteur House, il manque à ce manga un petit plus pour vraiment décoller.

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