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Le Vieil Homme et son Chat, une douceur parsemée de douceur

Manga Le 18 oct
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Le Vieil Homme et son Chat, une douceur parsemée de douceur

L’avis de Tifaine Pmtl8

On a aimé • L'avalanche de tendresse du début à la fin • Le crayonné délicat et l’utilisation d’aquarelles • L’histoire du septuagénaire dont la nostalgie ne tombe jamais dans le mélodramatique • Les touches d’humour aussi affectueuses que le reste
On a moins aimé • Certains personnages et leurs histoires mériteraient d'être plus approfondies (à voir dans le tome 2) • La première de couverture susceptible de ne pas taper dans l’œil

Quand j’ai découvert Le Vieil Homme et son Chat n’ont plus peur des chiens, paru chez Casterman, j’ai voulu en apprendre davantage sur "Nekomaki“, l'auteur du bijou. En réalité, on nous apprend dès la fin du livre que Nekomaki n’est pas “un” ou “une” mais “deux”, dont l’identité reste pour le moment indéterminée mais dont le travail à quatre mains a donné le manga (à lire dans le sens Occidental) qu’on connaît aujourd’hui. Sur ces mots, vous prendrez bien un peu de douceur supplément douceur sur votre tartine de douceur ?!

Une première de couverture plus évocatrice qu’il n’y paraît

La couverture du Vieil Homme et son Chat présente une partie du visage du vieillard en gros plan, coupée juste avant le menton, de même pour son chat situé à l’envers au dessus de lui. Entre les deux, le titre d’une typo blanche sans fioritures, rehaussé d’une légère touche de jaune, et c’est tout. Sur fond de bleu mi-sarcelle clair mi-Tiffany, autant d’épuration en première de couverture inspire probablement l’idée globale de l’histoire : Daikichi, septuagénaire, instituteur à la retraite, veuf depuis deux ans et habitant avec son chat Tama, dix ans, est arrivé à un stade de sa vie où le rythme est aux balades, aux expériences culinaires (pour retrouver le goût des plats d’antan que préparait sa femme), aux échanges avec les voisin.es et habitant.es du quartier (Iwao plus particulièrement, ami d’enfance au-delà d’être voisin), à l’observation du temps qui passe...

Mais avant tout, aux moments privilégiés passés en compagnie de son fidèle partenaire, une boule de poils gourmande, rousse et blanche, nommée Tama. Finalement, si la couverture pourrait trahir le trésor empli d’émotions et de cajoleries visuelles que représente Le Vieil Homme et son Chat n’ont plus pleur des chiens, il est bon de se demander si elle n’était pas la meilleure allégorie possible ; par sa simplicité, la certaine sérénité qu’elle renvoie mais aussi par son aspect légèrement ennuyeux, ne serait-ce pas l’image inconsciemment établie que l’on peut se faire … des personnes âgées en général ? Pourtant, dès les premières pages, la surprise nous rattrape vite : les anecdotes présentes et passées se laissent dévorer avec une aisance qu’on mesure à peine au cours de la lecture, les images sont riches, l’intérêt naît et on se sent ému.e 98% du temps. Métaphore subtile et intelligente, non ?

Une oeuvre qui coule comme du miel

Le Vieil Homme et son Chat, c’est le genre de livre qui vous ferait sentir les odeurs du port lorsque Daikichi et Iwao pêchent, celles des feuilles, fleurs et pollen à l’été et au printemps, des châtaignes que ramasse Yoshié (aussi appelée Mémé), épouse décédée de Daikichi lors de l’épisode flash-back qui nous apprend comment Tama entra dans la vie du couple pour la première fois (et comment Yoshié fit la requête à Tama de toujours veiller sur “Pépé” (Daikichi) juste avant de partir ; prudence, globes oculaires à potentiel humides !) etc…

Tout est absolument adorable dans ce premier ouvrage de Nekomaki, qui accorde de l’importance à une ville principalement constituée d’aîné.es et de matous. Tama (ayant sa propre parole) se veut hilarant et criant de vérité pour les personnes ayant déjà possédé un chat, et Daikichi, aussi appelé “Maître“ (rapport à son ancienne profession d’instituteur), touche par sa simple existence, ses souvenirs, ses problématiques actuelles, de la santé aux petits aléas du quotidien lorsqu’on a 75 ans.

Pour résumer ?

Le Vieil Homme et son Chat n’ont plus peur des chiens est un doux feu de cheminée qui apaise et crépite dans le coeur, dépayse grâce à ses décors d’un Japon loin de la ville. Ici, pas de situations rocambolesques, l’action la plus violente se rapprochant peut-être du personnage principal portant son chat Tama d’un côté (8 kilos), un bon sac de riz de l’autre (2 kilos), le tout muni d'un parapluie sous une délicate averse. Mais au sein de ce microcosme pacifique, se pose naturellement une question humaine à laquelle tout le monde est amené à penser : "Et moi, qu'est-ce que ça donnera, quand je serais vieux ou vieille ?"

PS : Le livre n'y répond pas bien sûr, par contre, à : "Pourquoi le vieil homme et son chat n’ont-ils plus peur des chiens ?", oui. Au cas où. L'album est disponible au prix de 15 euros chez Casterman, et le second tome arrive le 23 janvier 2019.

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