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Magical Girl of the End - tome 1, la critique

Manga Le 28 mai
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par Noct
Magical Girl of the End - tome 1, la critique

L’avis de Noct7

On a aimé • WTF ?! • Accrocheur • Les codes du shônen
On a moins aimé • WTF ?! • Se perd parfois dans ses propres codes

Que se passe-t-il quand un jeune auteur japonais reprend l'une des figures la plus caractéristiques du Japon et du manga pour en faire une machine à tuer ? Magical Girl of the End propose de revisiter l'image des Magical Girls, des petites filles normalement toutes mignonnes avec plein de pouvoirs magiques, devenues ici des monstres sadiques et sanguinaires. Mixez à ça des zombies en jupes, un héros lycéen et des petites culottes à foison et vous obtenez un shônen assez inclassable.

Quelqu'un a osé dire : ''Les Magical Girls sont d'adorables créatures''... le fou !

Les Magical Girls sont un véritable phénomène culturel au Japon. Même en France, le genre n'est pas passé inaperçu. Débuté dans les années 1970 avec plus d'une dizaine de séries TV de la Toei, le genre n'explose vraiment que dans les années 1980, avec les codes de la Magical Girl illustrés par la série Magical Princess Gigi du studio Pierrot. Ce dernier va même se spécialiser dans le genre et livrer plusieurs animés comme Creamy, merveilleuse Creamy (ou Mahô no Tenshi Creamy Mami au Japon), Emi Magique (Mahô no Star Magical Emi) ou Susy aux fleurs magiques (Magical Idol Pastel Yum). Le genre va un peu s'essouffler avant de rentrer dans la postérité avec le sentai (le genre normalement réservé aux garçons) et Sailor Moon.

Depuis, la Magical Girl est devenue une icône d'une partie de la culture japonaise. Si bien que la figure est quasiment intouchable. Sauf qu'une relecture du genre en entier vient d'être proposée par un tout jeune mangaka, Kentarô Satô. Ce dernier propose une toute nouvelle vision de la Magical Girl, beaucoup moins mignonne. Cette fois-ci, la petite fille en jupette avec des pouvoirs magiques devient la méchante de l'histoire et semble prendre du plaisir à exterminer la quasi-totalité du lycée du personnage principal, Kii Kogami. Ce dernier, qui s'ennuyait ferme dans sa vie banale, va devoir tout faire pour survivre face à ces petits monstres qui redoublent d'inventivité pour massacrer les gens de façon la plus gore possible. Kii va réussir à sauver une de ses camarades, Tsukune Fukumoto, et à rejoindre un petit groupe de lycéens survivants. Avec la menace des Magicals Girls, il faut rajouter que tous les morts se relèvent façon zombie mais avec une particularité de taille : ces derniers portent tous des jupes noires.

Une journée ordinaire commence. C'est ce qu'on croyait tous !

Plusieurs questions se posent maintenant face à Magical Girl of the End. S'agit-il d'un manga de génie ou d'assez mauvais goût ? Difficile de trancher entre les deux. Le résultat que propose Kentarô Satô a de quoi déconcerter, mais il y a dans ce manga quelque chose d'assez second degré qui rend le tout franchement plaisant. C'est très dynamique, très gore aussi, l'action ne s'arrête jamais et arrive même à surprendre le lecteur. Les codes du shônen sont utilisés à leur maximum (le quota petite culotte est largement dépassé) et le manga débute comme (très) souvent dans un lycée, avec un jeune héros qui s'ennuie ferme en cours. Cependant, comment ne pas regretter les journées ordinaires quand un événement pareil intervient par surprise, sans aucune raison, pour massacrer tout le monde ? Le manga ne fait pas l'apologie du départ à l'aventure ou du dépassement de soi : les héros se cantonnent à fuir et même le personnage principal n'arrive pas à sauver la fille qui semblait être le personnage secondaire de l'histoire par excellence (mais qui s'avérera être quand même l'amie d'enfance, comme quoi, l'équilibre shônen n'est pas rompu). Pourtant, à l'image de ce que propose le dessin, la recette shônen fonctionne à plein régime, dans un ensemble bien gore qui sait faire beaucoup de place à un second degré plutôt bien maîtrisé, qui se prend toutefois les pieds dans le tapis à quelques reprises à force de jouer la carte du sérieux.

Il n'empêche que Magical Girl of the End est un petit OVNI dans le monde du manga, qui sait être accrocheur rapidement, avec son côté décalé. La preuve avec les éditions Akata qui ont décidé d'en faire le premier manga de leur nouvelle collection intitulée (à raison et sobrement) WTF ?! Reste à voir comment Kentarô Satô va construire le reste de son histoire, publiée au Japon par Akita, car il y a dans cette relecture sanglante et gore de la Magical Girl quelque chose de vraiment intéressant.

Magical Girl of the End est un shônen décalé, qui sait jouer avec ses propres codes, dans le respect le plus total de ceux-ci. C'est dans sa relecture de la Magical Girl que le manga sait devenir accrocheur et prenant, bourré d'action. Du ''n'importe quoi'' en barre, un concentré assez explosif difficile à classer et définitivement gore.

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