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Critique

Mazinger Z, la critique

Manga Le 23 nov 2017
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par Corentin
Mazinger Z, la critique

L’avis de Corentin6

On a aimé • Les combats dynamiques • Les designs des monstres • Une animation qui passe bien
On a moins aimé • Le scénario simpliste • Des personnages creux • Une fin complètement hallucinée

Sort cette semaine dans les salles le film Mazinger Z, continuation des travaux de Go Nagai, créateur des célèbres robots géants tels que Goldorak, qui auront fait l'enfance de certains. Le film s'adresse bien entendu aux passionnés du genre (aussi je m'excuse par avance pour un certain manque d'érudition en la matière), et devrait dérouter les nouveaux entrants. À savoir que le film n'est pas mauvais, mais calibré pour le public japonais habitué à certains codes de narration, qui auraient de quoi surprendre ceux qui ne connaissent pas.

Le film raconte l'histoire de Kôji Kabuto, ex-pilote du Mazinger Z devenu scientifique. Lors de ses recherches, il détecte une immense structure cachée sous le mont Fuji. C'est le début d'une nouvelle aventure pour le pilote et le robot géant.

Au pays des robots géants

Le terme "japoniaiserie" ne m'a jamais plu. Mais force est de constater, sur l'adaptation récente d'Albator ou du dernier film Chevaliers du Zodiaque, qu'une récurrence dans l'écriture frappe parfois chez les auteurs du pays. On retrouve ici un même sentiment de redite, d'une galerie de personnages déjà vus et de dialogues codifiés, en somme un pur produit du Japon. 

Le film étale sur sa durée certains clichés évidents : le héros dont l'esprit est resté sur le champ de bataille, le personnage féminin, candide, mystérieusement liée à l'intrigue d'une façon ou d'une autre, et une tendance à convoquer une mythologie métaphysique qui va parfois très loin - à comprendre devant la scène de fin. Ces facilités d'écriture sont difficiles à interpréter avec nos propres codes culturels, forcément différents. On peut vraiment parler d'une oeuvre de genre qui s'accompagne de codes devenus avec le temps des stéréotypes.

Maintenant, un récit de robots géants envahissant la Terre a forcément ses limites à l'écriture. Mais là où l'économie de dialogues proposée par le dessin animé Goldorak à l'époque épousait une certaine poésie, on est ici sur quelque chose de très verbeux, parfois assez neuneu dans ses dialogues. Sans compter le gag là-encore très japonais de certaines situations - je parle ici de fanservice à gros seins (oui).

Le design qui va bien

Dans une perspective plus large, si le scénario n'est peut-être pas ce qui intéresse les gros amateurs du genre, qu'en est-il de l'animation ? C'est plutôt joli. Les monstres sont beaux et colorés, on n'a rien sacrifié aux créations de Nagai (là-encore, très fanservice), et l'animation est plaisante si on espère un spectacle aérien de robots qui se bastonnent.

L'ensemble est même vraiment agréable quand on retrouve le gimmick d'adversaires qui hurlent le nom des attaques, dans une panoplie sans fin où s'épanouit un joli boulot de storyboard. Là-encore, cela dit, l'animation "moderne" et ses modèles 3D de référence sur lesquels on superpose le dessin se voie,t, mais la technique est devenue si courante qu'il serait injuste de le souligner ici. 

On ressort de la salle sans grande émotion, sinon un trip nostalgique qui fonctionne parfois, et le regret que, malheureusement, le medium de l'animation n'ait pas toujours grandi avec son public. Simpliste ou trop complexe aux mauvais moments, l'histoire ne vole pas haut et les personnages manquent généralement d'originalité ou de saveur, on a l'impression d'être devant un pur produit de l'industrie japonaise, avec la force de ses combats et la faiblesse de son script. Peut-être que c'était tout ce qu'il fallait en attendre, de toute façon.

Voilà en définitive le bilan à dresser sur ce Mazinger Z : ni une rencontre réelle avec l'esprit des origines, plus tranquille, plus poétique, ni un animé décevant compte tenue des codes modernes. Peut-être que grandir n'était pas la chose à faire, mais vu de la distribution particulière que recouvre ce genre d'oeuvres en occident, on peut apprécier le fait que notre pays soit l'une des principales zones concernées par les créations japonaises. Et ainsi comprendre ce film comme une oeuvre de niche, où le spectateur sait ce à quoi il va assister (remarquez, ça n'a pas aidé devant Les Chevaliers du Zodiaque).

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