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Sans aller à l'école je suis devenu mangaka, la critique

Manga Le 22 avr
5
par Elsa
Sans aller à l'école je suis devenu mangaka, la critique

L’avis de Elsa8

On a aimé • Un témoignage plein d'espoir • Un autre regard sur la déscolarisation • Un récit touchant
On a moins aimé • Parfois un peu répétitif • Des personnages qui défilent très vite

L'éditeur Akata continue de publier des titres originaux et sélectionnés avec soin. Aujourd'hui, présentation du one-shot Sans aller à l'école je suis devenu mangaka.

Peur de l'école.

GAKKOU E IKENAI BOKU TO 9NIN NO SENSEI © Syoichi Tanazono 2015 / FUTABASHA PUBLISHERS LTD., Tokyo

Masatomo est un petit garçon timide, comme il y en a tant. Il n'est pas bête du tout. Il a juste, peut-être, besoin d'un peu plus de temps pour s'adapter, trouver ses marques. Alors qu'il vient d'entrer en CP, sa maitresse lui donne une énorme gifle alors qu'il lui demande de réexpliquer quelque chose qu'il n'a pas compris.

Dès lors, Masatomo a peur d'aller à l'école. Ses nuits sont remplies de cauchemars. Ses parents lui laissent le temps. Le petit garçon fait des efforts, beaucoup d'efforts, mais la situation ne s'arrange pas. À chaque fois qu'il retourne à l'école, la distance entre lui et ses camarades s'agrandit, et il n'arrive pas à se sentir à sa place. Alors à chaque pas en avant, ses angoisses l'assaillent un peu plus.

C'est ainsi que le petit garçon va passer une grande partie de son enfance à la maison, plutôt qu'à l'école où il n'arrive que très douloureusement à mettre les pieds. Pour l'occuper et lui changer les idées, sa mère lui achète des mangas, des tomes de Dragon Ball. Masatomo se met à recopier les dessins d'Akira Toriyama, et peu à peu développe un rêve : devenir mangaka.

Témoignage précieux.

Akata prouve une nouvelle fois sa volonté de montrer un autre visage du manga, plus engagé, profond et sensible que ce dont on a a l'habitude. En plus d'excellents titres porteurs d'un message écologique, l'éditeur compte à son catalogue des mangas évoquant des problématiques sociales. Ici, il est question de déscolarisation, un sujet très peu traité dans la fiction. Les gens aiment les petites cases, et à ne pas considérer comme 'normaux' ceux qui ne parviennent pas à s'adapter dans notre société très codifiée. Pourtant, nombreux sont les enfants qui vivent l'école comme une souffrance. Parce que chaque enfant est différent, et qu'on leur demande à tous de s'adapter aux mêmes règles, au même rythme, à la même manière de faire.

Masamtomo est un petit garçon curieux, passionné, intelligent. Malheureusement, la violence d'une maitresse à son égard à fait naitre en lui des angoisses qu'il n'arrive pas à surmonter. Ce manga semi-autobiographique nous raconte comment un petit garçon en vient à ne plus aller à l'école. Il nous explique les efforts, les souffrances, les regrets aussi d'un enfant qui aimerait de tout son coeur se sentir 'comme les autres'. Entre les lignes, Sans aller à l'école je suis devenu mangaka montre que suivre la voie classique ne signifie pas devoir faire le deuil de ses rêves. C'est un message d'espoir que le mangaka envoie à tous ceux qui se sentent différents, en marge. Il leur dit entre les lignes qu'ils ont leur place en ce monde, eux-aussi, et que leur volonté de s'intégrer ne doit pas les pousser à se trahir eux-même. Ils trouveront leur propre voie.

Sans aller à l'école je suis devenu mangaka est un one-shot assez long, et qui peut parfois sembler répétitif. La vie du jeune héros étant justement faite de nombreuses tentatives et d'échecs. Comme l'histoire est vue à travers le regard d'un enfant, beaucoup de personnages interviennent et disparaissent de sa vie et du récit sans qu'on n'ait pu saisir leurs intentions réelles. Cela peut être un peu déstabilisant. Pour autant, la narration est très prenante, touchante et sincère. Le récit s'avère bien plus positif que le sujet ne pourrait le faire croire.

Le trait, à la fois dynamique et doux, nous immerge vraiment dans le monde de l'enfance. On ressent toute l'innocence et la fragilité du héros. Le dessin confère aussi une ambiance calme à l'histoire. L'angoisse qui assaille le héros aurait gagné à être représentée de manière aussi violente qu'il ne la vit, mais cela rend sans doute le témoignage plus supportable à lire, parce que moins douloureux. Cette atmosphère lumineuse apporte un optimisme salvateur au manga.

Sans aller à l'école, je suis devenu mangaka est un récit semi-autbiographique juste et sensible, qui montre avec justesse les difficultés que traversent les enfants déscolarisés, mais qui livre aussi un très beau message d'espoir.

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