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Critique

Shonan Seven, la critique

Manga Le 10 oct 2016
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Shonan Seven, la critique

L’avis de -- David --5

On a aimé • Le trait de Shinsuke Takahashi • La traduction et l'adaptation du manga
On a moins aimé • Les personnages stéréotypés • L'humour graveleux qui tombe à plat • Un tome introductif convenu

Toru Fujisawa a été rendu célèbre en France avec la parution de GTO (Great Teacher Onizuka), une série qui est devenue un grand classique du manga. Au fil des ans, son créateur a décliné la série en de multiples spin-off. Et pour la première fois, la nouvelle itération, Shônan Seven, n’est pas publiée par Pika, l’éditeur historique de l’auteur, mais par Kurokawa. Pour l’occasion, le mangaka délaisse le dessin au profit de Shinsuke Takahashi.

Shônan Seven se déroule dans le lycée Tsujidô qu’avait fréquenté Onizuka et son ami, Ryuji Danma, dans Young GTO (Shonan Junai Gumi), l’œuvre séminale dans l’univers développé par le mangaka. Le protagoniste principal, Ikki Kurokami ne rêve que d’une chose, il souhaite devenir membre de la terrible Shônan Seven. Pour arriver à ses fins, il doit participer à un tournoi qui oppose toutes les racailles des lycées du Shônan. N’espérez pas retrouver des figures connues de GTO, dans ce premier volume, la seule référence explicite est pour l’instant le lycée de Tsujidô.

Sans jamais transcender le genre, la série s’inscrit dans le manga de furyo, de « racailles » japonaises, comme Racaille Blues de l’excellent Masanori Morita ou Young GTO, bien évidemment. Les personnages accumulent une telle série de clichés qu’il est difficile, pour le moment, de les prendre en affection. Ikki Kurokami n’est intéressé que par deux choses « la bagarre » et les filles. Les autres protagonistes se révèlent aussi gonflés de testostérone que de stéréotypes. Ils sont emprisonnés dans les poncifs qui pavent le genre, Hajime Gôriki, le faux adversaire, fait penser à Kuwabara de Yû Yû Hakusho, Kamijô, le rival, quant à lui, évoque un Vegeta en puissance. Au terme du premier volume, aucun d’entre-eux n’arrive à se singulariser.

À travers ces autres œuvres, Toru Fujisawa avait démontré qu’il savait jouer sur plusieurs registres mêlant le comique, l’absurde et parfois une certaine gravité avec adresse. Ici, on retrouve l’humour de puceau obsédé comme dans GTO, à la différence près que c’est lourd et mal amené, et non cathartique. Le manga se résume et se réduit à de la baston. Heureusement, le dessin de Shinsuke Takahashi relève un peu la sauce avec un trait qui propose des visages très expressifs et qui met en valeur des corps très musculeux.

Shônan Seven offre un scénario aussi épais que les œuvres complètes de Street Fighter. Il aligne les clichés du genre sans arriver à se singulariser. L’humour se contente de frapper lourdement en dessous de la ceinture, sans aucun panache. Difficile de s’emballer au terme de ce premier volume d’introduction qui se réduit à installer les personnages, le contexte et les enjeux, sans y trouver une âme et surtout une folie qui fut la marque des mangas de Toru Fujisawa.

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