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Critique

Sous un Rayon de Soleil - Tome 3, la critique

Manga Le 28 nov 2013
3
par Alfro
Sous un Rayon de Soleil - Tome 3, la critique

L’avis de Alfro8

On a aimé • Un récit poétique • Une fin toute en douceur • Une maîtrise graphique incroyable
On a moins aimé • Les derniers chapitres répétitifs • Un discours qui peut se répéter

Avec ce troisième tome de Sous un Rayon de Soleil, nous parvenons déjà à la conclusion de cette série qui apporte un regard inédit sur l'œuvre d'un auteur qui est connu et adulé par toute une génération qui a été biberonnée à ses Cat's Eyes et City Hunter.

"Pourquoi les humains peinent-ils tant à se comprendre entre eux ?"

Ce dernier volet de la trilogie s'ouvre sur ce délire onirique où nous l'avions laissé, le Petit Châtaigner occupe le corps de Sarah, qui, chassée de son enveloppe corporelle est devenue un esprit et veut désespérément retrouver Takehiko pour qu'il ne soit plus triste. Le récit oscille ainsi entre le réalisme plein de vie, de détails croustillants et de personnages très humains, que l'on a toujours retrouvé dans les œuvres de Tsukasa Hojo, et qui a conféré à des séries comme City Hunter un supplément d'âme qui a permis d'un faire un manga culte, et une narration poétique et contemplative. Malgré l'urgence de la situation (sauver Takehiko), on découvre notre petite troupe en goguette dans des bois dessinés à la perfection, les personnages se développent en montrant leurs failles et une profondeur qui nous laisse déjà penser que certains ont des choses à cacher. Cependant, l'auteur ne le fait pas en appuyant lourdement sur ces indices, mais se contente d'un regard, un instant suspendu ou une absence de réponse. Tout en subtilité, les rapports humains se développent et nous en apprennent plus sur ce qui est caché.

La force de la narration de Hojo, c'est d'augmenter le rythme de façon imperceptible. À mesure que le danger se fait plus pressant, que l'infâme promoteur dévoile son jeu et que les éléments vont se déchaîner, il va nous transformer un récit qui relevait du drame familial et poétique à une véritable course-poursuite endiablée. En quelques pages (colorisées s'il vous plaît), il nous rappelle d'où il vient et pourquoi nous connaissons tous le nom de Tsukasa Hojo. Le dernier chapitre de cet arc est enlevé, agencé avec une science du rebondissement qui frise la perfection, le père de Nicky Larson sait happer son lecteur au moment ad hoc et s'il ne fallait qu'un seul chapitre remplit jusqu'à la gorge d'action, autant bien le faire. Il se paye même le luxe de placer un flashback qui fait un parallèle cuisant avec les événements en cours sans casser le rythme, ne faisant que renforcer l'intensité dramatique de cette conclusion. S'il n'y avait qu'un seul arc narratif à retenir de toute la série, ce serait sans doute celui-ci, tant il est maîtrisé à la perfection, aussi bien en terme de scénario que de dessin. Il nous livre ici un fable écologique qui arrive à être à la fois impactante et poignante.

"Les paroles importent peu, quand les cœurs se comprennent."

Après cet arc intense, Hojo va conclure sa série à l'aide d'histoires courtes. C'est d'ailleurs assez dommage de voir le soufflé qui retombe ainsi à la suite d'un récit aussi fort. Car si le premier petit one-shot est presque attendu, une sorte de formalité tant on a besoin d'une respiration après ce que l'on vient de lire, les multiplier jusqu'à la fin instaure une sorte de litanie boudeuse, comme si l'auteur rendait à ses personnages leur liberté, s'excusait d'avoir bousculé leur quotidien. Ces histoires finales ne sont d'ailleurs pas toutes du même niveau, et certaines sont même tout à fait dispensables, pas mauvaises, plutôt agréables avec toujours cette même sensibilité et ces personnages parfaitement cernés, mais qui ont tendance à répéter encore et encore le même propos. Nous avons l'impression que comme l'auteur fait avancer son récit en petites touches subtiles, il veut être sûr que son message passe bien en remettant le couvert encore et encore. Notons tout de même cette incartade purement humoristique qu'est l'épisode avec la photographe qui prouve encore une fois qu'il excelle à faire de l'humour grivois sans être pour autant lourd comme la pierre. De quoi nous rappeler les plus belles empoignades entre Ryô Saeba et Kaori.

Là où il parvient tout de même à sauver cette fin qui aurait pu laisser comme un goût amer d'inachevé, c'est avec un dernier chapitre maintenu de bout en bout sur le fil fragile de l'émotion sans tomber dans le travers d'un sentimentalisme dégoulinant. Tout en retenue, en non-dits pudiques, il fait ses adieux à ses personnages, développe une dernière fois sa pensée, sa réflexion sur cette énergie qui nous lie tous en tant qu'êtres vivants, et conclut là en douceur. Il arrive à livrer une vraie fin, à mettre un point au bout de cette histoire, tout en laissant vivre ses personnages. Sans effets de manche ni autre artifices, il finit son histoire comme il l'avait commencé, sobrement et avec classe.

Si vous avez aimé City Hunter (Nicky Larson si comme moi vous avez commencé par sa version animée) et Cat's Eyes, ou même tout simplement si vous aimez les histoires profondes et touchantes, toutes en subtilité et en émotion, nous ne saurons trop vous conseiller de jeter un œil à ce Sous un Rayon de Soleil. Par extension, c'est toute la collection Les Trésors de Tsukasa Hojo qui parait chez Ki-oon qui mérite un regard prolongé.

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