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Comment lire Donjon ? Le guide qui vous explique (vraiment) tout

Franco-belge Le 24 avr
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par Noct
Comment lire Donjon ? Le guide qui vous explique (vraiment) tout

Donjon reste une exception dans le paysage de la bande dessinée, qui s'est achevée il y a maintenant plus d'un mois. Avec Joann Sfar et Lewis Trondheim aux commandes, la série se distingue par son approche de l'heroic fantasy et son univers exceptionnel. Pas moins de 36 albums qui retracent 500 ans sur Terra Amata, divisés en 3 époques et 5 collections.

Ainsi, comment réussir à lire une série qui se déroule sur trois époques différentes ? Quels sont les meilleurs portes d'entrée pour commencer la lecture d'une des plus grandes épopées de la bande dessinée franco-belge ?

L'univers de Donjon prend place sur Terra Amata, sans autre indication. De la même manière que les livres de fantasy proposent une carte pour que les lecteurs puissent s'y référer, Donjon dispose de sa géographie propre, mais aussi de son histoire. L'épicentre, c'est le donjon lui-même. La tour du gardien, maître des lieux, correspond à l'environnement typique des jeux Donjons et dragons. Des pièges, des monstres, une salle au trésor. Mais également les objets du destins, des équipements mystérieux aux pouvoirs étranges, comme les lunettes du destin qui permet de lire les ouvrages que nul ne peut lire.

Les bandes dessinées racontent ainsi 3 époques liées au Donjon : la genèse, l'apogée et le déclin. Respectivement : potron-minet, zénith et crépuscule. Chaque époque correspond à une ambiance, une approche. Potron-minet, c'est une époque proche de la renaissance, se déroulant dans la ville d'Antipolis et qui raconte la jeunesse de Hyacinthe de Cavallère, le futur gardien, en tant que justicier masqué « la Chemise de la nuit ».

Zénith correspond au présent, lorsque le Donjon atteint son paroxysme. Cette fois-ci, les personnages principaux sont Herbert et Marvin, qui vont vivre plusieurs aventures, mandatés par le gardien. Mais zénith, c'est également la vie et les péripéties du donjon en tant que personnage. Les objets du destin, véritables moteurs de la série, trouvent une plus grande importance. L'épée du destin devient même un personnage central, avec sa personnalité et ses nombreux pouvoirs.

Enfin, l'époque crépuscule raconte la fin du Donjon. Dans le futur, le Grand Khân a réussi à rassembler la totalité des objets du destin et dirige ainsi le monde Terra Amata, siégeant dans la forteresse noire, qui n'est autre que le Donjon. Tous les personnages de zénith ont grandis ou ont disparus, et le fil conducteur sera les péripéties de Marvin Rouge, un nouveau personnage.

Avant d'avoir une géographie propre, Donjon a surtout une chronologie. Illustrée par les trois époques, cette dernière se déroule entre les niveaux (les âges) –100 et 111. Potron-minet retrace les niveaux –99 à –83, zénith de 1 à 6, et crépuscule de 101 à 111. Ces bonds dans le temps renferment de nombreux mystères, et peuvent perdre le néophyte.

Pour bien comprendre, la chronologie de Donjon est fixée. Il y a un début (qui remonte à –400 avec l'album Le grand animateur) et une fin (au niveau 111 avec l'album La fin du donjon). La série va donc prendre place entre ces âges, avec le donjon comme pilier central, ainsi que les objets du destin. Les personnages vont vivre dans cette histoire : ils vont grandir, se rencontrer, voyager ensemble, se développer, disparaître. C'est une grande trame narrative que les scénaristes Joannn Sfar et Lewis Trondheim ont tissée  pour faire vivre leurs personnages. Pour étendre cet univers, ils ont découpé cette histoire en cinq grandes collections.

Les trois plus importantes collections correspondent aux trois collections majeures : Potron-Minet, Zénith et Crépuscule. Chacune raconte les péripéties de l'époque avec les aventures de leurs personnages principaux. C'est également l'histoire et la chronologie principale de Donjon. L'univers y est présent, et les autres collections ne font que le développer en profondeur.

Les cinq albums de Donjon parade se placent entre les deux premiers tomes de Donjon zénith. Ces épisodes humoristiques visent à étendre l'univers des personnages du donjon, notamment sur les relations entre Marvin, Herbert et la vie du donjon.

Donjon monsters est bien plus dense, avec ses 12 albums. L'objectif est de présenter les aventures d'un personnage secondaire, pour étendre encore plus l'univers ou donner des éléments de compréhension sur certains passages ou sur certains mystères. Les albums de Donjon monsters, toujours illustrés par des dessinateurs différents, nous plongent dans l'histoire de Donjon pour révéler certains secrets.

 

Donjon est donc une série de bande dessinée dense et complexe. Les scénarios, écrits à deux mains par Joann Sfar et Lewis Trondheim, traduisent des deux voix des auteurs. Ils ont réussi, en 16 ans et avec 36 albums, à étendre un univers, partagés avec plusieurs dessinateurs pour en fixer les traits. Mais Donjon reste tout de même assez compliqué d'accès.

Pour se lancer dans l'aventure Donjon, le mieux reste de commencer avec le début, le numéro 1 : Cœur de canard, le premier album de Donjon Zénith. En effet, en plus d'introduire les personnages les plus importants, les scénaristes expliquent petit à petit l'univers qui sous-tend toute la série. Zénith reste donc la plus grande porte pour entrer dans Donjon. La suite, avec l'époque crépuscule, permet de rester dans le même univers, mais avec des changements majeurs qui donnent une plus grande profondeur à l'histoire et aux personnages.

Les albums correspondant à la naissance du donjon (l'époque potron-minet et certains albums de Donjon monsters) répondent à certaines questions qui se posent durant la chronologie. Donjon monsters, quant à lui, offre d'autres clés pour comprendre l'univers, mais aussi pour découvrir la série. Certains albums, comme Jean-Jean la terreur, permettent de commencer Donjon avec simplicité et curiosité.

Enfin, il reste une dernière particularité propre à donjon : il existe un triptyque avec les albums Armaggedon, La carte majeure et Le noir seigneur. Les trois épisodes racontent la même histoire, mais avec trois points de vues différents. De même que le diptyque que forment les deux derniers albums de crépuscule (Haut septentrion et La fin du donjon), cette particularité permet d'étendre l'histoire, de répondre à des questions que posent certains épisodes et de développer une histoire avec une plus grande force narrative.

Donjon est une série incontournable et unique dans le monde de la bande dessinée. Commencée en 1998 et terminée en mars 2014, cette aventure demande un effort certain pour en commencer la lecture, mais reste une référence majeure dans les gargantuesques mondes de l'heroic fantasy et de la bande dessinée Franco-Belge.

  •  Jean-Jean la terreur : le premier album de Donjon monsters reste la meilleure porte d'entrée pour commencer Donjon. On suit un groupe de monstres typiques et propres à l'univers de la série, à travers des lieux-clés de Terra Amata et avec une introduction aux personnages les plus importants, dont l'épée du destin.

  • Mon fils le tueur : la place que prend cet album dans l'univers permet de faire une transition entre les époques potron-minet et zénith. Il dévoile certains secrets sur les personnages, dont la relation entre Marvin et Hyacinthe, le futur gardien du Donjon. L'ambiance présente dans l'album est caractéristique de l'époque de la série et en fait également sa force et sa réussite.

  • Le triptyque Armaggedon : bon, d'accord, on triche un peu parce qu'il s'agit de trois albums en tout : Armaggedon (Donjon crépuscule), La carte majeure et Le noir seigneur (Donjon monsters), avec trois dessinateurs différents. Cependant, ce triptyque raconte la même histoire, mais avec trois points de vue différents et légitimes : celui du Roi poussière, de Marvin Rouge et d'Herbert.. À chaque fois, les albums se répondent et suivent la même chronologie, chacun accompagnant les autres pour dévoiler et expliquer certains passages, capital pour comprendre tout l'enjeu de l'époque crépuscule.

  • Le roi de la bagarre : le plus drôle. Tout simplement et subjectivement. L'entraînement de Marvin et surtout d'Herbert amène son lot de péripéties et fait office d'introduction pour le reste de la série. Également indispensable pour comprendre les pouvoirs d'Herbert et de l'épée du destin, l'album reste léger mais profond.

  • La fin du donjon : Il est vrai que j'ai hésité avec les albums Retour en fanfare et Des soldats d'honneur. Mais s'il ne peut en rester qu'un, c'est quand même La fin du donjon. Parce que l'histoire et la série se clôt ici, mais reste ouvert. Parce qu'aussi c'est un bel hommage pour les personnages et le travail accompli. Et qu'il reste le dernier album, avec son lot de péripéties, de rebondissements et sa conclusion magistrale.

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