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Comment lire Kookaburra ? Le guide qui vous dit tout

Franco-belge Le 08 mai 2014
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par Noct
Comment lire Kookaburra ? Le guide qui vous dit tout

L'univers de Kookaburra s'étend sur 26 albums de bande dessinée, répartis entre trois collections distinctes mais liés. Commencée en 1997 par Crisse, la série s'est agrandi au fil du temps et a accueilli de nombreux auteurs qui ont su développer cet univers de science-fiction et ses personnages originaux. La série se distingue par une épopée riche en péripétie et une originalité dans l'écriture, qui se rapproche des archétypes et des canons du genre.

Comment réussir à commencer et à lire Kookaburra ? Quels sont les meilleurs albums ? Toutes ces réponses se trouvent dans ce dossier.

L'univers de Kookaburra commence comme un space opera bien orchestré. On assiste à une guerre interstellaire qui oppose trois peuples : l'Alliance Terrienne (et ses colonies), les Dakoïds, race extraterrestre guerrière et belliqueuse venant de la planète Dakoï, et le peuple des Amazones, aux pouvoirs télépathiques, originaires de Lilith. Chaque peuple a son histoire et sa culture propre, qui l'oppose aux autres.

Il existe également une prophétie, du nom de « L'appel des étoiles ». Vieille de 20 000 ans, cette légende prend source en Australie, et dit que « cinq enfants dieux naîtront, rassemblés, de leurs mains, des univers créeront, quatre seront bons, un ne le sera pas, l’âme du Kookaburra en eux s’éveillera et les appellera ». La réalisation de cette prophétie sous-tend l'intégralité de cette série, pour découvrir qui sont les cinq enfants et quel est le but final.

L'histoire de Kookaburra commence sur la planète Dakoï, où Dragan Preko et Skullface, deux Space Snipers, sont en mission pour délivrer le dernier chevalier sorcier, prisonnier des Dakoïds. Ce dernier connaît de nombreux secrets sur l'univers et sur la prophétie. Ils rencontrent également Taman Khâ, une amazone au service du Chevalier Sorcier. Pendant ce temps, la guerre fait rage entre les trois peuples, et la colonie humaine de Callystès se soulève contre l'Alliance, contrôlée par une reine qui lance un vent d'insurrection et qui s'associe aux sorcières Wombats pour rechercher les enfants-dieux. Si les trois premiers albums présente l'intégralité des personnages et de l'univers, Nicolas Mitric rejoint Crisse pour signer la dernière ligne droite de la série avec les albums 4, 5 et 6.

La série Kookaburra est constituée d'une série-mère, ainsi que d'une collection différente nommée Universe. Cette dernière raconte les origines de chaque personnages, revient sur son passé ou ses exploits, ou sur un pan entier de l'histoire pour le ré-interpréter ou le développer. On retrouve des scénaristes et des dessinateurs différents pour quasiment chaque album, ainsi que deux diptyques : Taman Khâ (les albums 2 et 3) et Cassus Belli (les albums 15 et 16).

L'origine de Dragan Preko, le personnage principal de la série, est raconté de le premier album, Le Secret du Sniper. Ensuite, le douzième volume, L'Honneur du Sniper, fait suite à cette histoire et raconte les premières années du héros au sein des Space Sniper. On retrouve également certaines de ces aventures avec le cinquième album, Les Larmes du Gosharad, et le onzième, L'Île des Amantes Religieuses.

Chaque album raconte donc les origines d'un personnage ou la culture d'une race extraterrestre. On retrouve ainsi :

  •       •  Taman Khâ et l'histoire du peuple Amazone : les albums 2 et 3, soit Taman Khâ et Mano Khâ ;

  •       •  Skullface : l'album 4, intitulé (sobrement) Skullface ;

  •       •  l'histoire du peuple Dakoï : l'album 6, Le Serment Dakoïd ;

  •       •  le passé de Myra, un des enfants-dieux : l'album 7, Le Sourire de Myra ;

  •       •  les origines de Brian North, un autre des enfants : l'album 8, Le Dernier Vol de l'Enclume ;

  •       •  l'histoire du peuple des chasseurs de lamentins : l'album 9, Le Lamentin Noir ;

  •       •  des explications sur une des castes les plus puissantes de l'univers de Kookaburra : l'album 10, Les Prêtresses d'Isis ;

  •       •  Kaïno Ladd, un des enfants de la prophétie : l'album 13, L'Appel des Étoiles ;

  •       •  l'histoire du chevalier sorcier, de ses dagues sacrées et de la prophétie : l'album 14, Lames Sœurs ;

  •       •  le dyptique Casus Belli, qui revient sur les origines de la guerre entre les peuples : les albums 15 et 16, soit Terra Incognita et Invasion.

Chacune de ces histoires permet d'étendre l'univers de Kookaburra de façon exponentielle et chaque scénaristes et dessinateurs apportent leurs visions de l'histoire pour la développer en profondeur.

La série-mère Kookaburra prend fin avec le cinquième album (Retour à Terradoes), pour achever le premier cycle de la série dans un dénouement spectaculaire. Toutefois, Nicolas Mitric prend les rênes à la suite de Crisse pour écrire deux nouveaux albums, formant le second cycle, développant ainsi une autre facette de l'histoire et de l'univers autour de la prophétie de l'appel des étoiles.

Kookaburra K est une collection à part dans la série. Il s'agit d'un récit se déroulant juste après les événements du cinquième album et raconte une histoire indépendante de toutes les autres. Scénarisée par Crisse, puis par Mitric, la série se compose de trois albums racontant ainsi les péripéties d'un petit groupe d'enfants mutants perdus dans l'espace. Sans impact sur la série-mère et n'ayant pas vraiment de relation avec elle, Kookaburra K peut se découvrir facilement et être un bon point d'entrée pour lire ensuite la série principale pour les plus curieux. À noter que cette trilogie a été dessinée par Humberto Ramos et qu'elle a également été éditée par Marvel aux États-Unis.

Finalement, lire Kookaburra n'est pas si compliqué. La série principale reste le point d'orgue et la meilleure base pour découvrir les personnages et l'intrigue de base. De plus, Crisse s'étend sur beaucoup de fronts, ce qui rend la série plus intéressante, sans jamais finir par lasser ou devenir monotone. Mine de rien, le point fort reste les personnages et leurs relations, ainsi que les rebondissements inattendus qui pleuvent dans les trois derniers volumes.

Kookaburra Universe reste donc à part. Vu qu'il s'agit principalement de one-shots, d'histoires indépendantes en un seul volume, il est plus facile de les lire et ne nécessite pas une lecture numéro après numéro. On peut ainsi flâner entre chaque histoire pour approfondir l'univers et découvrir toutes les bonnes idées à l'intérieur de cette série. La totalité des personnages sont approfondis à un point rare dans la bande dessinée, et la quasi-totalité de ces albums restent des points d'entrées pour la série principale pour tous les curieux. Attention cependant au quatorzième volume, Lame Sœur, qui demandent d'avoir lu les autres albums pour être compris dans son ensemble.

Skullface : s'il s'agit de l'origine d'un des personnages les plus agréable et sympathique de la série, l'album reste avant tout une histoire bien construite et intéressante. On retrouve ici un genre semblable au film Predator, mais avec une fin inattendue, intéressante et touchante.

Le Sourire de Myra : le huitième volume de Kookaburra Universe reste l'un des points d'entrée le plus fort pour commencer la série. L'histoire contée a de l'importance sur la série-mère et met en scène certains des personnages principaux même si elle reste tout à fait indépendante. Elle se lit comme une aventure extérieure et elle ne prend part qu'à la fin de la série Kookaburra, piquant ainsi la curiosité.

Retour à Terradoes : le dernier album du premier cycle se termine sur un dénouement complètement inattendu et grandiose. Tous les personnages de la série se retrouvent chacun à leurs places, comme les pièces d'un puzzle interstellaire. Un grand moment d'écriture que certains disent facile, voire prévisible, mais qui reste époustouflant.

Le Serment Dakoïd : si l'hésitation avec Le dernier Vol de l'Enclume a été forte, le sixième album de Kookaburra Universe s'inscrit parfaitement dans cette série. C'est le seul volume qui se penche sur le peuple guerrier des Dakoïds et qui apporte une nouvelle vision sur cette race extraterrestre. Comme d'habitude, les rebondissements s'enchaînent et certains retournements de situations, de même que la fin, amènent à découvrir cette culture d'un autre œil, de manière intéressante et surprenante.

Dragan Preko : on triche ici aussi, car il ne s'agit pas d'un album, mais d'un personnage. Car la série met en image les aventures du Space Sniper et que les albums qui composent son origine sont tous bien écrits et ils apportent tous une nouvelle pierre pour comprendre et découvrir le personnage le plus important de la série (et le plus badass aussi).

Beaucoup voit en Kookaburra une série vieillissante, totalement stéréotypée et prévisible. Au contraire, l'histoire qui sous-tend la série reste proche des archétypes du genre de la science-fiction et du space opera, mais sans jamais devenir bateau. Elle refoule de pleins de bonnes idées et reste une œuvre majeure dans son écriture. Les rebondissements sont souvent impressionnants et totalement surprenants, même si les plus mauvaises langues disent que tout était prévisible. Au contraire, Kookaburra reste un univers riche, avec des personnages qui se sont développés au fur et à mesure des albums, notamment avec Kookaburra Universe. Les deux collections forment un tout, un fil scénaristique dense, qui, au contraire des space opera de base, fourmille de bonnes idées, chose rare dans d'autres séries. Qui aurait pu soupçonner l'événement dramatique sur la race des Dakoïds à la fin du sixième album d'universe et qui aurait pu imaginer que la culture des Amazones soit aussi riche et compliquée ? Si le second cycle apporte une nouvelle vision plus banale, la série Kookaburra reste une petite pépite dans la bande dessinée franco-belge de science-fiction, à ne manquer sous aucun prétexte.

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