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La Petite Bédéthèque des Savoirs: Partie 1

Général Le 30 mars
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par Strafeur
La Petite Bédéthèque des Savoirs: Partie 1

La Bande Dessinée rime très (très) souvent avec fiction. Si quelques albums biographiques continuent de voir le jour, il faut bien reconnaitre que la grande majorité de nos lectures ne sont que des histoires inventées pour nous extirper de notre réalité l'espace d'un instant. Certaines d'entre elles trouvent leurs racines dans des évènements historiques et bien réels, mais trop peu s'attachent à nous transmettre des connaissances sur le monde qui nous entoure, à l'instar de l'excellent Mystère du Monde Quantique, tout juste paru chez Dargaud.

Telle est la prétention de la nouvelle collection du Lombard, sobrement intitulé la Petite Bédéthèque des Savoirs, qui réunit un spécialiste et un auteur de bande dessinée afin de vulgariser l'immensité des connaissances d'un fragment du monde dans lequel nous vivons. Avec pas moins de douze sorties prévues par année — réparties dans des thèmes aussi variés que l'Histoire, la pensée, la science, la culture, la technique, la nature et la société — cette grande collection en devenir vient tout juste de démarrer avec la sortie de ses quatre premiers albums.

Le format unique, mélange entre un roman de poche et une bande dessinée, a visiblement été très travaillé afin de proposer un confort de lecture unique et une certaine praticité. À tel point que les albums reflètent à eux seuls la volonté de transmission de savoir de cette collection.

Enfin, à 10€ le tome, la Petite Bédéthèque des Savoirs se place d'entrée comme une collection à suivre, d'autant que ses premières parutions renferment déjà quelques surprises.

 

Pour ouvrir cette collection, Le Lombard nous offre la collaboration entre les blogueurs que sont Jean-Noël Lafargue, responsable du site Hyperbateet Marion Montaigne, maitresse en vulgarisation scientifique et auteure du blog de renommé Tu Mourras Moins Bête. En se focalisant sur l'intelligence artificielle, les deux auteurs n'ont pas hésité à remonter aux origines de cette dernière pour nous livrer un album complet.

En effet, comme le décrit si bien l'auteur David Vandermeulen — qui signe d'ailleurs l'ensemble des avants propos de cette première vague de sortie — en ouverture de ce premier tome, cet album est un véritable signal d'alarme tiré par les deux auteurs français. Intégrant dans leur récit une histoire dont le héros n'est autre qu'un robot doté d'une intelligence artificielle, renvoyé dans le passé pour découvrir comment l'humanité a pu déclancher une guerre contre les machines, le duo assure une ligne de conduite salvatrice à leur propos.

L'aisance avec laquelle ils arrivent a servir leur message au travers de leur scénario en est même déconcertante. De sorte que la lecture se fait facilement, malgré une quantité d'informations conséquente. Heureusement, l'humour et la dérision tiennent ici une place importante, offrant des bouffées d'air bienvenues. 

Très documenté, l'album est parsemé de nombreuses notes de bas de pages, offrant aux lecteurs l'occasion d'en apprendre un peu plus sur le sujet. Elles légitiment également le propos et la mise en garde d'une partie de la communauté scientifique face à l'évolution rapide des appareils intelligents qui n'en finissent pas d'envahir nos vies. 

Grâce à une véritable histoire, permettant aux lecteurs de découvrir plus en détails l'immensité du gouffre qui sépare (encore) la machine de l'Homme, l'Intelligence Artificielle inaugure parfaitement cette collection, faisant au passage l'écho de l'échec du lancement de l'I.A. de Microsoft sur Twitter.

 

Le premier tome de la Petite Bédéthèque des Savoirs remet la machine face à l'Homme, le second remet quant à lui l'Homme face à l'univers. Lui empruntant son nom ce deuxième ouvrage est le résultat de la cette collaboration du plus célèbre des astrophysicien français, Hubert Reeves, avec le dessinateur Daniel Casanave (L'Amérique), qui vous plongera dans l'immensité de notre monde. 

Dès les premières pages, et notamment dans l'avant propos, on comprend rapidement que cet album a pour vocation de replacer la science dans son rôle premier : celui de comprendre notre environnement et tout ce qui nous entoure. Car aujourd'hui elle est, en grande partie, au service de l'économie, loin, très loin de sa nature première. 

Bien que classé dans le catalogue science de cette collection, l'Univers est un récit très philosophique. Après tout, les plus plus grands scientifiques étaient également de grands penseurs, preuve en est que les deux domaines ont une étroite connexion. La déconstruction de notre réalité est effectuée à l'aide de nombreux exemples, nous replaçant sans cesse dans l'immensité et l'infini d'un cosmos en perpétuelle évolution.  

Cette vulgarisation scientifique fonctionne car elle évite de rentrer trop dans le détail pour mieux se focaliser sur l'essentiel. Le dessin de Casanave nous plonge dans la poésie du monde qui nous entoure, s'appuyant sur les couleurs vives distillées par Claire Champion, nous offrant ainsi une progression toute en douceur dans la réflexion de l'astrophysicien. 

L'Univers affirme ainsi sa volonté de pousser le lecteur à la réflexion sur lui-même, mais également sur le monde dans lequel il évolue. L'album se referme sur une phrase des plus inspirantes qui confirme la réussite de ce second volume de la Petite Bédéthèques des Savoirs.

 

Malgré tous ses efforts, l'humanité n'a toujours pas encore découvert toutes les espèces qui recouvrent notre planète. Parmi celles-ci, une est particulièrement incompréhise et méprisée, la faute à quelques incidents rapidement devenus historiques. Comme le raconte si bien David Vandermeulen dans son avant propos, les requins ont fait l'objet d'une diabolisation particulièrement violente de la part des médias, puis du cinéma qui en a fait un véritable prédateur. Il reste bon de rappeler que le nombre de décès par an causés par ces derniers n'excède pas la dizaine, quand celui des moustiques dépasse le million.

Ce troisième album, sobrement intitulé Les Requins, est le fruit du travail commun entre le requinologue français de réputation mondiale Bernard Séret et du dessinateur Julien Solé (Comics Roger), lui-même fasciné par les squales. 

Découpé en plusieurs grandes parties, Les Requins ne raconte pas d'histoire. Il s'agit ici d'une plongée dans les recherches et les découvertes effectuées au fil des années sur ces derniers. Il est d'ailleurs frappant de constater que la grande majorité d'entre elles ont été faites au cours des quinze dernières années, laissant présager de grandes découvertes pour le futur. 

Ce manque de scénarisation se fera rapidement ressentir, car devant le flot d'informations, souvent très précises et pointues, on a l'impression d'avancer dans cet ouvrage comme dans un manuel scolaire. Il conviendra tout de même de préciser qu'ici, la passion des deux auteurs nous entraine tête baissée à la découverte de ces êtres fascinants. Des animaux que les scientifiques continuent, encore aujourd'hui, d'étudier en long en large et en travers, tant leur diversité, leurs évolutions différentes et leurs modes de fonctionnement renferment, encore aujourd'hui, de nombreux secrets. 

Ces témoins de l'Histoire du monde représentent une grande partie de l'héritage de la planète bleue et sont aujourd'hui en danger. Cet album se place comme un défenseur valeureux des requins, victimes innocentes de la peur de l'Homme, animé par la passion de ses auteurs, qui pourrait bien éveiller quelques consciences. 

Vous n'êtes pas sans savoir que nous organisons cette année un partenariat avec le Hellfest, c'est pourquoi nous attendions avec impatience ce dernier album de la première vague de parutions de la Petite Bibliothèques des Savoirs. Écrit par Pompon, animateur radio de la RTBF (Radio Télévion Belge Francophone) et dessiné par Hervé Bourhis, passionné de musique ayant déjà oeuvré sur les bandes dessinées Le Petit Livre du Rock et Le Petit Livre Beatles, Le Heavy Metal retranscrit l'histoire d'un genre musical hyper-actif et en perpétuelle évolution. 

Une nouvelle fois, l'avant propos joue un rôle crucial à l'introduction de cet album, balayant les clichés du genre pour mieux remettre les pendules à l'oeuvre avant de se lancer dans la (re)découverte de ce courant musical. Autant vous le dire tout de suite, ce quatrième numéro se veut dans la droite lignée des précédents travaux d'Hervé Bourhis : pas de place pour une quelconque histoire, nous sommes ici dans un recueil, renfermant un (très) grand nombre d'informations.

Suivant un ordre chronologique, on démarre aux origines bien plus soft de ce qui deviendra la musique extrême, avant de passer aux choses sérieuses avec les années 70 et surtout les années 80. Ces dernières constituent une grande partie de cette bande dessinée puisque cette époque fut l'âge d'or du Heavy Metal, avant que celui-ci ne mute dans une multitude de sous genre. L'occasion de découvrir tout un tas de bonnes histoires ainsi que de nombreux groupes ayant marqué son évolution, et de rappeler qu'en matière de rock tout est lié, à l'image du Hardcore et du Punk par exemple. 

L'ouvrage est parsemé de nombreuses anecdotes et les dessins d'Hervé Bourhis feront sourir plus d'un d'entre vous qui reconnaitront ici les grandes figures du milieu. De nombreux encarts sont dédiés aux multiples variantes du metal, offrant ainsi aux lecteurs de nombreuses opportunités d'approfondir leur propre culture musicale, sans oublier de namedroper quelques pépites expérimentales façon Sunn O))) ou Oranssi Pazuzu.

Bien qu'on ne puisse s'empêcher de ressentir un sentiment de résumé efficace mais loin d'être exhaustif pendant sa lecture, Le Heavy Metal est un excellent recueil pour néophytes comme pour les amateurs moins concernés par l'histoire de la musique qui trouveront ici une mine de savoir dans laquelle venir piocher au gré de leurs envies. 

 

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