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Avec Sous les Bouclettes, Mélaka revient dans un récit plein de douceur sur la maladie de sa mère Gudule

Franco-belge Le 17 avr 2018
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par LiseF
Avec Sous les Bouclettes, Mélaka revient dans un récit plein de douceur sur la maladie de sa mère Gudule

Gudule était un sacré personnage : née en Belgique en 1945, elle vécut pendant dix ans au Liban où elle rencontra Paul Karali, le fondateur du magazine Psikopat. De retour en France, elle écrivit plus de 250 romans, pour les adultes mais aussi pour un public jeunesse. En 2002, s'est installée avec sa famille dans un tout petit village tarnais. Et dans sa famille il y a sa fille Mélaka, autrice de BD et meilleure amie de Gudule. En 2015 l'autrice s'éteignit suite à long combat contre la maladie. Un combat pénible et intense, que Mélaka a décidé de raconter en BD.

Sous les Bouclettes, ce n'est pas juste la BD de Mélaka, c'est aussi celle de Gudule. Deux récits s'entremêlent, celui de la mère et celui de la fille, chacun dans un camaïeu de couleurs différent. Dans des tons de bleus, on a le "fil rouge" de l'histoire où la fille raconte d'abord le décès de Sylvain, le compagnon de Gudule, des suites d'un cancer, puis le diagnostique d'une lésion au cerveau de Gudule elle-même. Viennent ensuite les complications, les médicaments, les effets secondaires, les difficultés mais aussi les moments touchants... Dans des tons plus sépias, on a les petites histoires racontées par la mère. Avant de mourir, Gudule travaillait sur le second tome de son livre Grands Moment de solitude : elle avait noté plein de petites anecdotes de sa propre vie, que Mélaka a décidé de mettre en image pour sa BD.

Deux histoire entremêlées

C'est donc deux histoires, deux fils temporels qui se déroulent dans Sous les Bouclettes. Il faut avouer que c'est un peu dur de suivre au début, parce que l'histoire racontée par Mélaka est linéaire quand celle de Gudule fait des bonds dans le temps, revient en arrière... Mais en fait, les deux récits ne vont pas l'un sans l'autre. Dans les anecdotes de Gudule, on retrouve des réflexions sur sa propre maladie, qui évoluent au fil de la situation. Cela nous permet de mieux comprendre le personnage : on suit l'histoire d'une artiste engagée, passionnée, pleine de convictions. Et bien malgré nous on la voit d'éteindre peu à peu, on voit sa flamme vaciller...

C'est sûr, Sous les Bouclettes n'est pas un récit heureux. Après les épreuves qu'elle a traversées, Mélaka a ressenti le besoin de mettre tout ça sur papier : une sorte de journal intime, mais aussi l'occasion pour elle de publier un livre en commun avec sa mère, chose qu'elle n'a pas pu faire de son vivant. Si cette BD a clairement un côté auto-psychanalyse, elle n'en est pas moins de qualité.

Une BD nécessaire pour Mélaka

On ressent le besoin qu'avait Mélaka de travailler sur cette BD dans sa fluidité, son côté touchant aussi. C'est une histoire triste parce que c'est celle de la mort de Gudule, mais c'est aussi celle d'une famille. Une famille soudée, parfois biscornue, mais vraiment attendrissante dans la façon qu'ont ses membres de se soutenir. Je pense que c'est aussi ces différentes personnes qui agissent comme un raison de soleil, qui parviennent à garder le sourire malgré les épreuves, qui rend l'histoire aussi touchante. Castor par exemple, rencontre Gudule juste avant son diagnostique et ils tombent tous les deux très amoureux. Sa patience et son dévouement sont un point central du récit.

Quant au dessin, ils conservent un dynamisme qui rend la lecture vraiment facile : on se surprend même à rigoler sur les répliques cinglantes de Gudule, et sur ses tranches de vie si surprenantes. On s'attache aux différents personnages, que l'artiste dessine, ça se ressent vraiment, avec beaucoup d'affection.

Selon moi, Sous les Bouclettes est une BD particulièrement réussie : on y découvre le portrait d'une famille et on ressent jusqu'au plus profond de soi la douleur et la fatigue de Mélaka. Une lecture dont on ne ressort pas indemne, mais qui nous captive de bout en bout. Alors vous l'aurez remarqué, j'ai choisi de ne pas mettre de note, de point positif et de point négatif à cette BD. Pour moi, il semblait compliqué de juger avec des critères aussi figés une production aussi personnelle. L'album est disponible chez Delcourt au prix de 19 euros.

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