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Cinéma : six adaptations de BD franco-belge de qualité, pour garder le moral

Franco-belge Le 20 fev
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par LiseF
Cinéma : six adaptations de BD franco-belge de qualité, pour garder le moral

Pas une année ne passe sans qu'on ait le droit à l'adaptation en film d'une BD : Ducobu, Boule et Bill, le Marsupilami, Les Profs... Les BD de notre enfance y sont passées une par une, et la plupart du temps, ça ne fait pas plaisir. En même temps, qui a envie de voir Kev Adams grimé en Boulard débitant des vannes ? Demain sort dans nos salles obscures Les Aventures de Spirou et Fantasio, et en avril le film Gaston Lagaffe. Et je vous avoue que je suis terriblement angoissée.

Heureusement, des adaptations de BD franco-belge réussies au cinéma, il y en a plein ! Mais si, allez, en cherchant bien on finit par trouver.

Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, la grosse marade même seize ans après

Astérix et Cléopâtre, ce fut d'abord une très bonne BD sortie en 1965, puis un très bon film d'animation (bon sang qu'est-ce que j'ai ri en imitant ce lion qui chantait). Et comme on dit jamais deux sans trois, l'adaptation live est elle aussi excellente. En tant qu'enfant des années 2000, je connais la moitié des répliques par coeur et je peux même vous réciter une partie de la superbe impro du scribe incarné par Édouard Baer. D'ailleurs, le casting entier est en or massif : Jamel Debbouze, Monica Belucci, Gérard Depardieu, Chantal Lauby, Gérard Darmon, sans compter une réalisation géniale d'Alain Chabat... Encore aujourd'hui je cherche un film qui me fera autant rire, mais je n'en ai jamais trouvé. De toute façon moi, si je devais résumer ma vie aujourd'hui avec vous, je dirais que c'est d'abord des rencontres. Des gens qui m'ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seul chez moi. Et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée...

Adèle Blanc-Sec, la classe ultime de Louise Bourgoin

Adèle Blanc-Sec, c'est avant tout une série de BD par Jacques Tardi débutée en 1976. Cette bande dessinée ne fait pas partie de celles que je lisais étant enfant, j'ai donc découvert son univers avec le film réalisé par Luc Besson. Si j'ai autant aimé le film, c'est en grande partie grâce à la prestation de Louise Bourgoin, qui campe un personnage principal déterminé et plein d'assurance. En plus d'être super belle, ce qui ne gâche rien. Adèle Blanc-Sec s'est donnée pour but d'interroger la momie d'un grand médecin égyptien, afin qu'il puisse soigner sa soeur victime d'un grave accident de tennis. La direction artistique du film est vraiment agréable, l'aventure est palpitante, bref, rien de tel pour retrouver le sourire.

Tintin et le Secret de la Licorne, de l'animation de qualité pour un symbole de la BD franco-belge

(On passe brièvement la parole à Republ33k, passionné rédacteur en chef de SyFantasy qui vient nous parler de son coup de coeur)

En 1981, Spielberg découvrait Tintin via une critique qui rapprochait son premier Indiana Jones du célèbre personnage d'Hergé. A son tour, l'auteur devint fan du bon Steven, qu'il avait prévu de rencontrer en 1983, alors que Spielberg filmait Le Temple Maudit. Mais un coup du sort nous priva d'Hergé cette semaine-là. Sa veuve confia néanmoins les droits au réalisateur, respectant ainsi la volonté de son mari, déçu par les précédentes adaptations du reporter à la houppette. 

Mais il aura fallu attendre près de trente ans et l'arrivée d'un Peter Jackson (ramenant avec lui la technologie du Seigneur des Anneaux) pour que Spielberg ne revienne à Tintin. Le résultat n'en est pas moins formidable. Visuellement très réussi  le film épouse le trait rond d'Hergé et donne au réalisateur une liberté totale : les règles de la physique et des effets pratiques ne s'appliquent plus ici, et Spielberg nous livre ainsi des séquences à couper le souffle, comme un combat aussi improbable que jouissif entre deux grues.

Ajoutez à cela un trio de scénaristes britanniques de renom, à savoir Steven Moffat (Doctor Who), Edgar Wright (Baby Driver) et son pote d'écriture Joe Cornish (Hot Fuzz) et vous obtenez un film d'aventure si réussi qu'on pourrait le considérer comme le quatrième opus de la franchise Indiana Jones. Toujours pas convaincus ? Alors j'ajouterai que Jamie Bell (Tintin), Andy Serkis (Haddock), Daniel Craig (Rackham Le Rouge), Nick Frost et Simon Pegg (Dupond et Dupont) font partie du casting vocal ! 

Le film est dispo sur Netflix si l'envie vous prend.

Lou, une heure et demi de pure douceur

Si vous lisez régulièrement 9emeArt, vous penserez peut-être que mon jugement est un peu partiel : en effet, je suis hyper fan de la série de BD qui a inspiré le film, et ce depuis mon adolescence. Mais force est de constater qu'en plus d'être coloré et feel-good du début à la fin, le film honore parfaitement la BD. Et ce pour une bonne raison : le réalisateur n'est autre que l'auteur de la bande dessinée, Julien Neel. Et ça se sent. Le film ne reprend pas vraiment l'histoire de l'oeuvre originale, mais s'en inspire en reprenant à merveille son ambiance colorée et un poil surréaliste. Un joli long métrage sans prétention, à regarder les jours de pluie quand on n'a pas le moral.

Snowpiercer, la lutte des classes à haute vitesse

Parce qu'il n'y a pas qu'en France qu'on lit de la BD franco-belge, cette adaptation-là est coréenne. En 2013, la BD de Jacques Lob et Jean-Marc  Rochette a droit à une seconde jeunesse sous la houlette de Bong Joon-ho. Après une catastrophe entraînant un refroidissement brutal de la planète, ce qui reste de l'humanité s'est réfugié dans un train lancé à pleine vitesse. Les riches sont confortablement installés à l'avant du train, alors que les pauvres sont parqués comme des bêtes à l'arrière. Chris Evans campe Curtis, un pauvre qui s'est mis en tête de remonter le train jusqu'à la locomotive, pour détruire ce système de classes où beaucoup de gens souffrent. Snowpiercer est un vrai bijou de réalisation, à l'ambiance soignée. On flippe pour les personnages, on crève d'envie de connaître le fin mot de l'histoire, bref, c'est une vraie réussite.

Persépolis, une jeunesse à Téhéran

On termine cette sélection avec un autre film d'animation ! Entre 2000 et 2003, Marjane Satrapi publie chez L'Association une BD en quatre tomes du nom de Persépolis. Celle-ci raconte l'histoire de son autrice, qui a grandi à Téhéran pendant la révolution islamique. Marjane est alors prise au piège entre l'oppression religieuse et ses envies légitimes de liberté et de transgression. L'histoire est dure, et racontée pourtant avec une légéreté surprenante. En noir et blanc, le long-métrage peut sembler rebutant au départ mais il réussit quand même le tour de force de passionner n'importe quel publique. Marjane Satrapi est d'ailleurs co-réalisatrice, ce qui explique sa fidélité à l'ouvrage d'origine.

Et voilà, en fait, des bonnes adaptations de BD franco-belges il y en a ! Et si vous trouvez que le futur de la BD au cinéma n'est pas radieux, n'oubliez pas qu'on attend une adaptation des Vieux Fourneaux scénarisée par Lupano, avec Eddy Mitchell et Pierre Richard ! Je ne voudrais pas m'avancer, mais je pense que ça peut être bien.

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