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Doggybags revient d'entre les morts, plus lugubre que jamais

Franco-belge Le 24 sept 2019
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par LiseF
Doggybags revient d'entre les morts, plus lugubre que jamais

Avec le symbolique tome 13, on pensait que Doggybags, la série collective du Label 619 dirigée par Run, prendrait fin. Mais on n'arrête pas si vite un concept qui fonctionne : tel le zombie putride, Doggybags a creusé la terre de ses ongles sales et est de retour parmi le vivants avec une seconde saison ! Dans son quatorzième tome, les auteurs du Label 619 nous emmènent à la rencontre de celle qui fait trembler tous les humains, dont on parle peu mais à qui on pense tous : la Mort.

Du Kazakhstan aux tristes couloirs d'un hôpital

Hé oui parce que chaque tome propose différentes histoires sur un sujet précis : les cartels de la drogue mexicains, le terrorisme, la zombiexploitation... Pour ce grand retour, les auteurs se sont penchés sur un sujet classique mais efficace, et qui file forcément des frissons. Trois histoires courtes en BD sont proposées ainsi qu'une nouvelle. Accrochez-vous à vos estomacs, conformément à la tradition, ce nouveau tome est riche en hémoglobine, en globes oculaires qui sautent de leurs orbites et en informations sordides !

Tout commence avec l'histoire d'un frère et une soeur au Kazakhstan. Brard et Prozeet nous emmènent à la rencontre de cette petite famille qui tente de survivre dans une région pourrie par la mafia russe après l'effondrement du bloc communiste. On passe ensuite en prose avec une nouvelle de Tanguy Mandias, qu'on retrouvait par exemple sur le recueil Sang d'Encre. Nous suivons Michaël, un troll d'internet qui prend conscience de la portée de ses tweets... Le troisième récit est le plus prenant, puisqu'il vient d'une histoire vraie : Mud a été victime d'un syndrome très rare, qui l'a plongé dans un coma profond durant lequel son esprit s'est battu avec son corps. Avec Shavrin au dessin, il ré-invente ce terrible épisode, en représentant ce combat intérieur. Enfin, on termine en apothéose avec Shadow of death, scénarisé par Run et dessiné par Neyef. Le duo nous conte l'histoire d'un bourreau et s'intéresse de fait... à l'Histoire de la mise à mort.

Le zombie n'a pas moisi

Quel plaisir de retrouver Doggybags ! En quatorze tomes, le concept n'a pas pris une ride et ce nouveau volume nous prouve qu'il y a encore beaucoup de sujets à explorer. Comme pour tout album collectif, on a forcément nos préférés : pour ma part j'ai savouré la lecture du dernier récit, servi par des habitués de Doggybags (et son créateur). Run et Neyef nous proposent une légende incroyable, qui traverse les siècle et s'enfonce toujours plus loin dans la cruauté. C'est violent, mais jamais gratuitement est toujours intelligemment.

Bien sûr, il y a aussi des chapitres qui nous touchent moins. Par le passé, Tanguy Mandias nous proposait l'histoire, intense et presque douloureuse, d'une femme se faisant faire un tatouage magique. Ici en revanche, j'ai moins et happée par le récit et j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur avait condensé sa nouvelle pour s'adapter au format. Glasgow en revanche, de Mud et Shavrin, est terrible dans le bon sens du terme. Quand on sait qu'il est arrivé une histoire semblable à l'auteur, le récit prend une dimension affreusement réelle, qui décuple notre empathie et notre identification au personnage. À titre personnel j'ai l'impression de l'avoir lue en apnée.

C'est ça Doggybags : des sensations fortes, de la violence, de l'angoisse, comme je le disais plus haut jamais gratuites ni bêtes mais toujours intenses. Un nouveau tome qui nous montre que Doggybags est loin d'avoir épuisé son concept. L'album est disponible au prix de 14 euros.

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