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Édito #32 : Bande-Dessinée franco-belge et jeu-vidéo

Franco-belge Le 09 mars 2015
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par Republ33k
Édito #32 : Bande-Dessinée franco-belge et jeu-vidéo

Avec un petit peu de retard, j'ai décidé de revenir sur cette petite vidéo à base de gameplay pour LastFight, jeu vidéo adapté de LastMan, que nous considérons à la rédac' comme un excellent dépoussiérage de la bande-dessinée franco-belge. A ce titre, il n'est pas étonnant de voir la bande-dessinée de Bastien Vivès, de Michael Sanlaville et Balak ressusciter une sorte de tradition pour notre neuvième art national : l'adaptation en jeu-vidéo.

Non pas que le sujet ait toujours inspiré les développeurs et les studios, mais en faisant un petit tour d'horizon des jeux-vidéos adaptés des œuvres franco-belges, on voit qu'ils ont peuplé les années 1990 et le début des années 2000 avant de disparaître du paysage vidéo-ludique. Des victimes qu'on peut rajouter à la longue liste de l'industrie du jeu-vidéo, qui ne cesse de nous inquiéter ces derniers mois. Mais plutôt que de craindre les futurs mauvais jours, je voulais, pour cet édito', me rappeler de bons souvenirs et m'intéresser à ce qui fait, ou ferai, l'intérêt des adaptations de BD franco-belges en jeu-vidéo.

Une fois n'est pas coutume, comparons, sur ce point, notre production à ce qui se fait outre-atlantique. Les comics, pour le coup, ont connu toute une histoire d'adaptation du côté des jeux-vidéo, qui commence elle aussi à s'éssoufler d'ailleurs, car seule la trilogie Batman Arkham semble s'imposer comme un vrai rendez-vous désormais. L'inverse est aussi vrai : les personnages de jeux-vidéo ont régulièrement été adaptés en comics, leurs univers fournissant à des éditeurs comme Dark Horse (un outsider face aux géants que sont Marvel et DC) des séries toutes prêtes. Du côté du japon, on note le même genre de mécanismes, avec une longue tradition de manga adaptés en jeux-vidéo et des jeux-vidéos adaptés en mangas.

Pour revenir chez nous, on voit ces adaptations, dans un sens comme dans l'autre, plutôt sinistrées. D'un côté, et malgré les efforts de certaines entreprises comme Ubisoft, les adaptations de jeux au format franco-belge ne sont pas légion, et de l'autre, les adaptations de BD se font de plus en plus rares. Pourtant, je reste persuadé que le jeu-vidéo peut fournir un terreau plus fertile au franco-belge que le cinéma, pour ne citer que lui. On le sait : la plupart de nos adaptations du côté du septième art ne font pas l'unanimité, ou perdent la patte toute singulière de leur inspiration. Or du côté du jeu-vidéo, on peut rendre hommage au trait des créateurs et respecter l'univers graphique d'une œuvre tout en proposant une expérience de qualité. Quand on voit ce que fait Ubisoft avec son moteur Ubi Art Framework (utilisé sur Rayman ou Les Soldats Inconnus, voir ci-dessous), par exemple, difficile de ne pas rêver d'une adaption d'Astérix à couper le souffle.

Les adaptations de bande-dessinées franco-belges faisaient d'ailleurs les beaux jours d'Ubisoft il y a encore quelques années, lorsque l'entreprise s'écrivait encore en deux mots. Elle travaillit alors sur du Spirou ou du Gaston, sans oublier sur XIII : un FPS culte qui donne à cet édito son image de couverture. Il faut dire que le titre, réalisé en cel-shading, est pour moi la parfaite incarnation d'une adaptation réussie : un univers visuel unique, un story-telling et des éléments de gameplay qui s'approprient les codes du neuvième art, et un titre aussi fun à jouer que XIII est addictif à lire.

A partir de cet exemple, on ne peut que fantasmer une nouvelle génération d'adaptations audacieuses : un Lucky Luke façon Red Dead Redemption, un RPG dans l'univers de Lanfeust, un RTS dans celui des Chroniques de la Lune Noire ou même un point and click dans la veine de Telltale pour Tintin. Un paquet d'idées qui restent encore à explorer, comme si les avancées du jeu-vidéo lui avaient imposé de s'éloigner du franco-belge.

Un divorce qu'on peut sans doute mettre sur le dos d'une industrie de plus en plus globale, qui dégaîne peut-être un peu trop vite le triple A. Mais à l'heure où les indépendants font bouger les lignes, il serait peut-être de bon ton de rejouer aux titres cultes d'Infogrames, comme Tintin Objectif Aventure, se faire une partie de XIII ou plancher sur des univers comme celui de Lanfeust, à même de générer une seconde génération de jeux adaptés de BD franco-belges, qui ferait sans doute du bien à nos univers favoris.

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