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Fanzine, auto-édition et autres histoires #4 : Locura Méristème I

Franco-belge Le 16 fev 2014
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par Elsa
Fanzine, auto-édition et autres histoires #4 : Locura Méristème I

 Nephyla est une artiste incroyablement talentueuse. Je l'avais pour ma part découverte avec Geek&Girly, hommage-parodie aux teen movies à la guimauve, scénarisé par la talentueuse Rutile. Un duo qui faisait des étincelles pour une série malheureusement arrêtée par l'éditeur au deuxième tome. J'ai ensuite pu savourer son talent de coloriste sur le diptyque Burlesque Girrrl de François Amoretti, mais son dessin plein d'énergie, de sensualité et de douceur me manquait. Jusqu'à ce que je me rende compte que Nephyla fourmillait de projets, et pas seulement chez les gros éditeurs. Fanzineuse depuis dix ans, elle fait notamment partie de l'équipe derrière Raxxon et a, en solo, imaginé Locura, un univers riche qu'elle a développé des années durant, et qui commence son histoire en format papier avec le premier de ses Méristèmes, bandes dessinées auto-éditées dont chaque volume s'intéressera aux origines d'un des personnages.

Ce Méristème I nous invite donc à rencontrer la sulfureuse Térébantine. Son auteure vous parlera d'elle bien mieux que moi, mais ce que je peux vous dire c'est que ce petit one-shot est un vrai régal. Un récit plein d'humour, de rebondissements et d'émotions, un dessin aussi superbe qu'à son habitude, une mise en page belle, efficace et pleine d'originalité et des couleurs toutes douces qui invitent à la rêverie sont au programme. Le livre, qui a le format d'un petit cahier, est de très belle facture, et après l'histoire, un joli dossier de bonus termine de faire de ce Locura Méristème 1 une réussite. Recherches, illustrations, fiches descriptives des personnages, voilà de quoi commencer à véritablement rentrer dans l'univers de Locura. Addiction assurée.

Nephyla nous en dit un peu plus sur son parcours, et son univers.

Peux-tu nous présenter, nous raconter ton parcours ? 

Je m’appelle Nephyla je suis auteur et coloriste BD, gribouilleuse et tisseuse d’univers depuis toujours. Après la vague idée de devenir styliste, j‘ai opté pour la voie du dessin-animé. La BD est venu plus tard au terme d’une certaine maturation personnelle. J’étais persuadée, en bonne grosse otaku, que le dessin animé était fait pour moi ! J’ai travaillé dur pour atteindre cet objectif : J’ai un DMA en cinéma d’animation et j’ai également fait les Gobelins.  Mais le constat était toujours le même : j’aimais créer des personnages, raconter des histoires, les story-boarder, les mettre en scènes, composer l‘image…. Mais l’acte d’animation en lui même était un supplice. J’ai commencé à faire mes premières BD en réaction à ce support. Il fallait que ça sorte d’une manière ou d’une autre de ma tête ! Si ça ne voulait pas être domestiqué par ma « peg bar », ça le serait avec des cases !

J’ai commencé par le fanzinat dans un cadre associatif  avec mon mari, Castel, créateur de l’univers de Raxxon que je développe encore à ses cotés aujourd‘hui. Puis j’ai publié mes première planches à titre  professionnel dans le magazine de prépublication Mangakids (Tournon presse) sur un de ses scénarii. Audrey Alwett est ensuite venue me chercher  afin que je propose un titre  pour étoffer sa collection Strawberry aux éditions Soleil. J’ai mis ma vieille comparse Rutile sur le coup ! Et c’est ainsi qu’est né Geek&Girly : un shôjo  à la française avec pas mal de références nerdy, une bonne dose d’humour et surtout un format novateur. La série a trouvé son public mais a très mal été comprise par son éditeur qui n’a pas vraiment mobilisé les moyens adaptés pour la vendre. Elle s’est arrêtée au bout de deux tomes comme l’ensemble de cette collection.

Du coup, il a fallu se diversifier le temps de trouver un autre projet à signer : je suis donc devenue coloriste ( Rhapsody, Burlesque GRRRL, Lord of Burger) mais également illustratrice de jeux de sociétés ou de presse spécialisée.

Comment es-tu venu au fanzine/à l'autoédition ? 

En deux temps, je dirais.

A l’origine, par mimétisme. Le milieu des « initiés » aux mangas étaient alors assez restreint comme les conventions spécialisées étaient rares. On pouvait retrouver durant ces regroupements des espaces dédiés à la publication amateur pris en charge par des fans qui utilisaient ce biais pour communiquer leur passion, leur « fanitude ». Je voulais en faire partie !

C’est pourtant la rencontre avec Castel et nos parties de jeux de rôle mémorables qui m’ont mis le pied à l’étrier : Il avait la plume, l’univers, le sens de la formule, moi je pouvais dessiner. On a réuni une équipe d’amis et de joueurs et on a lancé l’aventure Raxxon de cette manière. Aventure qui dure encore : on fête nos 10 ans cette année !
Cette expérience m’a clairement servie d’entrainement : j’ai conçu des livres de A à Z, appris à définir des concepts, une ligne éditoriale, trouvé des circuits pour les vendre et les mettre en avant, être solvable pour poursuivre une année supplémentaire….

Par la suite, en proposant des dossiers pour éditer de nouveaux titres après Geek&Girly, je me suis rendue compte que je commençais à calibrer mes projets afin qu’ils correspondent à ce qui se faisait alors sur les étales des libraires et je laissais de coté mes récits plus personnels avec la certitude qu’ils ne verraient de toute manière jamais le jour car trop « hors sentier » .

C’est là que je suis revenue à l’auto-édition. J’ai une conviction bien ancrée, éprouvée par le nombreux festivals que j’ai écumé : le public est curieux, le public est demandeur, le public est là. Certes, la diffusion est moindre et je ne suis pas encore certaine que l’activité soit viable s’y je m’y consacrais à 100%.

Mais j’ai désormais un espace d’expression pour tous ces projets en souffrance.

Peux-tu nous dire pourquoi on devrait absolument découvrir Locura Méristème 1 ? 

Locura signifie folie en espagnol. 

Cette « folie » c’est le résultat d’un enchevêtrement de destins croisés qui forment le tissus même de l’univers. Un tissu mouvant, organique, imprévisible  et qui sera amené à être dépeint plus tard dans toute sa tragédie.
Les Méristèmes sont conçus comme autant d’incursions dans cette folie  en commençant tout doucement par s’attacher aux pas d’un seul personnage. Cet individu  suit sa propre route et éclaire celle du lecteur à travers les voies d’un monde sombre, et pétri  par la foi aveugle et pesante de ses habitants.

En somme avant de découvrir la Grande Histoire, je vous propose de commencer par ses annales dont la vente me permettra en partie de financer mon projet final. C’est une manière pour le lecteur de se familiariser avec mon  univers et pour moi de l’approfondir d’avantage.

Le premier tome  dépeint un morceau du passé de l’inquiétante Térébantine, cette « Marchande de Suicides » aux yeux rouge et à la chevelure verte.  D’où tient-elle ce physique particulier ? Pourquoi a-t-elle choisi cette profession ?  Vous trouverez peut-être les réponses à vos questions au fil des  pages…

Y'a-t-il d'autres artistes fanzineux, auto-édités etc dont tu as envie de nous recommander le travail ?

C’est vraiment très difficile comme question ! Au lieu de m’éparpiller, tergiverser et faire une liste longue comme le bras,  je vais plutôt  faire la pub pour mon coup de cœur 2013 : Maindish  de la talentueuse Aube  ! Si vous aimez la ripaille, les grandes aventures fantasy et la franche rigolade c’est tout indiqué pour vous ! J’aime particulièrement son humour, son inventivité et ses couleurs très franches et chatoyantes. Le tome 2 devrait sortir pour Japan Expo 2014 ! J’ai hâte !

 

Pour découvrir le travail de Nephyla : son site, sa boutique (où vous pourrez vous procurer Méristème 1, et plein d'autres jolies choses), sa page facebook et le site de Raxxon.

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