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Le Patient, thriller efficace et terrifiant

Franco-belge Le 11 avr
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par LiseF
Le Patient, thriller efficace et terrifiant

Hier est sorti chez Glénat Le Patient, second album de Timothé Le Boucher chez l’éditeur. Avec Ces jours qui disparaissent, l’auteur frappait un grand coup : l’album était récompensé du prix des libraires Canal BD, et sera prochainement adapté au cinéma. L’oeuvre avait marqué bien des lecteurs par la virtuosité de son scénario et l’efficacité de son trait. Mais qu’en est-il de son nouveau one-shot ?

Après le drame

Dans Le Patient, on suit l’histoire de Pierre, un jeune homme qui se réveille d’un long coma. C’est le rescapé du massacre des Corneilles, où sa famille a été sauvagement tuée à coup de couteau. Pierre faisait partie d’une famille plutôt pauvre, avec une très grande fratrie. Sa mère, son père, sa grand-mère, son cousin et tous ses frères et soeurs ont été tués. Tous sauf sa soeur Laura, qu’on a retrouvée errante de les rues, le couteau ensanglanté à la main.

Sept ans plus tard, Pierre ouvre les yeux dans une chambre d’hôpital. Il est resté tout ce temps dans le coma et doit apprendre à vivre avec ce corps qui a grandi sans lui, et cette absence de famille. Pour l’aider il y a le docteur Anna Kieffer. Psychologue, elle a été appelée notamment pour aider le garçon à chasser les terreurs nocturnes qui l’empêchent de dormir. Dès que la nuit tombe, il voit un homme en noir s’approcher de son lit, se percher sur lui. Un homme en noir qu’il est persuadé d’avoir vu le soir du massacre…

Une terreur savamment construite

Difficile de ne pas comparer Le Patient et Ces jours qui disparaissent. Graphiquement, les deux oeuvres sont très proches. Le style de Timothé Le Boucher a quelque chose de surprenant : il ne s’embarrasse pas des détails, peut décevoir parfois par la simplicité des décors, des vêtements… Mais il s’attache à la complexité de choses bien plus importantes telles que les expressions des personnages, les gestes parfois hésitants, parfois décidés. Avec son dessin épuré, l’auteur nous fait ressentir les choses, nous permet de les comprendre en un clin d’oeil. Très vite, on saisit les faiblesses de Pierre, ses difficultés à marcher, la maigreur de ses jambes alors qu’il est resté des années alité.

Pourtant si graphiquement les deux oeuvres se ressemblent, scénaristiquement en revanche l’effet est très différent. En terminant Ces jours qui disparaissent, j’étais songeuse : et si mes jours à moi disparaissent, que ferais-je de ceux qui restent ? Le Patient en revanche m’a laissée terrifiée. La psychologie des différents personnages est si bien développée qu’on les ressent, comme s’ils étaient juste à côté. L’album n’a aucune douceur : il parle d’un enchaînement de meurtres, sordide et sanglant. L’auteur prendra le temps de faire monter la pression, et épaissira d’autant plus l’intrigue une fois le climax dévoilé.

J’avais adoré Ces jours qui disparaissent, j’ai un peu moins aimé Le Patient. Mais l’oeuvre reste quand même un régal : le scénario est toujours aussi efface, les personnages très bien écrits, de la psychologue indécise à la doctoresse bouffée par ses propres problèmes, en passant bien sûr par les traumatismes de Pierre. Un album de presque 300 pages, que vous aurez du mal à reposer avant de l’avoir fini. Le Patient est disponible chez Glénat au prix de 25 euros.

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