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Les autres : parler de l'adolescence en BD sans verser dans les clichés

Franco-belge Le 22 jan 2018
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par LiseF
Les autres : parler de l'adolescence en BD sans verser dans les clichés

Le 17 janvier dernier est sorti Les Autres, par l'auteure canadienne Iris. Souvent dans les séries et les films américains qui parlent du collège, les élèves sont divisés en groupes un peu clichés : les sportifs, les gothiques, les nerds et même les moches... Iris a décidé de s'amuser de ce cliché en dépeignant l'histoire d'un groupe à part : les autres. Les autres ne sont pas cools, pas sportifs, pas nerds, pas nuls. Et c'est eux qu'on va suivre tout le long de cette BD chez Delcourt dans la très bonne collection Tapas.


©Éditions Delcourt, 2018 – Iris

Plus précisément, on va suivre les histoires de quatre personnages : Jacques-Olivier, Jérémy, Charlie et Frank. Dans les premières pages on découvre l'histoire (courte) de leur rencontre, puis des anecdotes de leur vie quotidienne. Entre les parents collants, les devoirs révisés au dernier moment, ou encore les discussions au self.

Stop au préjugé de l'ado attardé

Le côté touchant dans Les Autres réside dans le fait qu'Iris est très douée pour parler d'adolescence. Souvent dans la BD, l'ado est représenté avec un gros appareil dentaire, un pantalon au raz des fesses et beaucoup trop de cheveux. C'est le stéréotype de l'individu blasé et râleur. Sauf que cette vision basique de l'ado, elle est un peu facile est à la longue, pas très respectueuse. On peut se moquer des gens mais à force de se moquer des adolescents, on en oublie qu'on rigole... De ceux qui représentent notre futur !

Iris arrive à raconter ces petites anecdotes du quotidien avec une plume très juste. Si on rigole, ce n'est pas pour se moquer des personnages mais plutôt parce qu'on se dit "c'est trop vrai !". Lorsque Frank se fait piquer des packs de bières alors qu'il s'occupe de l'épicerie de son père, il préfère tout faire pour se procurer de nouveaux packs plutôt qu'appeler son père ou la police. C'est l'art de tout compliquer et de se mettre encore plus dans la mouise, quand on apprend progressivement la vie d'adulte.


©Éditions Delcourt, 2018 – Iris

L'art de raconter l'anecdote

Dans Les autres, Iris fait preuve d'un talent impressionnant pour raconter l'anecdote. L'album se décompose en petites histoires de deux à trois pages, indépendantes les unes des autres. On passe donc d'un sujet à l'autre et on fait même parfois des bonds dans le passé, jusqu'à l'enfance des personnages. Pourtant, on n'est jamais perdus : les petites histoires s'enchainent avec une fluidité vraiment agréable, et l'album se dévore en moins de trente minutes. Il faut croire qu'ils ont un don pour raconter l'adolescence au Québec : je pense par exemple à la série de BD Paul de Rabagliati ou encore à l'Esprit du Camp, qui ne raconte certes pas une histoire vraie mais est toujours très juste dans son traitement du sujet de l'adolescence.

Les autres, c'est une lecture vraiment fraîche et drôle : on s'amuse devant ces situations qui nous rappellent nos années parfois sombres, parfois absurdes, à découvrir la vie au collège. L'album est à retrouver à 18 euros chez Delcourt dans la collection Tapas.

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