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Sélection des quatre meilleurs albums d'Astérix (en toute subjectivité)

Franco-belge Le 25 mars 2020
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par LiseF
Sélection des quatre meilleurs albums d'Astérix (en toute subjectivité)

Hier nous apprenions la nouvelle du décès d'Albert Uderzo. Le co-créateur d'Astérix s'est éteint dans son sommeil à l'âge de 92 ans, quarante-trois ans après son acolyte René Goscinny. En 2018 lors d'une interview accordée au Parisien, l'artiste qui gardait un oeil attentif sur chaque nouveau tome des aventures de nos deux gaulois, avait affirmé qu'il souhaitait que la série s'arrête à sa mort.

On ne sait pas encore si la série sera effectivement stoppée. Mais en ces heures où nous repensons tous à ce monument de la bande dessinée franco-belge, j'ai eu envie de revenir sur les tomes qui m'ont le plus marquée. Astérix est de loin ma BD patrimoniale préférée. J'ai lu chaque tome plusieurs dizaines de fois, au début alors que j'apprenais tout juste à lire. La série m'a offert mes premiers gros fou-rires, grâce à ses gags reposant sur le comique de situation et ses jeux de mots accessibles. La magie de cette série c'est qu'en grandissant, on découvre les histoires d'un oeil neuf et on comprend d'autres ressorts comiques, plus pointus. Goscinny et Uderzo ont réussi à créer une série inter-générationnelle où chacun rira et s'étonnera pour des raisons différentes, encore aujourd'hui. De fait, il m'a été difficile de ne choisir que quatre tomes. Trêve de bavardage, les voici classés par ordre chronologique !

Le tour de Gaule d'Astérix

Le premier album de cette sélection est le cinquième tome de la série, dont la publication a démarré en 1963. Pour en finir avec le petit village d'irréductibles, les romains décident de construire un grand mur fortifié autour de son enceinte. Il en faut plus pour impressionner Astérix et Obélix qui lancent un défi à leurs ennemis : ils vont franchir le mur, faire le tour de Gaule et rapporter une spécialité culinaire de chaque région pour prouver leur visite. Ils deviennent alors de fugitifs, pourchassés par toute l'armée romaine.

L'une des raisons pour lesquelles j'adore ce tome c'est la BOUFFE. Déjà étant petite, mes yeux brillaient devant cette collection de mets variée, et qui m'étaient pour la plupart inconnus. Notre duo collecte du jambon, des bonbons, des quenelles, des saucisses... et se prête évidemment à un banquet de luxe. Cette raison très terre-à-terre m'a aussi amené à lire et relire Astérix chez les Helvètes, où les protagonistes s'offrent une fondue au fromage toutes les deux pages. Le tour de Gaule signe surtout l'arrivée d'Idéfix, qui meublera les cases sans trop intervenir. Le design des personnages a évidemment évolué du premier au dernier tome mais Idéfix est selon moi celui qui a le plus changé. Lors de ses premières apparitions, il est plus gros et une épaisse touffe de poils masque ses yeux. D'ailleurs le petit chien aurait pu également s'appeler Patracourcix, Papeurdurix, Trépetix, Paindépix, Toutousanprix ou encore Minimix : son nom a été à l'époque soumis au vote des lecteurs de Pilote.

Astérix et Cléopâtre

En 1963 Pilote annonce un nouvel épisode ayant nécessité "14 litres d'encre de Chine, 30 pinceaux, 62 crayons à mine grasse, 1 crayon à mine dure, 27 gommes à effacer, 38 kilos de papier, 16 rubans de machine à écrire, 2 machines à écrire, 67 litres de bière". C'est Astérix et Cléopâtre, sixième volume de la série. Après Le tour de Gaule, notre trio quitte sa terre natale et part bien plus loin, en Égypte où le pauvre architecte Numérobis a besoin de leur aide magique pour achever un chantier en un temps record. Ce sixième tome est une merveille graphique où Uderzo emprunte à l'esthétique égyptienne antique en représentant des hiéroglyphes, le sphinx gigantesque ou encore d'immenses déserts. Passionnée par cet univers étant enfant, j'ai dévoré encore et encore ce tome, contemplant la belle Cléopâtre et son grand nez.

La magie d'Astérix et Cléopâtre, c'est que non seulement l'oeuvre d'origine est excellente, mais ses adaptations sont également parfaites. Le dessin animé en long-métrage, sorti en 1968 et réalisé par les auteurs, est tout aussi beau et encore plus drôle que la version papier. La partie vocale en particulier est excellente, avec la chanson du lion que je n'ai jamais oubliée et la désopilante voix haut perché de la reine interprétée par Micheline Dax. Ensuite vint en 2002 le film réalisé par Alain Chabat, qui reste à mes yeux l'un des films le plus drôle de l'Histoire. Il paraîtrait que cette adaptation n'aurait pas été du goût d'Uderzo, estimant son humour trop éloigné de celui de la BD. Cela ne m'empêche pas de savourer les trois versions de l'oeuvre ! 

Le domaine des dieux

Publié en 1971, Le domaine des dieux est le dix-septième tome des aventures d'Astérix. Découragé face à la virulence du village, César décide de changer de tactique. Il a l'idée de construire autour du village des immeubles d'habitation afin d'inviter les romains à envahir la zone de vie des gaulois. Bien vite, les citoyens romains viennent faire leurs courses au village et César touche presque au but, de façon particulièrement sournoise. Évidemment tout ça se terminera avec une bonne grosse bagarre et la victoire de nos héros.

Je vous parlais plus haut des différents niveaux de lecture de l'oeuvre. Le domaine des dieux en est un bon exemple : Uderzo et Goscinny utilisent la thématique de la gentrification pour mettre à l'épreuve les gaulois. Enfant, je n'avais aucune conscience de ces enjeux mais j'ai quand même adoré ce tome. Je me souviens avoir passé des heures à contempler la double-page en début d'album, présentant le tract annonçant la construction des immeubles. Cette double-page fut l'un de mes premiers coups de coeur graphiques en BD ! J'avais aussi été touchée par la façon dont la première famille romaine devient une alliée du village, cassant le côté manichéen de la série. En 2014 l'album a été magnifiquement adapté en film animé par Alexandre Astier et Louis Clichy. Le film est très drôle et colle plutôt bien à l'histoire, mais le second film Astérix du duo, Le secret de la potion magique, est de mon point de vue bien plus désopilant. Il faut croire qu'Alexandre Astier est meilleur sur une oeuvre originale que sur une adaptation.

Astérix en Corse

On termine avec le vingtième tome de la série, Astérix en Corse, sorti en 1973. Pour fêter l'anniversaire de la bataille de Gergovie, les villageois et leurs invités décident d'attaquer ensemble le campement de Babaorum. Alors qu'ils mettent une dérouillée aux légionnaires, ils réalisent que ceux-ci détiennent un prisonnier. C'est Ocatarinetabellatchitchix, un Corse, et il n'est guère impressionné par les prouesses des gaulois. Une fois libéré, il leur explique qu''ils luttent aussi contre l'envahisseur sur son île natale. Astérix et Obélix décident donc de l'accompagner pour lui prêter main-forte.

Je vous parlais du potentiel comique de la série, ce tome-là m'a particulièrement fait rire. Le côté taciturne des corses est un gag récurrent qui me titille les zygomatiques à chaque fois. De plus je me souviens avoir défié ma mère à la prononciation des noms des corses, plus alambiqués les uns que les autres. Je trouve que ce tome retransmet très bien l'univers de l'île de beauté, ses chemins escarpés, sa végétation dense et sèche, autant de détails qui m'ont frappée quand, après avoir lu ce tome, j'ai visité l'île pour la première fois. Là encore je n'ai compris que plus tard la thématique de l'indépendance de la Corse, faisant écho aux tensions politiques qui agitent cette zone encore aujourd'hui.

Je l'ai dit, il m'a été difficile de ne choisir que quatre volumes. Même si les meilleurs datent évidemment de la période Goscinny-Uderzo, j'ai aussi beaucoup aimé Obélix et compagnie qui met plus en avant l'acolyte du héros. Et vous, quels sont vos quatre tomes préférés de la série ?

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