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Bayday, une nouvelle alternative au circuit classique de publication de BD ?

Général Le 20 dec 2019
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par LiseF
Bayday, une nouvelle alternative au circuit classique de publication de BD ?

C'est aujourd'hui qu'est lancé Bayday, une plateforme de publication de BD numérique qui casse les codes. Quelle est la particularité de cette plateforme ? Et en quoi est-elle engagée pour une meilleure reconnaissance des auteurs de BD ? Pour le savoir j'ai rencontré Thomas Astruc et Sébastien Ruchet, les deux fondateurs de Bayday. Ils m'ont présenté cette initiative, qui sort des sentiers battus...

Les auteurs au centre du processus de publication

Bayday, c'est une plateforme qui permet à n'importe qui de publier sa bande dessinée en ligne. Auteur confirmé ou débutant, chacun peut présenter sa production au public. La particularité de la démarche, c'est que l'auteur peut choisir de monétiser sa bande dessinée comme il l'entend : premier chapitre gratuit et le reste payant, tout gratuit, tout payant... C'est lui et non la plateforme qui décide de la commercialisation de son oeuvre. Bayday propose une quinzaine de contrats possibles s'adaptant à un maximum de situations. Pour les établir, l'équipe a collaboré avec le SNAC, syndicat des auteurs de Bande Dessinée. Sébastien Ruchet m'explique que l'idée vient avant tout d'un besoin de plateforme de la part des auteurs.

"On est partis du constat que sur internet on a des possibilités qui ne sont pas forcément bien exploitées pour les auteurs de BD aujourd’hui. Il y en a plusieurs qui passent par exemple par Tipeee mais il n'y a pas vraiment d'alternatives, donc c’est ce qu’on veut proposer avec Bayday. 70% des bénéfices reviennent au créateur et 30% à la plateforme. Et ceci avec le contrôle qui est laissé aux créateurs. L'auteur garde ses droits numériques et la publication sur Bayday est non exclusive."

En novembre nous vous parlions du dessinateur Ntocha, qui n'a jamais été payé par sa maison d'édition. En fait, les auteurs n'ont pas accès aux recettes de leurs livres, et ne peuvent pas savoir exactement combien d'albums ont été vendus, sauf en cas de bonne volonté de la part de l'éditeur. Ici, l'auteur sait exactement combien il gagne. De plus, Thomas Astruc et Sébastien Ruchet m'assurent que la plateforme s'occupera pour l'auteur des déclarations et du paiement des cotisations. Ce sont les deux grands travaux qui ont été développés pour le lancement de la plateforme : être à l'écoute des auteurs et respecter leurs besoin, et avoir une base juridique solide, d'autant plus que Bayday se destine à l'international.

Une initiative internationale

En effet, Bayday proposera des traducteurs qui pourront rendre les productions des auteurs accessibles à tous. Là encore, l'intiative vient d'une réelle nécessité selon Thomas Astruc.

"J’ai été en contact avec une association du Chili, qui m’a présenté un catalogue d’auteurs impressionnant, mais aucune de ces personnes n’était éditée en France. Parce que les auteurs doivent attendre que les éditeurs s’intéressent à eux, payent un traducteur... Avec Bayday, les auteurs n’ont plus à passer par un éditeur, en termes de liberté pour les créateurs et les diffusions des oeuvres, c’est un changement sans précédent."

Sur Bayday, les auteurs peuvent publier sans contrainte de taille, mais aussi se saisir de l'outil numérique. La plateforme en ligne actuellement n'est que la première version du projet, mais l'équipe a tout un tas d'idées pour la suite. La possibilité d'ajouter des animations par exemple, permettra aux créateurs de proposer des projets complétement nouveaux. Pour Thomas Astruc, ce changement ne pouvait pas émaner d'un éditeur.

"Si l’industrie de la BD doit bouger vers le numérique, ça doit passer par les auteurs. Les acteurs traditionnels n’ont pas d’intérêt à bouger, ça fonctionne pour eux. Il n'y a guère que les auteurs qui peuvent imaginer et apporter ce changement."

Avec Bayday, les auteurs devraient donc avoir toutes les cartes en mains pour amorcer ce changement. Il n'y a qu'avec le temps que nous pourrons voir si l'essai est transformé ! Thomas Astruc et Sébastien Ruchet ne m'ont pas donné de noms en ce qui concerne les participants à la plateforme, mais ils m'ont annoncé que plusieurs de leurs soutiens, qu'on peut découvrir dans la vidéo de présentation en début d'article, leur avaient déjà envoyé des planches et des couvertures pour participer. Le site a été ouvert aujourd'hui aux lecteurs comme aux créateurs, il faut donc le temps que le catalogue se remplisse. Pour vous tenir au courant des publications au jour le jour, un seul endroit : Bayday.com !

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