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Grand Prix du festival d’Angoulême : il est temps de primer des auteurs qui ont débuté sur internet

Général Le 09 jan
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par LiseF
Grand Prix du festival d’Angoulême : il est temps de primer des auteurs qui ont débuté sur internet

Aujourd’hui est encore une date marquante dans le rétroplanning du festival d’Angoulême. À trois semaines de ce week-end incontournable dans le monde de la BD, les auteurs sont appelés à voter pour ceux ou celles à qui ils souhaitent attribuer le Grand Prix du festival d’Angoulême. Une jolie distinction, qui fait honneur à la carrière entière de l’artiste.

Chacun votera en son âme et conscience : parce qu’il considère que son dernier album en date est génial, que c’est une personne formidable, que ses talents de dessinateur ou de dessinatrice ou de scénariste sont incontournables… Mais moi, j’ai une proposition. Si vous me connaissez bien vous allez penser “elle va dire qu’il faut voter pour une meuf encore”. Alors : OUI je pense qu’il faut qu’une femme gagne ce prix, parce qu’en 45 ans d’existence seules deux auteures ont été primées. Mais vous le savez sûrement, puisque j’exprime régulièrement mon opinion par rapport à cette problématique, par exemple dans mon article sur la sélection de l’ACBD ou encore celui sur le prix Artémisia.

Les blogueurs BD ont maintenant une carrière

Non, cette fois j’aimerais qu’on évoque l’idée d’élire un artiste issu du numérique. En effet, parmi les nombreuses personnalités choisies au fil des années, il y a des auteurs qui ont officié sur internet. Je pense par exemple à Lewis Trondheim, qui publie régulièrement ses jolies illustrations sur son blog Les Petits Riens. L’auteur s’est même donné cette année comme challenge de publier un dessin par jour sur instagram (visiblement c’est une aventure muette de Lapinot, et c’est TRÈS beau). 

Mais peu d’auteurs pour l’instant dans cette sélection ont fait leurs débuts sur internet. Aucune discrimination là-dedans, pour moi ce constat est logique. Chaque personnalité primée a derrière elle une longue carrière faite de multiples publications. Or, la tradition du blog BD et de l’exhibition de son travail sur internet de manière générale, est plutôt récente dans l’histoire de la BD. Rappelons qu’internet a fait son arrivée dans les foyers en 1994 et ne s’est démocratisé que dans les années 2000. Le magazine Fluide Glacial est plus vieux du haut de ses 40 ans, et le Journal Spirou lui, totalise presque 80 années d’existence !

Il fallait donc attendre que les auteurs qui aient débuté sur internet se forment, apprennent, se créent une carrière au rythme des publications et des collaborations. Et je pense que ce temps est venu ! Boulet cartonne avec ses Notes, a collaboré avec Neil Gaiman, et co-dirige aujourd’hui la collection Octopus chez Delcourt. Pénélope Bagieu a éveillé bien des consciences avec ses Culottées, d’ailleurs préalablement publiées sur un blog du Monde. Et avant ça, elle m'émerveillait avec California Dreamin’. Marion Montaigne continue à me faire mourir de rire régulièrement avec ses notes sur son blog. Bon, ça ne marche pas totalement pour Marion Montaigne parce qu’elle n’a pas tout à fait débuté sur internet. Mais je serais quand même ravie si on votait pour elle.

La BD sur internet, un art à part entière

Non seulement plusieurs auteurs de BD qui ont débuté sur internet ont aujourd’hui une carrière assez conséquente pour être élus, mais en plus je pense qu’il est temps de reconnaître la BD numérique. La bande dessinée aujourd’hui n’est plus uniquement sur papier : elle se lit aussi sur internet, ce qui permet d’ailleurs de nouvelles pratiques et des expérimentations très intéressantes. Il suffit de parcourir les oeuvres du Challenge Digital de cette année pour s’en rendre compte. D’ailleurs même s’il publie sur papier, Boulet n’hésite pas lui aussi à expérimenter régulièrement sur son blog, avec des cases en gifs ou des notes à scroller.

Pour moi, élire un ancien (ou actuel) blogueur BD au Grand Prix de la ville d’Angoulême, serait un symbole. Un symbole d’un domaine artistique tourné vers l’avenir et les nouvelles pratiques. Maintenant, c’est aux auteurs d’en décider !

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