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Les réseaux sociaux signent-ils la fin des auteurs de BD sur internet ?

Général Le 28 mars 2018
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par LiseF
Les réseaux sociaux signent-ils la fin des auteurs de BD sur internet ?

L'image d'illustration est extraite du blog de Mirion Malle, Commando Culotte

Si vous lisez cet article, c'est peut-être parce que vous l'avez vu passer sur facebook ou sur twitter. Pour une partie d'entre vous, c'est parce que vous l'avez vu en allant directement sur la page d'accueil de 9emeArt. Mais pour beaucoup de monde, visiter des sites web passe par une première face d'exploration sur les réseaux sociaux. Et ce comportement, il représente un gros problème pour les auteurs de BD qui souhaitent se faire connaître en ligne.

Les auteurs de BD forcés à utiliser les réseaux sociaux

C'est Mirion Malle l'autrice du blog Commando Culotte, ensuite adapté sur papier chez Ankama, qui a soulevé cette question fort intéressante sur twitter. Une question que nous avons eu envie d'aborder sur 9emeArt puisqu'elle concerne les auteurs mais aussi les lecteurs de BD en ligne. Mirion Malle explique qu'il devient de plus en plus difficile d'atteindre ses abonnés sur facebook avec ses publications. En effet, le réseau social ne les diffuse pas à tous les abonnés, et réduit son nombre d'abonnés touchés (qu'on appelle le reach) si le poste ne remplit pas certaines conditions. C'est d'ailleurs ce que remarque l'autrice.

"Les algorithmes fb et instagram par exemple détruisent complètement le travail d'un gros tas d'autrices.eurs c'est l'enfer. Genre, on montre qu'à un petit % des followers et en fonction de leur likes on va peut être montrer à d'autres.

Les gens qui te suivent ne voient plus ton travail. Voila. À moins que tu te plies complètement aux exigences des plateformes, et encore."

Publier en natif est un bon moyen d'augmenter son reach. Une image ou une vidéo postée directement sur facebook atteindra plus de gens qu'un simple lien. De fait, les auteurs, s'ils veulent être lus par le plus grand nombre, se retrouvent contraints à publier directement sur facebook. Une situation qui n'est pas gênante pour tout le monde : Emma par exemple arrive à atteindre beaucoup de lecteurs avec ses BD très pédagogiques comme celle sur notre rapport au travail ou encore sur la grève des cheminots. Mais si ce support lui convient, ce n'est pas le cas de tout le monde. Les auteurs qui ne  communiquent que sur facebook sont soumis à des contraintes de tailles, de formats... Là où ils sont libres d'expérimenter comme ils en ont envie, quitte à bidouiller du code, sur leur propre blog. Si les blogs BD avaient démarré sur facebook, on ne connaîtrait probablement pas le turbomédia, par exemple. 

Sur internet, des habitudes de lecture qui ont changé

Je vous vois venir : pourquoi les auteurs utilisent facebook alors ? Tout simplement parce que tout le monde est dessus ! Ces dernières années, les usages des internautes ont énormément changé. Ils sont de moins en moins nombreux à aller directement sur leurs sites favoris, et préfèrent s'abonner à la page facebook des dits sites pour être tenus au courant de leurs actualités. Un comportement qui pose problème, parce qu'alors facebook a le pouvoir si le coeur lui en dit de favoriser telle ou telle publication. Et si les dirigeants du réseau social considèrent que les blogueurs BD ne méritent pas d'être lus parce qu'ils ne leur donnent pas d'argent (en payant pour des publicités par exemple), libre à eux de limiter leur reach.

Si seulement il était uniquement question de vues, de likes et de reach, ça ne serait pas si grave. Malheureusement cela a un impact direct sur la carrière de beaucoup d'auteurs. Aujourd'hui, nombreux sont les auteurs de BD qui percent, à être d'abord passés par internet. Pénélope Bagieu par exemple, est l'une des autrices de BD les plus connnues du grand public. Et elle a commencé par un blog BD, qui a peu a peu pris de l'ampleur et lui a permis d'acquérir un public.

Alors il y a les modes de financement alternatifs qui n'obligent pas à publier des BD papier, comme Tipeee. Mais comme l'explique si bien Mirion Malle :

"Les gens attendent souvent D'AUTRES contreparties que juste le travail déjà fourni. Des avantages, des goodies, etc. Alors que ben, c'est du travail en plus. Cruellement sous sous sous payé. Payer un.e artiste est devenu rendre un service....."

Un compte Tipeee c'est toute une affaire à gérer, et il faut trouver le temps : avec un enfant à charge par exemple, c'est très compliqué. C'est d'ailleurs ce que nous expliquaient Yatuu et Maliki dans notre enquête sur Tipeee.

Alors on fait quoi ?

Les blogs BD, c'est cool parce que ça permet de lire du contenu gratuitement. Mais il ne faut pas oublier que derrière ces notes de blogs, il y a des artistes qui pour beaucoup essaient de vivre de leur passion. Dans un premier temps, c'est vraiment leur rendre honneur de passer directement par leur site, régulièrement, pour être au courant de leur actualité. Sur 9emeArt, un joli pourcentage de nos lecteurs choisissent encore de passer directement par notre page d'accueil pour lire nos articles, et ça nous rend très fières.

Mais ce n'est que la première étape : quand un auteur que vous aimez bien en ligne édite ou auto-édite une BD, il est important de l'acheter. Reconnaître leur travail gratuit c'est bien, donner une valeur à ce travail en achetant, c'est mieux. Et d'ailleurs sachez que Commando Culotte est toujours disponible chez Ankama !

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