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Édito #12: L’Attaque des Titans, la timide relève du shônen en France ?

Manga Le 03 juin 2014
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par AlexLeCoq
Édito #12: L’Attaque des Titans, la timide relève du shônen en France ?

La vie d’un shônen est un cercle (et ce n’est pas Rustin Cohle qui irait me contredire). Si ce type de manga est le plus prolifique de l’industrie en terme de chiffres de ventes si on le compare à ses cousins/cousines les seinens ou les shojo, il navigue au gré des séries mythiques qui se succèdent et se remplacent. Ainsi, nous avons eu la chance de voir passer les dignes représentants du genre que sont Dragon Ball ou Saint Seiya avant de voir arriver la dernière grande génération de shônen dont les héritiers sont évidemment One Piece et Naruto. Malheureusement, arrivés au tome 73 pour le premier et 66 pour le deuxième, il semble qu' Eiichiro Oda et Masashi Kishimoto commencent à accuser le coup des années et les intrigues s’étirant, les cloches de la retraite semblent sonner au loin. Certains diraient que si la Shueisha tire sur la couenne de ses deux séries phares, c’est qu’ils ont encore leur place dans une industrie où les dignes successeurs n’ont pas encore point le bout de leur nez noir et blanc.

Pourtant, la relève est arrivée depuis bientôt 5 ans dans les bacs depuis 5 ans avec le manga de l’auteur japonais de 27 ans Hajime Isayama, Shingeki no Kyojin. Ce nom ne sonne pas clairement dans vos oreilles ? C’est normal puisque la série est arrivée en France depuis bientôt un an sous un autre nom, l’Attaque des Titans. Se déroulant dans un univers purement fantasy médiévale, l’œuvre de Hajime Isayama prend place dans un monde dystopique dans lequel l’humanité, dont la population a drastiquement diminué, (sur)vit dans des villes entourées de murs gigantesques les protégants de Titans. Ces derniers, qui ressemblent à des humains pour le moins glauques, ont un fâcheux goût prononcé pour la chair humaine et ne vivent que pour manger les hommes et ce jusqu'au dernier. C’est ainsi que nous retrouvons le jeune Eren Jaeger, qui passe paisiblement sa jeunesse dans une de ces villes aux allures médievales. Tout se passe bien dans le meilleur des mondes au bord de l’extinction jusqu’au jour où un giganteste titan apparaît et crée une brêche dans la muraille formant le dernier rempart face à l’invasion des créatures carnivores. Le jeune homme s’en sort in extremis avec son ami Armin et sa demi-sœur Mikasa mais il promet d’intégrer les forces armées de l’humanité pour en finir avec cette menace qui les oblige à vivre dans la peur.



Un scénario digne des plus grands films catastrophes et la formule plaît véritablement au Japon puisque Shingeki no Kyojin a véritablement engendré un phénomène au pays du Soleil Levant. Fraîchement lancée, en 2011, la série connait un incroyable succès critique et économique puisque l'Attaque des Titans, qui reçoit le titre de meilleur shonen par la Kodansha en 2011, réussit rapidement à se glisser dans le top 15 des séries les plus vendues avec 3 766 194 d'exemplaires qui ont trouvé un toit. La Kodansha est d’ailleurs bien décidée à faire de l’Attaque des Titans son nouveau cheval de course et décide d’offrir une armée de produits dérivées autour de sa série. Et l’éditeur monstre ne se prive d’aucun pan de la culture puisqu’il décide de donner au manga, un light novel pour étoffer son univers, une série spin-off mais aussi un film live qui est annoncé en 2011, soit deux ans à peine après le début de la série. L’éditeur passe aussi par une case qu’il ne peut pas pas louper et qui projette encore plus la série en avant, la série animée. Encore une fois, elle y met les moyens puisque c’est nul autre que le studio Production I.G (Ghost in the Shell) qui gère la création de l’anime en mettant sur pied spécialement pour l’occasion une nouvelle filiale, Wit Studio. La série TV, qui a une véritable identité visuelle et dont l’animation est incroyablement propre, propulse dont la série papier dans les statosphères de la bande dessinée japonais. Devenu un véritable phénomène de société au Japon, au point de s’incruster dans des pubs ou dans les fast-foods, l’Attaque des Titans réussit l’incroyable pari de doubler les chiffres d’affaires de la Kodansha et vient de détrôner, pour la première fois depuis 5 ans, One Piece en termes de ventes globales.

Pourtant, la série de Hajime Isayama est arrivée en France depuis maintenant un an et le déclic que le japonais ont connu pour cette série n’a pas eu lieu dans nos belles contrées. Difficile de ne pas sentir un peu le pétard mouillé avec la série qui est éditée chez nous par Pika Editions puisque maintenant, et avec internet, une série comme l’Attaque des Titans aurait du être un évènement lors de son arrivée dans le pays de François Hollande. Et cela n’a clairement pas été le cas. Évidemment, l’Attaque des Titans est un succès en France puisque Laure Peduzzi annonçait l’année dernière que la série s’était vendu à 125 milles copies sur six mois (via JournalduJapon). Le succès de la série est véritablement incomparable à ceux de séries phares comme One Piece ou encore Naruto dont le tome 1 se vend encore aujourd’hui à 300 exemplaires par semaines, douze ans après sa parution. Ce manque d’intérêt du lectorat français pour l’œuvre vient peut-être du fait que, malgré une identité visuelle qui pioche clairement dans des codes européens et notamment allemands, la série aborde des thèmes qui parlent très peu aux lecteurs lecteurs français. En effet, la série est une véritable référence sur patte à l’histoire du Japon et met en éxergue le sentiment d’isolation, de par sa situation géographique et politique, à laquelle doit faire face le Japon. Un pays qui, aujourd'hui, peut difficilement se défendre face aux menaces limitrophes, comme la gargantuesque Chine.



Les succès fulgurants de Naruto et de One Piece seront difficiles à reproduire dans notre pays où ces deux œuvres sont devenues des phénomènes de pop culture à la manière de Dragon Ball ou Saint Seiya. Il faut dire que la série animée de l'Attaque des Titans, qui pourrait clairement aider à propulser la série, n'a bénéficié à l'heure actuelle que d'une diffusion sur Wakanim en France. Si les services de sites de streaming de manga en simultcast fonctionnent très bien, ils ne jouissent pas encore d'une aura aussi important que la télévision, qui n'a visiblement pas encore de plans pour diffuser Shingeki no Kyojin à l'écran. On pense notamment à la chaîne Game One ou même sa petite sœur J-One, lancée l'an dernier, qui pourrait clairement pousser un peu le succès français de l'œuvre de Hajime Isayama

Une chose est sûre, étant donné le succès de la série dans le reste du monde (notamment aux USA), le temps est compté avant que les Titans se rappliquent en masse dans l'Héxagone pour dévorer les restes du ninja blond et du pirate aux bras extensibles...
 

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