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Édito #42 : Que retenir de ce premier épisode de Dragon Ball Super ?

Manga Le 06 jul 2015
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par Sullivan
Édito #42 : Que retenir de ce premier épisode de Dragon Ball Super ?

Hier, le monde avait les yeux rivés sur deux légendes sur le retour : la Grèce d'abord, dont le peuple a livré une cinglante réponse à l'Europe, Dragon Ball ensuite, de retour après 19 ans d'absence et l'arrêt de sa diffusion sur FujiTV un 31 Janvier, en 1996. Nous étions alors des millions à retrouver Goku et sa famille pour le premier épisode de Dragon Ball Super, suite canonique de la saga légendaire à priori chapeautée par Toriyama.

Il était certain que l'attente et l'espoir nourris par des hordes de fans désireux de retrouver les moments les plus épiques que peut procurer Dragon Ball seraient un poids au dessus de la tête des ayant-droits, dont on imagine un intérêt plus pécuniaire qu'artistique si l'on veut chercher les raisons expliquant ce retour. Pourtant, je ne vous cache pas que je trouve les premiers retours sur la série presque trop durs, tant ce premier épisode et son format (20 minutes à peine) ne permettent pas de développer de véritable intrigue. Si l'on sait que Bills / Beerus sera de nouveau l'antagoniste de cette aventure après être apparu dans son film, Battle Of Gods, Dragon Ball semble d'ailleurs garder ce je-ne-sais-quoi de bordélique dans sa continuité, puisqu'il est aujourd'hui difficile d'expliquer la temporalité de ce qui nous est présenté. 

Se déroulant officiellement 6 mois après la défaite de Buu, ce pilote se concentre sur la fameuse prime des 100 millions de zenis promise à celui qui vaincrait l'alien rose le plus badass du Japon, un bon moyen de reconnecter les enjeux légers sur lesquels nous nous étions quitté et cette volonté de remettre le pied à l'étrier. Il était sûr que Super ne pouvait pas démarrer sur les chapeaux de roues et nous proposer d'entrée un combat plus colossal que jamais, et j'ai trouvé l'approche familiale de cet épisode plutôt intéressante, en témoigne la nostalgie que j'ai ressentie, elle que je pensais pouvoir snober sans trop de difficultés. À l'exception de Goten qui semble avoir perdu 4 ans d'âge mental en 16 mois et Videl qui s'est rangé en femme au foyer plus vite encore que la controverse qu'elle ne manquera pas de créer à l'heure d'Internet, j'ai (re)trouvé des personnages que j'aime, un Goku toujours aussi lamentable dans son rôle de père que charismatique, un Trunks plus espiègle que jamais et quelques caméos plutôt efficaces bien qu'absurdes, à l'image de Tortue Géniale

Évidemment, il serait de bon ton de ne pas sombrer dans l'angélisme et dans l'empathie devant 20 minutes de nos héros préférés en mouvement, et plusieurs défauts (parfois effrayants pour la suite) ponctuent trop souvent les qualités de cet épisode. Le premier d'entre eux concerne l'animation, tantôt brillante et prête à nous arracher une larme avec les fabuleux opening & ending que livre la série, tantôt à la ramasse et souffrant de la 3D, une approche incontournable de l'animation de notre époque. L'un des exemples les plus probants restant le passage du serpent, au design Toriyamesque à souhait mais dont l'animation trahit une technique malvenue tant ce dernier "flotte" aux côtés de Trunks et Goten. 

L'autre gros problème qui se pose à mes yeux, c'est celui de la modernisation du contexte et de l'univers de Dragon Ball, m'amenant à me poser de vraies questions sur l'implication d'un Toriyama que l'on sait maître à bord lorsqu'il s'agit d'imaginer ce qui entoure nos héros. Ainsi, les boutiques ressemblent à des Sephora (passe encore), mais celles-ci sont surtout remplies d'humains, tout ce qu'il y a de plus anthropomorphes. Fini les aliens, les vendeurs à tête d'animaux, les designs ronds et fous, les boutiques absurdes et j'en passe. Tout semble rationalisé, comme pour mieux coller aux desiderata d'un public vieillissant et susceptible de mieux grimper dans le wagon si on lui présente ce qu'il connait de mieux, le monde réel. 

Enfin, si je pardonne sans mal cette intro' familiale (qui devrait se poursuivre avec un second épisode consacré à Vegeta et sa troupe), la question de l'enjeu se pose inéxorablement. Bills (et le twist qui le lie à son "valet") est déjà connu du public, la prochaine transformation de Goku aussi, si bien que je demande ce qui pourra maintenir notre intérêt en éveil à l'heure de sortir les poings et de s'offrir chaque Dimanche une bonne baston comme dans les 90's. Pour l'instant, ne boudons pas notre plaisir de voir Dragon Ball de retour sans trop se compromettre (acceptons que la saga nous a toujours offert ce genre d'épisodes et de moments en famille, c'est d'ailleurs l'un de ses plus beaux enseignements), et laissons sa chance à la production de la série, qui nous promet déjà des moments épiques. Si l'on considère en plus que nous sommes lancés dans une aventure de plus de cent épisodes, m'est avis que l'on peut facilement pardonner une incartade de 20 minutes à la ferme de Goku, piètre agriculteur de son état.

Bonus-Track : Il vous rappelle quelqu'un, ce vendeur de bijoux ? C'est normal, c'est Akira Toriyama lui-même ! 

Oh le joli Cameo (Meo) de Toriyama dans Dragon Ball Super ! pic.twitter.com/SUvBPaEEGi

— Sullivan ROUAUD (@SullivanROUAUD) 6 Juillet 2015
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