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Please Hollywood #8 : Jojo's Bizarre Adventure par Sion Sono

Manga Le 26 mars 2015
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par Alfro
Please Hollywood #8 : Jojo's Bizarre Adventure par Sion Sono

Cette semaine, notre Please Hollywood est le bébé d'un de nos lecteurs, FabJove, qu'on remercie chaleureusement pour ses idées. Fan de Jojo's, bonne lecture ! - Republ33k.

Aujourd'hui, on s'improvise rédacteur pour le réseau ARTS, et on tente de faire entrer en collision deux univers bien particuliers : celui du meilleur shônen de tous les temps, Jojo's Bizarre Adventure, et celui du réalisateur japonais Sion Sono. Avec Jojo, on s'attaque clairement à l'inadaptable, à l'invendable. Malgré tout, l’œuvre protéiforme d'Hirohiko Araki possède 12 tomes plus faciles à appréhender, posant les bases d'un univers qui sera de toute façon appelé à être étendu.

Jojo's Bizarre Adventure, est une œuvre qui possède de toute façon une proximité importante avec la culture européenne. Ses deux premières parties se déroulent presque exclusivement sur le continent et tiennent manifestement leurs inspirations du cinéma européen (surtout du cinéma bis), tout en conservant l’extravagance et l'inventivité qui caractérise la bande dessinée japonaise, ce qui en fait des objets d'adaptation intéressants. Plus concrètement, avec Phantom Blood et Battle Tendancy, il y a moyen d'obtenir deux très bons films d'Action-Aventure, mêlant drame familial, scène de baston totalement débridée et humour absurde, qui se dérouleraient dans un contexte immédiatement évocateur pour les spectateurs même les moins éclairés.

Réalisation

Et qui est le mieux apte à retranscrire l'esprit Jojo's dans un film d'action totalement barré ? J'appelle à la réalisation le génial Sion Sono. Celui qui est aussi écrivain et poète, bien que travaillant totalement en dehors du système hollywoodien, serait le candidat parfait pour l'adaptation de cette œuvre majeure. Le très prolifique réalisateur de Suicide Club, Love Exposure ou encore de Why don't you play in hell ? saura retranscrire l'hystérie, l'héroïsme et le côté kitsch qui caractérisent les personnages et l'univers d'Araki, tout en mêlant aux messages humanistes du matériel d'origine un propos plus subtil sur la perversité (teinté d'érotisme), l'éclatement de la structure familiale (et les liens fraternels) ou encore la croyance (et l'obsession), qui sont des thèmes récurrents de ses métrages (et cela ne compte que pour Phantom Blood, dont la trame peut facilement être « épaissie »).

D'autre part, Sion Sono a démontré jusqu'ici un certain talent de réalisateur. Sono est sans aucun doute un esthète, qui même s'il est quelque fois un peu maniéré (abus de ralentis, ou de caméra portée) est apte à la construction de véritables moments de cinéma, notamment par sa grande polyvalence, dans les techniques et formats choisis tout comme dans les univers qu'il est capable de développer. Le réalisateur est par ailleurs capable de toucher à l'excellence quand il s'agit de filmer des scènes d'action, et imprime un rythme dingue à ses films. Ainsi, il saura construire des films où l’univers sera un vecteur de l’action, qui semblera ne jamais s’arrêter. Et dernier argument, le bonhomme sait imprimer une véritable ambiance à ses films, souvent glauques, et sait mélanger les tons, en y insérant un humour burné (et burlesque) qui sierra bien aux fans de la première heure.

Casting

Liam Neeson (Lord Joestar)

Henry Cavill (Jonathan Joestar)

Tom Hardy (Dio Brando)

Adrian Brody (William Zeppeli)

Lee Pace (Speedwagon)

Rachel McAdams (Erina)

Aaron Taylor-Johnson (Joseph Joestar)

Ezra Miller (Ceaser Zeppelli)

Carrie Anne Moss (Lisa Lisa)

Du côté des hommes du pilier (En performance capture) :

Jason Momoa (Cars)

Rodrigo Santoro (Esidisi)

Raz Degan (Wham)

Direction Artistique

La direction artistique des films devra retranscrire l'atmosphère « bizarre » du manga. Les films devront sans aucun doute afficher une débauche de moyens (on passera les considérations sur le filmage, nécessitant une pellicule crasseuse permettant un grain très organique). A la fois dans les décors (naturels), extrêmement diversifiés, de l’Angleterre victorienne à l’Italie de l’entre-deux-guerres en passant par le Mexique. Les costumes, devront être des créations d'Arak, et la direction photographique devra les mettre en valeur à travers un festival de couleurs proches de ce que l’anime sorti récemment a offert. (On fait confiance à l'équipe du chef-op' de Tokyo Tribe). Ou encore les effets spéciaux, qui pourraient rester modestes, bien qu'on parle ici de personnages capables de fendre la pierre avec leurs petits poings...

La BO, comme c'est souvent le cas dans les films de Sion Sono, pourra être composite. Entre musique classique, pop d'époque ou japonaise totalement over the top. Elle viendra souligner des passages d’une grande théâtralité allant du drame au total absurde, que l’on essaiera toutefois de faire correspondre aux canons européens. Mais attention, la trame principale des deux premières parties sera respectée, d'autant plus que l'on pourra facilement s'inspirer d'autres films dans le traitement (Je pense notamment à Barry Lyndon pour Phantom Blood, ou à Indiana Jones pour Battle Tendancy, dans une version parodiée).

Nous serions face à deux adaptations possédant leurs identités propres. L’une comme l’autre seraient extrêmement centrées sur leurs personnages, leurs psychologies, et le rapport de chacun des protagonistes à la figure du héros. Et l'une comme l'autre disposeraient sans doute de scènes d'action impressionnantes, qui auraient comme premier mérite de ne pas être sur-découpées, (et bénéficieraient d’un certain soin dans la chorégraphie, qu’on apprécierait mieux grâce aux ralentis que Sono affectionne). Mais tandis que Phantom Blood possèderait une structure de drame Shakespearien (en actes bien définis), Battle Tendancy serait une pure orgie pop et pulp, qui ferait autre chose des codes du film d’aventure classique : notamment dans la narration, plus décousue, qui laisserait la place à tous les personnages importants.

Question centrale : Est-ce que ce film converserait les Jojo Poses ? Évidemment. Rien ne les mettraient plus en valeur que les cadrages made in Sion Sono.

Bon, pour faire simple, et faire gagner du temps à certains : Ce film est infaisable. Mais c'était plutôt cool d'y réfléchir.

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