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Paperback - rencontre avec Basile Béguerie, directeur du nouveau label Comics de Casterman

Comics Le 02 mai 2018
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Paperback - rencontre avec Basile Béguerie, directeur du nouveau label Comics de Casterman

L'année passée aura vu se créer une nouvelle émulsion du côté de l'édition française des comics. L'arrivée du catalogue Aftershock chez Snorgleux, le lancement de HiComics, une nouvelle collection chez Glénat pour accueillir les titres Archie : on se plaît à suivre ces impulsions, et c'est à cet égard que nous accueillons d'un oeil curieux le nouveau label comics de l'éditeur Casterman, qui répond au nom de Paperback, dont les premiers titres arrivent le 2 mai 2018 - oui, c'est aujourd'hui.

C'est installé confortablement dans les locaux de l'éditeur que je suis allé à la rencontre de Basile Béguerie, celui à qui on doit l'arrivée de ce nouvel éditeur de comics indépendants, dont la proposition en termes de BD pourrait bien se démarquer du reste du marché - vous comprendrez vite pourquoi. L'arrivée du nouveau label est pour nous l'occasion d'aller, une fois de plus, regarder dans le détail le processus d'édition, et s'intéresser à un métier pas forcément connu ou assez mis en avant auprès des lecteurs. En route !

Paperback : la construction d'un nouveau label comics

Mais avant de parler des titres choisis, quelques questions préliminaires viennent immédiatement à l'esprit. Premièrement, pourquoi Casterman se lance-t-il dans le comic book ?

"C’est né d’une envie. C’est moi qui suis allé demander à Casterman s’ils avaient envie que je leur propose des titres pour lancer un petit label, et pourquoi pas, publier ce qui n’était pas publié en France et qui pour moi méritait de l’être. C’est né d’une envie de ma part et j’ai eu la chance que Casterman me fasse confiance et accepte de se lancer dans cette aventure.

Si on regarde le catalogue de Casterman et les auteurs qu’il publie depuis des années, on se rend compte qu’il y a des argentins, des espagnols, des américains, des japonais, et des chinois. C’est un éditeur qui a un catalogue international, et toute une collection manga. Il restait un domaine non exploré, qui est le comics, dans le sens de la bande dessinée de genre anglo-saxonne - car on a publié des romans graphiques, comme celui de Craig Thompson."

Sans précédent au sein de Casterman, il donc fallu construire son label de A à Z, avec une première étape évidente, celle du nom, au-delà d'un banal Casterman Comics jugé un peu lourdaud.

"On a beaucoup cherché de noms de label. Je cherchais un terme à la fois technique, un clin d’oeil, et à consonance anglo-saxonne. Le trade paperback c’est le nom que tous les amateurs de VO connaissent car c’est l’album qui réunit les fascicules mensuels. J’aimais bien l’idée. Le nom claque, avec ses trois syllables. Techniquement, le TPB c’est une édition bon marché, c’est généralement associé à du souple, du broché. Nous allons évidemment faire des albums cartonnés de très bonne qualité, vu que c’est le standard du marché. Mais je voulais garder le côté littérature de genre, littérature populaire qui est associé à l’expression paperback aux US, d’où le nom."

 

C'est ensuite que vient l'étape décisive : quelles oeuvres éditer, et de quelle façon se déroule ce processus, jusqu'à l'arrivée des livres entre les mains du lectorat. 

"Il faut d’abord trouver les titres. On regarde ce qu’il y a comme nouveautés, mais aussi dans ce qu’on appelle le back catalogue, des titres sortis il y a quelques années aux US qui n’a pas trouvé forcément preneur en France, qui est peut-être passé sous le radar de certains éditeurs. On choisit le plus important :  les albums. Les bouquins susceptibles de nous plaire, et autour de ça on va construire quelque chose pour les présenter au public. L’idée était de créer un label vraiment à consonance anglo-saxonne en disant “on sait que c’est du comics, c’est identifié comme tel”, pour l’amener au public “comics” en France.

Une fois le titre choisi, on négocie l’achat de droits, on le fait traduire, lettrer, et on décide aussi d’une charte graphique pour que les livres soient identifiables immédiatement en librairie. Pour Paperback, on a ce principe de l’éclatement de vignettes sur les couvertures avec les gros blocs titres pour montrer tout de ce suite ce qu’il y a à l’intérieur. L’histoire commence dès la première de couverture. Ce sont toujours les livres qui font le label et pas l’inverse. Ensuite on en parle autour de nous et on attend le moment fatidique où ils vont trouver leurs lecteurs, en passant par les libraires et en expliquant la démarche. Et c’est ensuite entre les mains du public."

Mech Academy et Au Temps des Reptiles : deux titres radicalement différents pour le lancement

Puisqu'on parle des livres qui vont lancer le label Paperback, venons-en à eux : d'une part, on retrouve Mech Academy de Greg Pak et Takeshi Miyazawa, et de l'autre, Au temps des Reptiles, de Ricardo Delgado. D'un côté, un pur produit de pop culture en véritable brassage des genres et des influences. De l'autre, un titre entièrement muet sous forme de documentaire animalier sauvage et sans concessions. Pas forcément ce qu'on se représente de plus populaire dans le milieu.

"Je dirais que les titres que j'ai choisis sont accessibles. Ils sont pas populaires dans le sens que ce ne sont pas des licences, franchises connues, même s’il y a des gens qui ont travaillé sur des licences ou franchises connues. Sur Mech Academy on a Greg Pak qui est quand même l’un des grands scénaristes actuels chez Marvel, on a Miyazawa qui était sur Ms Marvel. Les titres ne sont pas forcément populaires mais ils peuvent les devenir car ils abordent des genres assez larges : de la SF, du polar... ils mettent en avant des thématiques qui ne sont pas spécialement obscures : les dinosaures et les robots géants ne sont pas non plus quelque chose de très élitiste. Ils ne sont pas populaires, ils peuvent l'être, et j’espère qu’ils le seront."

On en vient alors aux raisons précises qui ont poussé l'éditeur à se pencher sur ces deux titres, respectivement publiés chez Boom! Studios et Dark Horse, deux éditeurs qui n'ont pas forcément la même résonnance qu'un Image Comics quand on évoque les "comics indé" dans la sphère des lecteurs français - un biais de préjugé à combattre, par ailleurs.

"L’idée de Paperback c’est de montrer la variété graphique qu’on peut trouver aux US. Même quand on s’y connaît on peut avoir une vision un peu réductrice du comics : un style particulier, un genre spécifique lié au super-héros. Certes, Image est incontournable, et on a des titres Image qui vont arriver. Mais Boom fait aussi de petites pépites, et Dark Horse n’a plus à prouver sa légitimité.

Pour en revenir au choix, on a vraiment construit Paperback autour de Mech Academy. J’ai lu le premier single avant qu’il ne sorte. Et j’ai immédiatement su que je voulais cette série. Je ne savais pas où Pak allait avec ça, mais le fait qu’il pose son univers aussi bien - je suis sensible à la base aux robots géants, donc il faut que ça soit très bien traité pour que ça me plaise - je me suis dit ce n’est pas possible qu’il se plante, ça va forcément être bien. On a acheté les droits immédiatement, et j’attendais ensuite avec un mélange d’appréhension et de joie chaque numéro, chaque mois, pour voir si je m’étais trompé ou non. Et à chaque chapitre, il me mettait un nouveau rebondissement, il construisait son univers - c’est vraiment l’idée que je me fais du comics.

Ca te fait rêver, c’est du genre pur et dur, ça te raconte quelque chose aussi. C’est une oeuvre tous publics, pas spécialement pour les enfants ou les adultes. Si tu as des références en robots géants tu vas y trouver ton compte, si tu n'en as pas... Tu n’en as pas besoin en fait. Finalement c’est Harry Potter à l’école de Pacific Rim, une fois dit t’as compris le concept qu’il y a derrière. Et ça s'inscrit aussi dans la lignée de ce que fait Casterman dans son catalogue. Des oeuvres grand et tout public. "

A cette réflexion, je lui indique quand même qu'Au Temps des Reptiles est moins tous publics. D'une part, par sa nature de bande dessinée muette ; d'autre part, car le titre de Delgado est assez violent par moments.

"Il faut avoir un peu plus que cinq-sept ans pour le lire car c’est assez carnassier. Il y a du gore, ça ne fait pas semblant. Pour moi c’est un documentaire animalier sans voix off, sans artifice, car il n’y en a pas besoin. Je trouve ça aussi intéressant d’apporter au public un titre qui dit “regardez l’étendue de ce qu’on peut trouver en BD américaine”. Il y a aussi des types qui racontent ce genre d’histoire, et on n’est pas pour autant dans l’undergound, dans l’avant-garde artistique, ou dans un côté élitiste.

Certes la BD muette est assez rare, mais une fois qu’on se laisse prendre dedans, il n’y a pas besoin d’avoir lu quelque chose avant ou d’être particulièrement sensible à un courant artistique. Ca se lit sans besoin d’explication, et vraiment, c’est du beau dessin. Et pas juste pour enchaîner des galeries de splash pages. C’est de la narration, Degado utilise tous les codes de la BD pour raconter son histoire. Il a un côté un peu OVNI, c’est vrai, mais c’est aussi représentatif de ce que je veux montrer. A côté du tout public qu’est Mech Academy, je propose une autre oeuvre un peu plus à part, moins standardisée, mais qu’on peut mettre dans la plupart des mains, en tout cas celles des amateurs de beaux dessins et de dinosaures."

Précisons également que ce n'est pas la première incursion du titre Au Temps des Reptiles dans le paysage Français (les lecteurs de plus longue date s'en seront rappelés).

"Age of Reptiles est paru initialement chez Dark Horse. Ca a commencé à la fin des années 1990. Il y a eu une première édition par Dark Horse France à l’époque, avec les deux premiers tomes édités, qui ont ensuite été réédités en intégrale chez Semic au début des années 2000. Mais Ricardo Delgado a continué la série,  et ce qu’on propose aujourd’hui c’est un inédit, sorti en 2006 (Age of Reptiles : Ancient Egyptians), qui est sorti bien après que Semic arrête la publication des premiers volumes de la série. On n'a pas voulu partir sur une troisième réédition, car ceux qui l’avaient lu n'auraient peut-être pas envie de le racheter. Mais on voulait proposer un inédit qui est de plus graphiquement assez différent, car la technique de Delgado a beaucoup évolué entre les années 1990 et le milieu des années 2000."

"Il y a toujours de la place pour des titres de qualité"

La question peut paraître triviale pour ceux qui se tiennent au courant de l'évolution du marché de comics. Mais dans une offre toujours grandissante, et une production très abondante, il ne paraît  pas idiot de demander au directeur de Paperback sa démarche pour se faire une place dans un marché que beaucoup disent déjà saturé.

"Je pense qu’il faut avoir confiance dans la qualité de ses titres. On n'est pas allé chercher des miettes en se disant “on va faire du comics comme les autres”. Quand j’ai proposé d’aborder ce pan là de la création anglo-saxonne, on s’est vraiment posé la question : est-ce que c’est pertinent ? Le marché n’est-il pas déjà assez saturé ? Je pense qu’il y a toujours de la place pour des titres de qualité.

Notre parti pris, c’est de faire très peu de titres. On commence l’année avec six bouquins, dont un tome 2, et l’année suivante on n’en fera pas plus de dix. Et à priori notre rythme de croisière sera de dix titres par an. On ne veut pas créer un nouveau monstre qui ferait 70 titres par an dans un marché qui ne peut pas l’éponger. Le but c’est de prendre son temps, de ménager les sorties, laisser les libraires en parler, s’approprier le livre, laisser le bouche à oreille s’installer. Et je pense que c’est comme ça qu’on fait dans n’importe quel marché culturel, car la problématique se pose aussi en BD ou en manga.

Il y a une offre énorme, mais de toute façon à la base c’est un marché de l’offre. Personne n’a un réel besoin de BD. Mais on peut avoir envie d’une bande dessinée. Et c’est à nous de créer cette envie, de la susciter, et de l’attirer sur nos titres. Du coup on est prudent : on a pris des titres dans lesquels on et vraiment confiants, en lesquels on croit, qui ne sont pas faciles à vendre forcément car c’est très concurrentiel, et que des grosses licences occupent un peu l’espace rayonnage et l’espace médiatique. Mais on pense que ces livres peuvent faire parler d’eux une fois qu’ils sont lus et entre de bonnes mains."

L'autre question naturelle quand on aborde ce sujet du marché, c'est celle de la concurrence avec les autres éditeurs.

"On a beaucoup goûts en commun entre éditeurs. Il y a des séries qui vont sortir aux US qui nous intéressent énormément donc là dessus il y a une concurrence. On est sur des échelles très différentes aussi. Je ne peux pas me considérer comme un concurrent de Panini ou Urban Comics. Ils ont une offre pléthorique, ils proposent du super-héros venus des Big Two. S’ils réussissent, c’est tant mieux car ça fait marcher tout le secteur comics et ça le rend plus visible. Donc ça peut intéresser plus de gens, et faire venir ceux qui n’en liraient pas forcément. Ceux qui lisent Walking Dead et pas de comics à côté pourraient s’intéresser à un polar publié chez Paperback.

Il ya une concurrence qui est plus une émulation sur les contenus qui sont proposés. Je vais faire dix titres par ans, je ne sais même pas si c’est un mois de parution Panini/Urban, je pense que c’est même moins. Il y a une concurrence, mais comme on est pas toujours sur les mêmes segments, il y a de la place pour co-exister. La chose à laquelle il faut prêter attention c’est de ne pas surproduire. C’est toujours le problème qui se pose, celui de la fameuse saturation. Pour le coup on a pas de soucis là dessus avec six titres la première année, on laisse le temps au livre de s’installer. "

Non sans taquinerie, je demande alors à Basile si de se lancer avec un très faible nombre de titres autorise également de se permettre un loupé - au niveau des ventes, principalement, puisque le but est in fine de vendre ces comics.

"On n'a pas voulu faire un coup ou un lancement à la sauvette. On sait aussi que ça prend du temps d’avoir des résultats. Il y a la volonté de s’inscrire dans la durée. Si les premiers retours ne sont pas engageants on ne va pas plier bagage et laisser par exemple les lecteurs de Mech Academy dans le vent. On a besoin d’être relayés, de pouvoir rentrer financièrement dans nos frais, évidemment, mais il n’y a pas de fébrilité monstrueuse de notre part. On sait que logiquement les résultats ne vont pas arriver tout de suite, et il n’y a pas de panique là dessus. Le label a été créé pour durer."

C'est donc dans une certaine sérénité que Paperback peut également penser à la suite, et ces trois autres titres à venir au courant de l'année, avec notamment une preview de Magnus, qui sera offerte samedi 5 mai prochain, à l'occasion du FCBD. Là aussi, la participation de Casterman constitue une première.

"Comme les titres sortent la semaine du FCBD, on savait tout de suite qu’on voulait participer à cette fête. C’est ce moment de rassemblement privilégié, avec l’interaction entre le libraire et le public, avec les éditeurs qui proposent quelque chose. On cherchait le titre qui s’y prêtait le mieux. Qui est peut-être, même si c’est un peu maladroit de le dire comme ça, le plus “comics” en termes de ce qui se fait en comics indé - c’est celui qui s’inscrit peut-être le plus dans cette mouvance.

Magnus sortira en album complet fin août. C’est un polar qui part d’un principe très simple et qui l’exploite vraiment bien : les intelligences artificielles existent, elles sont dépressives, et elles ont besoin de psychiatres. On suit donc l’histoire de Kyle Magnus qui est une psychiatre en intelligence artificielle. A partir de là on se lance dans une oeuvre qui brasse du Matrix, du Blade Runner, qui va vraiment brassé beaucoup d’influences différentes, et qui offre un rail polar cyberpunk vraiment prenant.

Ensuite on a pour l’accompagner le 29 août Apocalyptigirl qui est un petit roman graphique d’Andrew MacLean, le dessinateur hyper talentueux de Head Lopper, dans un délire complètement autre avec son style graphique très particulier : lignes claires, et en même temps découpage manga, et viscéralement comics. C’est une oeuvre très touchante, post apocalyptique où on parle surtout de chats, d’une fille seule et de son chat. Et du fait de parler à voix haute quand on est tout seul, et qu’on doit quand même trouver un artefact mystérieux pour sauver l’humanité - les problèmes du quotidien, finalement.

En fin d’année on lancera la série Orc Stain de James Stokoe qui est un auteur extraordinaire. Je le définis comme le fils dégénéré de Philippe Druillet et Geoff Darrow. Il a une imagination débordante pour tout ce qui est fantasy, et qui a du détail à ne plus savoir qu’en faire sur ses pages. Un mec ultra-généreux et autodidacte, qui existe sur la scène américaine depuis plusieurs années et qui s'est construit une solide réputation, qui n’est pas encore arrivée en France. Alors que Stain est sa série la plus personnelle et la plus inventive qu’il a conçue."

De la SF, de la fantasy, du polar, des robots géants, des dinosaures : une offre extrêmement variée, qui témoigne d'une volonté affirmée par Paperback de ne se donner aucune limitation.

"Il n’y a pas de volonté de faire rentrer au chausse-pied des oeuvres dans le label. Et ce serait dommage de s’interdire un genre à partir du moment où l’oeuvre est originale, propose quelque chose d’intéressant, et est du comics. Paperback sert à accueillir cette création là. Je ne pense pas qu’il y ait un problème à varier les genres. Le but de ce label c’est aussi de rendre le comics accessible au plus grand nombre, et tout le monde n’est pas amateur de fantasy, de SF. Mais peut-être qu’on peut venir piocher juste ce qui nous intéresse là dedans."

Accompagner le livre : l'autre travail de l'éditeur

Avec ce lancement, Basile n'en oublie pas les autres rôles qui lui sont imputés en tant qu'éditeur, et notamment celui d'accompagner la sortie du livre. Intéressé par l'évolution des relais dans les domaines culturels - c'est la question du rapport aux sites internets, aux critiques ou aux réseaux sociaux qui est posée.

"La chose la plus importante, c’est que le livre a une dimension sociale phénoménale. Le livre existe aussi à travers ses lecteurs et au travers des relais entre l’éditeur et ses lecteurs. Le simple fait d’en parler, d’en discuter ou même de le pourrir sur internet, ça participe pleinement à ce qu’est l’édition, à ce qu’est le livre. La critique c’est hyper important, le relais de passion aussi. D’avoir des passionnés, d’avoir un public qui les écoute, et qui s’engage là-dedans, c’est plus stimulant car c’est le propre d’une industrie culturelle. C’est qu’elle déchaine les passions, que les gens peuvent s’écharper sur internet, ou faire 200 bornes pour faire une dédicace parce que le bouquin compte énormément pour eux. C’est une à laquelle je veux participer à mon modeste niveau.

L’éditeur ne peut pas être dans une tour d’ivoire et se concenter de balancer les bouquins, ce n’est pas ça. Il faut être prêt à s’engager avec le lectorat, écouter les retours, discuter avec les libraires, les bibliothécaires, les journalistes, tous les gens qui font que le livre existe au-delà de sa réalité physique. Une fois qu’il est imprimé, le livre n’existera pleinement que si des gens s’y intéressent - et pas forcément l’acheter : l’emprunter, le prêter, le recommander à un ami. Là, le livre existe et prend tout son sens. Sinon c’est juste deux bouts de carton qui prennent en sandwich un paquet de feuilles et y a pas besoin d’un éditeur pour ça. Je compte énormément sur le bouche à oreille, sur le retour critique, sur les influenceurs, car ce sont des vecteurs de passion. Ce sont des livres qui, je pense, ne laissent pas indifférent, dès le moment où on s’en empare."

Un accompagnement par les relais et leurs relations avec eux, mais qui peut se faire également dans un peu d'évènementiel. Mais à la question d'éventuelle tournées de dédicaces ou la présence en salons, Paperback ne compte pas brûler les étapes.

"Pour la première année, il n'y aura pas de salon. C’est quelque chose que je veux faire énormément, mais ça dépendra des résultats. Car c’est du temps et des engagements financiers que je ne peux faire qu’à condition d’avoir des premiers signes encourageants. J’adorerai pouvoir faire venir James Stokoe en France. Il a toute sa place dans un festival comme Angoulême ; je vois très bien Pak et Miyazawa à un festival comics. Je ne peux pas le faire cette année, j’aimerais le faire en 2019, on y réfléchit déjà.

En tout cas pour Angoulême on sera évidemment là en tant que Casterman, et je suis en train de voir ce qu’on pourrait faire. On est pas trop fixés pour l’instant. J’essaie de me concentrer sur les livres pour avoir quelque chose à proposer au lectorat, et ensuite construire un accompagnement physique autour des livres, avec stand et éventuellement une tournée de dédicace."

Les premiers ouvrages du label Paperback de Casterman sont disponibles en librairie dès aujourd'hui, et si Mech Academy ou Au Temps des Reptiles vous intéressent, on vous invite à faire un tour (ou à défaut, de les commander par ici ou par là). Vous retrouverez cette semaine sur 9emeArt les critiques de ces deux premiers essais !

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