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Rencontre avec Joe Kelly et Ken Niimura, auteurs du roman graphique I Kill Giants

Comics Le 06 juin
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par Corentin
Rencontre avec Joe Kelly et Ken Niimura, auteurs du roman graphique I Kill Giants

Ce mercredi, les distributeurs de Jokers proposeront l'édition vidéo du film Chasseuse de Géants, adaptation du roman graphique éponyme (et traduit) de Joe Kelly et Ken Niimura. L'importation de ce long-métrage co-produit par Chris Columbus coïncide justement avec l'édition VF d'I Kill Giants, par la jeune société HiComics. Un travail hors cadre des licences classiques proposées par l'éditeur dans le répertoire de la pépite indé'.

Un rédacteur que vous connaissez bien a récemment décrit l'oeuvre comme "un bijou entre justesse et émotions". Mais HiComics n'a pas seulement fait transbahuter un manuscrit de pages anglaises depuis le lointain continent par-delà l'Atlantique, la société a aussi importé par bateau un Joe Kelly. Denrée rare pour nous autres européens couplée à la saveur plus internationale de l'illustrateur Ken Niimura, qui en a d'ailleurs profité pour constituer un loot de BD locales parmi lesquelles Le Grand Méchant Renard de Benjamin Renner (véridique, homme de goût reconnaît homme de goût). Nous avons pu échanger quelques mots avec les deux auteurs autour de leur oeuvre, qu'ils sont heureux de voir enfin arriver en VF

Genèse d'une enfance

Présentations préalables si l'idée de quelques recherches succinctes vous défrise réellement : avant d'être l'auteur d'I Kill Giants, le brave Joe Kelly fait partie des vétéran de l'industrie côté comics de super-héros. Jeune prodige, le scénariste est embauché dès l'université pour contribuer aux séries Marvel. En 1997, il hérite d'un volume remarqué sur Deadpool avec Ed McGuinness, et quand on lui demande si les films sur le Mercenaire ont récupéré quelques idées à lui, il rit de bon coeur et n'ajoute rien histoire de ne fâcher personne. 

La longue carrière de Kelly l'aura mené à s'approcher des écrans en fondant, avec Joe CaseySteven T. Seagle et Duncan Rouleau le studio Man of Action. C'est de cette compagnie que naîtra l'animé Ben 10, et à travers ce travail en animation, Kelly participera aux cartoons Ultimate Spider-Man et à TMNT : Fast & Forward. Au moment de créer I Kill Giants, l'auteur sort d'une longue collaboration avec DC et cherche alors à se tourner des travaux plus personnels.

J'ai travaillé avec les Big Two pendant un long moment. Alors que je venais de quitter DC - au sens où je suis parti, et où ils ne voulaient pas que je revienne, donc ça tombait plutôt bien (rires), je voulais essayer de travailler dans l'indépendant. Le seul boulot que j'avais réalisé dans ce domaine était Steampunk, pour Cliffhanger, un label semi-indépendant. Il y avait ce script que je voulais réellement achever, et Joe Casey, mon ami et mon partenaire sur le projet Man of Action, avait déjà un pied chez Image Comics. C'est cet éditeur qui s'occupait déjà des parutions de Man of Action, et quand j'ai été voir Eric Stephenson il a tout de suite eu l'air intéressé.

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que Ken Niimura, un artiste hispano-japonais tout juste sorti des beaux arts, vienne rejoindre le projet. À l'époque, un océan sépare les deux collaborateurs, et c'est en Europe qu'ils se rencontrent sans s'adresser un mot.

Joe : Ken et moi nous sommes rencontrés à une convention en Espagne. On était à une table tous les deux, à faire nos signatures, il venait de publier une série d'histoires courtes. J'ai assez vite découvert qu'il était bon dans tout un tas de registres, tout ne ressemblait pas à ce qu'il a donné sur I Kill Giants. 

Ken :  Après la convention, je suis rentré chez moi et j'ai passé une journée à me demander "Joe Kelly, Joe Kelly...". Le nom me disait quelque chose, et quand ça a fini par me revenir je me suis dit "putain oui, Steampunk !". J'avais adoré cette histoire et je m'en suis immédiatement voulu, j'étais avec le gars de Steampunk et je ne lui avais pas demandé de me signer quelque chose.

La suite s'est faite assez naturellement : un auteur présente un script, un dessinateur lui répond favorablement. Tout ça en une longue période de temps, sans argent, sans éditeur signé dans l'absolu, et sans contact direct - Ken était encore à Paris pendant la majeure partie du processus créatif.

Joe : Je recherchais déjà un dessinateur pour la série, il a été prêt à prendre le risque de me suivre. Parceque, il faut bien réaliser que lorsque vous travaillez sur une série en creator owned, il n'y a aucune garantie de retour sur investissement. Le travail que vous faites peut ne rien vous ramener en définitive, et à cette époque je n'avais pas de quoi lui proposer de le payer avec mon propre argent.

Donc Ken a accepté de faire ce travail gratuitement, et même si bien sur cette histoire lui appartient autant qu'à moi aujourd'hui, c'était un véritable pari sur le moment.

Ken : A l'époque, comme le dit Joe, j'avais ces histoires courtes mais je sortais juste de l'école d'art et je n'avais jamais vraiment travaillé sur un long récit. C'était un véritable défi, je n'étais même pas sûr d'en être capable puisque je ne l'avais jamais fait. Mais, j'ai lu le script, je l'ai adoré, et j'ai immédiatement compris là où Joe voulait en venir avec ce personnage. 

Le fait qu'il n'y ait pas d'argent en jeu était même plutôt un avantage pour moi (rires), parce que je n'avais simplement aucune expérience à l'époque. J'ai donc pris le temps de tout développer jusqu'à ce que je m'y sente à l'aise. Pendant un an, il ne s'est rien passé. D'une part, je terminais mes études, et de l'autre je travaillais sur les recherches. Au bout d'un an, on a pu commencer à développer les personnages, les environnements, les backgrounds. 

Un long chemin jusqu'à l'année 2008 où Kelly et Niimura peuvent enfin commencer à publier. Image Comics en maison d'accueil et des retours critiques très enthousiastes. Le bouquin emportera différents prix, dans le New York Magazine, sur IGN qui le nommera "meilleure publication indé" l'année de sa sortie, mais aussi plus tard, un prix à l'International Manga Award

Conception pratique d'une BD

I Kill Giants est en effet publié au Japon dans la foulée de son édition américaine, ce qui n'étonnera personne au vu de l'influence asiatique déployée par Niimura et d'un choix esthétique repoussoir pour de nombreux lecteurs : le fameux noir et blanc. Un choix conscient et allant volontiers dans l'idée d'un métissage de styles.

Joe : Au départ ça n'était pas en noir et blanc, dans ma tête Barbara avait toujours eu les cheveux roux, comme Mérida dans Rebelle par exemple. Ken a décidé du noir et blanc.

Ken : Il y a différents avantages au noir et blanc, le premier étant évidemment le timing. On avance beaucoup plus vite sur une histoire si on se passe de la couleur, mais je cherchais aussi cette esthétique manga. Dans la BD japonaise, ou même sur des séries américaines comme Walking Dead, personne ne se demande où est la couleur. Au contraire, ça a même souvent l'avantage d'aider à se concentrer sur l'histoire.

Pour un artiste, le fait de travailler avec de la couleur peut induire l'envie de rendre les scènes plus jolies qu'elles ne devraient être, là où le rôle d'une scène dessinée est avant tout d'être utile à l'histoire. Ce qui est drôle c'est que j'ai recherché cette facette manga et qu'en définitive, le volume a fini par être publié au Japon donc peut-être que le noir et blanc est cyclique.

À aucun moment les auteurs n'ont reçu une quelconque directive éditoriale. Imprimé par Image, le volume aura été leur bébé du début à la fin - ils détaillent hors micros les différents choix de styles, de taille, de pagination et même de publicité que l'éditeur leur aura laissé. Pour Ken, le responsable le plus direct de cette partie de la création, tout s'est fait à distance et avec beaucoup de liberté.

Ken : C'est amusant, je vivais en France quand je travaillais sur les planches d'I Kill Giants. Je n'étais pas sur place, je ne pouvais pas me rendre à mon libraire. Je ne savais même pas quel papier utiliser, ils m'avaient envoyé des échantillons dans mon studio à Paris, j'ai du choisir pour les planches intérieures ainsi que pour les couvertures. C'est ce qui est génial avec Image, ils n'interfèrent à aucun niveau, on pouvait tout leur demander, ça ne posait pas de problèmes. Ils laissent la part créative aux auteurs.

Le propos même d'I Kill Giants aura profité de ces choix esthétiques - le noir et blanc en particulier, mais le style de Niimura aussi sur cet angle de BD apatride aux confluents de différentes influences. Une héroïne dont les codes évoqueraient le manga, un imaginaire de récit qui cherche dans les monstres nordiques et le destin du héros à l'américaine, avec cette sensibilité très européenne d'oeuvre dramatique.

Sur l'esthétique, l'artiste détaille ses recherches et la place accordée aux géants, adversaires indiscibles et métaphores d'une oeuvre sur laquelle il se sera posé quelques questions.

Ken : C'est drôle, au départ je n'avais fait qu'un petit croquis sur lequel j'avais rajouté les oreilles de lapin. Le choix de cette version en particulier s'est imposée de manière abstraite, en réalité ça nous semblait juste être la bonne chose à faire. Pour les géants c'était un peu la même chose, l'emploi de ce noir profond devait plus suggérer la forme que de décrire une apparence précise. Ca fonctionne aussi avec cette idée que l'on ne peut pas vraiment deviner la créature, qu'elle est trop grande pour rentrer dans la case.

Personnellement, je pense que l'art doit parfois être irrationnel, qu'on ne doit pas forcément avoir à l'expliquer si le sentiment qu'il provoque est le bon. En cinéma, c'est différent, on doit définir la structure même de la créature ou du personnage avant de le mettre en mouvements. En comics en revanche, le rapport est plus direct. Si ça fonctionne, ça fonctionne. C'est aussi là qu'apparaît l'utilité du noir et blanc, un géant entièrement noir qui ressemble plus à une ombre a plus de sens dans un monde sans couleurs.  

Sensibilité parentale dans le regard d'un enfant

Sur les thématiques d'I Kill Giants, cet adversaire sombre aux formes peu précises sert pour Joe Kelly à écrire plus loin qu'un simple récit d'aventures. L'oeuvre agit comme une métaphore (ouverte) du rapport d'une enfant à la découverte de la mort et à la difficulté de passer ce moment ô combien douloureux.

En particulier dans les circonstances que décrivent l'oeuvre, avec beaucoup de subtilité - il vous est d'ailleurs déconseillé de lire plus loin si vous n'avez pas déjà parcouru le volume.

Joe : Je suis un grand fan de ce genre d'histoires avec un jeune personnage principal, mais qui s'adressent aux adultes. Je n'ai pas l'impression que ce soit si répandu d'ailleurs. Mes amis de Man of Action m'appellent "le taré des quatre", parce qu'il m'arrive de torturer mes personnages, de les faire passer par des trucs horribles, ça fonctionne d'autant mieux quand votre héros ou votre héroïne est jeune. Quelle que soit l'histoire, j'ai toujours eu cette sensibilité personnelle pour les récits difficiles et l'inspiration d'I Kill Giants m'est venue à deux moments de ma vie.

Quand mon père a été hospitalisé pour son diabète, c'est la première fois où j'ai envisagé l'idée qu'il pouvait mourrir un jour. Il avait un peu moins de trente-cinq ans à ce moment là. Ce moment est resté ancré en moi, et un jour j'ai eu moi aussi mes propres enfants. Quand ma fille a eu six ans, elle était déjà comme ma femme, drôle, franche, téméraire. Mon fils avait quatre ans de son côté, et pour l'un comme pour l'autre j'étais cette espèce de jeune père relativement parlant qui regardait ces petits êtres humains se développer, en me disant que comme moi, un jour, ils devront penser à la mortalité de leurs parents. 

J'ai donc imaginé comment une version plus âgée de ma fille vivrait une situation comme celle-là. En particulier si elle suivait cette orientation nerdy vers laquelle j'essayais de l'orienter - je lui faisais découvrir les comics, les super-héros et toute cette culture. Une partie de tout ça est resté d'ailleurs, mais pas tout (rires). Mon fils, dieu merci, a été plus malléable, c'est un des nôtres aujourd'hui. En tout cas, voilà la genèse de cette histoire et comment Barbara est née dans mon esprit.

À cet égard, le choix du géant - plutôt que du dragon, auquel Kelly aura aussi un temps réfléchi avant de rejeter cette idée trop conventionnelle - est comme l'imagine Niimura : trop grand pour une enfant, trop grand pour la case qui symbolise son espace de création. L'imagination est l'échappatoire de Barbara comme le fait de lire, voir et croire aux cultures de l'imaginaire peut parfois l'être pour de nombreux enfants aux expériences similaires.

Voire d'adultes passionnés, pourquoi pas ?

Joe :  Le pouvoir de notre imagination, pour nous aider, nous guérir, traverser des moments difficiles de la vie, aujourd'hui on sait que ce n'est pas juste une image. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut remettre en question, en particulier chez les enfants. J'ai une amie dont le père est mort quand elle était encore très jeune. Son échappatoire à elle était le groupe Duran Duran, et elle a construit autour de ça tout un monde fantastique en imaginant que Simon le Bon venait l'aider à ne pas supporter ça seule. Ça l'a aidée à traverser des années douloureuses. 

Ce pouvoir de s'échapper par l'imaginaire, on l'a retrouvé chez certains lecteurs qui nous ont expliqué qu'on les avait orienté vers I Kill Giants parce qu'ils avaient vécu des épisodes similaires. Ça a pu les aider à trouver une réponse à leurs peurs. C'est le rôle de la dramaturgie au sens accadémique, être aspiré dans un récit que l'on ne vit pas mais dont on ressort la catharsis émotionnelle qui nous libère de sentiments réels. Je vois ça comme quelque chose de capital dans les oeuvres de fiction.

Pour ce qui est du Titan, il ne représente pas la maladie. C'est une image de ses propres peurs, et c'est ce qu'il lui dit "je ne suis pas venu pour elle, je suis venu pour toi". C'est une métaphore plutôt simple en fait, mais elle m'a marqué au sens où ce que vit Barbara est sans doute la chose la plus énorme que peut vivre un enfant de cet âge. Quelque chose de trop gros pour elle, donc pourquoi pas un géant. Ce n'est pas non plus un monstre tant représenté dans la culture moderne, et avec ce goût que j'entretiens pour les mythes nordiques, les Géants de Glace et autres, cette connexion s'est présentée naturellement. 

Il en sera ressorti un volume complet et assez fascinant dans cette capacité d'un père à imaginer le monde à travers les yeux de sa fille. A cet égard, Kelly projette autant l'idée qu'il avait en tant que fils que celle qu'il aura, un jour, au moment de dire au revoir à ses propres enfants.

Dans cette perspective, pas étonnant que l'histoire arrive à trouver un écho auprès d'un lectorat plus âgé, qu'il ait ou non vécu la perte d'un proche. Et pas étonnant non plus que decteurs d'un autre genre s'y soient retrouvés eux aussi - en l'occurrence, d'autres bâtisseurs d'imaginaires et de conception visuelle, ceux d'un art plus mouvant et plus facile à importer par-delà frontières et océans. Ceux, bien entendu, du cinéma.

L'expérience Chasseuse de Géants

Formé à l'écriture de scénario depuis l'université - et enseignant en écriture à ses heures perdues à cette même université - Joe Kelly développe assez vite l'envie de faire d'I Kill Giants sa propre contribution au monde du cinéma. Avec pour lui un CV qui court dans des formes d'art animées et l'expérience de plus de douze années dans l'écriture, il conçoit dès le début une version cinématographique du script en parallèle de la version papier.

Joe : Ma formation première était celle d'un scénariste de cinéma, à l'Université de New-York, avant que je ne commence une carrière dans les comics. Le scénario a toujours été une passion pour moi. Quand j'ai eu l'idée d'I Kill Giants, je me souviens avoir dit à ma femme "ce projet doit se faire en dehors des pages", et je l'ai écrit tel quel directement en parallèle de la version papier. Juste pour moi, comme une sorte de spéculation que cela devait arriver à l'écran.

Des amis m'ont aidé, ont jeté un oeil à la version cinéma, puis à la version papier, il y a eu pas mal d'échanges entre les deux au fil de l'écriture. Le projet était déjà prêt à l'emploi quand je l'ai présenté à Kyle Franke. A l'époque, il travaillait avec la Fox, il était fan du comics, c'était la première personne à croire au projet. Quand il a commencé à prospecter différents studios, ça nous semblait difficile et puis est arrivée Michelle Miller du studio 1492 Pictures.

Elle a eu le comics entre les mains, l'a adoré, l'a transmis à Chris Columbus, il l'a adoré. Une fois que Chris Columbus est entré dans le processus, tout a été très vite, on a pu commencer à parler budgets, acteurs, etc. 

Columbus sera le nom déterminant qui fera enfin bouger les choses. Le projet a pour lui le nom de l'actrice Zoe Saldana, immédiatement séduite par le livre avant même l'entrée en lice de Columbus, et puis, plus tard, la jeune et talentueuse Imogen Poots. Deux personnalités connues qui aideront à la popularité du projet.

C'est cependant à Saldana que Kelly adresse le plus gros coeur avec les doits. L'actrice aura été le roc et la valeur sûre du film pendant de nombreux mois à pagailler dans un océan de non-existence, seule caution valable d'un métrage qui a failli, de l'aveu même de son créateur, ne pas se faire.

Quand Zoe est montée à bord, elle venait d'avoir ses jumeaux et elle a donc retrouvé quelque chose de spécial dans le script. Et pendant tout le temps que cela nous a pris pour assembler l'argent, aller de studio en studio et de valider que tout ça se fasse pour de bon, elle n'a jamais douté et est toujours restée partante pour le rôle. C'est un soutien énorme d'avoir une actrice de ce calibre pour ouvrir certaines portes, je ne peux pas la remercier suffisamment. Le film s'est réellement fait grâce à elle.

C'est en définitive en la personne d'Anders Walter, un metteur en scène danois oscarisé pour son court-métrage Helium quelques années plus tôt, que le studio 1492 trouve son réalisateur. Columbus cède la main, non pas par manque d'envie mais en comprenant simplement que l'oeuvre, intimiste, irait mieux à un artiste moins habitué à des machines moins rugissantes et moins explosives que celles auxquelles il est habitué.

Au départ, Chris devait réaliser le film mais il s'est aperçu que ce n'était peut-être pas si pertinent d'avoir son style sur cette histoire là. Le fait est qu'il est habitué à travailler sur des projets avec un budget bien supérieur, et que ce travail là demandait peut-être une équipe plus resserrée. Ils ont trouvé Anders ensuite, avec son formidable court-métrage Helium. On s'est vite rencontrés pour discuter du projet, j'aimais ce que j'ai découvert chez lui, et la suite s'est faite assez simplement. 

Le feuilleton du film I Kill Giants vous sera conté dans une interview séparée d'Anders Walter sur Comicsblog.fr. Reste que l'expérience aura été un fantastique souvenir pour Joe Kelly et Ken Niimura, qui savourent d'autant plus les portes que cette version filmée ouvre déjà à leur BD dix années après sa parution originale.

L'édition française en particulier vient réparer une injustice, puisqu'à l'époque, une première tentative d'importer I Kill Giants s'était faite sous une autre enseigne, plus décevante. En particulier pour le très francophile Niimura, qui explique tel quel au sujet de cette nouvelle version : il est heureux.

Hi Comics est venu nous voir directement, avec beaucoup d'enthousiasme. Il y avait déjà eu une édition il y a huit ans et à l'époque, ils voulaient couper l'édition en deux volumes. Sauf que seul le premier avait été publié ! C'était une société baptisée "Soleil" je crois, et à l'époque, on ne savait pas (rires). Le deuxième tome n'était donc jamais sorti, et malgré cette expérience on a trouvé un vrai soutien pour cette nouvelle édition donc on a immédiatement été séduits. Et au final le résultat est superbe, on peut en être fiers. 

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