Interview > Didier et Lyse Tarquin nous parlent d'UCC Dolores, leur nouvelle série spatiale

Didier et Lyse Tarquin nous parlent d'UCC Dolores, leur nouvelle série spatiale

Franco-belge Le 12 mars 2019
0
par LiseF
Didier et Lyse Tarquin nous parlent d'UCC Dolores, leur nouvelle série spatiale

Le 9 janvier dernier sortait le premier tome d'UCC Dolores, la toute nouvelle série de Didier Tarquin. Le dessinateur icônique de Lanfeust a signé chez Glénat pour un western spatial, en duo avec sa compagne Lyse. On suit l'histoire de Mony, une jeune orpheline élevée dans un couvent. Le jour de ses dix-huit ans, elle doit quitter son cocon pour affronter le monde extérieur. Tout ce qu'elle a en poche, c'est un acte de propriété d'un vaisseau de sinistre réputation datant de la guerre, l'UCC Dolores. Durant le festival d'Angoulême j'ai eu l'occasion de rencontrer le binôme, pour en savoir un peu plus sur cette série...

Une série en gestation depuis des années

À l'époque, l'annonce de la série avait fait grand bruit. Rien d'étonnant, puisque Didier Tarquin devenait scénariste, après avoir officié en tant que dessinateur durant de très longues années. Pourquoi avoir décidé de se lancer dans ce projet ?

"La question c’est pourquoi je l’ai pas fait plus tôt ! J’ai toujours des histoires en tête, jusqu'à maintenant je dessinais sur une partition d’Arleston, mais il y a aussi mon imagination, il y a des choses qui sont enfouies et il fallait que ça sorte."

Souvent quand on indique un duo créatif dans la promotion d'une bande dessinée, on parle du dessinateur et du scénariste. Ici c'est le dessinateur/scénariste et la coloriste qui sont mis en avant. Mais pour Didier et Lyse Tarquin, les frontières entre leurs métiers sont poreuses.

"Nous vivons ensemble, les barrières sont poreuse , on se conseille. On se connaît, ça fait dix ans qu’on travaille ensemble, je connais ses goûts, je sais quelle est sa culture. Lyse c’est un peu Brian Eno pour Moby : le groupe arrive avec sa chanson, il fait un arrangement, et on obtient LE morceau."

Le duo discute du scénario, Lyse Tarquin pose des questions et amène à Didier Tarquin un recul sur son histoire. Ce dernier insiste sur l'importance de la couleur dans le récit : la coloriste a par exemple tenu à créer sur l'une des planètes une atmosphère bioluminescente façon Avatar. Une ambiance qui tient beaucoup à la couleur, et que nous pourrons découvrir dans les tomes suivants. Le rôle de Lyse Tarquin est d'autant plus important que pendant la gestation d'UCC Dolores, Didier Tarquin continuait à travailler sur Lanfeust.

"Je devais faire le relais parce que l’album s’est créé sur quatre ans, et on devait sortir un Lanfeust par an. Par exemple sur la couverture, on a travaillé sur une première image qui ne donnait pas exactement ce qu’on avait en tête. J’ai recomposé la couverture pour donner plus d’importance au personnage féminin. Et ça ce n’est ni vraiment du dessin, ni vraiment de la couleur !"

Lyse Tarquin explique s'être complétement approprié l'univers, au point de pouvoir ajouter ses propres éléments : une aisance qui vient aussi de la complicité entre les deux artistes. Quand il parle de la couleur, Didier Tarquin utilise à nouveau une métaphore musicale :

"La couleur sur un album, c’est comme la musique au cinéma. C’est pas quelque chose qu’on remarque mais c’est incontournable. Quand je lui dis « éclate-toi aux couleurs », je lui raconte l’histoire, je ne me contente pas de lui donner mon texte."

Mony, l'agneau aux yeux verts

Cette nouvelle série est campée par Mony, personnage principal au physique mémorable, avec ses longs cheveux roux et ses yeux verts. Paradoxalement, sa psychologie est bien plus sage : à dix-huit ans elle découvre le monde réel, et tout l'effraie. Didier Tarquin m'explique ces choix :

"Mony au départ, c’est surtout une coquille vide. Elle est orpheline, elle a été récupérée dans un couvent, donc la vision qu’elle a de sa vie est dogmatique. Elle n'a pas de passé, pas de parents… C'est comme si on jettait un agneau innocent au milieu d’une meute de loups. On joue un peu avec les stéréotypes : c’est d’autant plus marquant et fort si c’est une fille, elle aura plus facilement ce côté agneau."

Je remarque que comme Lanfeust, Mony a les cheveux roux. Didier Tarquin m'explique que c'était Arleston qui avait imaginé un Lanfeust rouquin. Pour le personnage de Mony, cette couleur de cheveux s'est imposée comme une évidence : il s'est inspiré de plusieurs oeuvres comme Rebelle ou Sierrah Torride. Lyse Tarquin, en tant que coloriste, me fait remarquer que cette couleur est plutôt pratique puisqu'elle rend le personnage très identifiable, même en tout petit.

L'UCC Dolores... Une grosse boîte ?

Forcément dans une oeuvre spatiale, on se doit de glisser des références : l'espace, c'est Star Wars, Battlestar Galactica, Star Trek ! Le fameux vaisseau en particulier, l'UCC Dolores, a un design plutôt surprenant. D'où vient ce choix ?

"Le vaisseau c’est un des personnages principaux, niveau design il fallait faire quelque chose de simple parce que je vais le dessiner sous tous les angles. La tête de mort dessinée dessus est une référence à Albator, dont je suis fan. Et puis il ne dit pas tout, il est fermé ! À un moment donné les personnages veulent cherchent un code pour déployer les armes. Quand il va se déverrouiller ça va donner quoi ? Est-ce qu’il se déplie ? Est-ce qu’il y a des choses qui sortent ?"

En fait, l'UCC Dolores est une boîte, d'où son design rectangulaire. Ce mystère sur ce qu'il contient, alors même que les personnages voyagent à son bord, donne d'autant plus envie de lire la suite. Et justement, à quoi doit-on s'attendre pour la suite ?

"Ça va être très dangereux pour tout le monde ! La fin du tome 1, c’est le moment où on appuie sur le bouton Start. À partir du second tome les choses vont s’accélérer très très vite et dans un monde comme ça, quand ça s'accélère... il y a beaucoup de sang !"

Dans le premier volume nous avons pu faire connaissance avec le personnage de Mony. Maintenant, plus le temps de niaiser ! Vous n'avez pas encore lu le premier tome d'UCC Dolores ? Celui-ci est disponible au prix de 12,50 euros chez Glénat.

Auteurs & Mots clés
les dernières news
les dernières critiques
Vous êtes certain de vouloir supprimer ce commentaire ?