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Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval nous parlent de leur passionnante uchronie, Le Dernier Atlas

Franco-belge Le 25 jul 2019
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par LiseF
Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval nous parlent de leur passionnante uchronie, Le Dernier Atlas

Au mois de juin durant le Lyon BD FestivalFabien Vehlmann et Gwen de Bonneval étaient présents pour parler du premier tome du Dernier Atlas, passionnante uchronie réalisée avec Fred Blanchard et Hervé Tanquerelle. L'occasion pour nous de les rencontrer et de poser toutes nos questions à ces passionnés d'histoires, mais aussi d'Histoire, avec un grand H...

Le dernier Atlas, un projet fou

Difficile au premier abord de pitcher Le dernier Atlas : certes les auteurs sont bien connus dans le milieu, et les sujets abordés sont palpitants. Mais il y a trop d'auteurs, trop de sujets et même trop de points positifs dans ce premier tome pour le décrire en étant concis. Fabien Vehlmann nous explique d'où est venue l'idée au tout début.

"Ça a commencé par une idée qui m’est venue d’un robot géant qui pourrirait dans une décharge. J'ai toujours besoin d'une image forte pour démarrer un récit. Et puis est arrivé un projet commun qui était Professeur Cyclope avec Gwen, Brüno, Cyril Pedrosa, qui était une revue web feuilletonnante, et qui nous a donné l’idée du robot."

Dans la série, nous allons voir peu à peu se former une bande de héros improbables qui sera centrale dans la suite de l'histoire. C'est un peu ce qui est arrivé avec les auteurs : l'équipe s'est formée au fil du temps, grâce aux compétences de chacun. Gwen de Bonneval raconte :

"Avant Professeur Cyclope on avait amorcé le projet avec Tanquerelle, il avait commencé à faire le chara design. Quand on est revenus sur le projet on avait laissé de côté le fait que Hervé puisse le dessiner, mais on utilisait ses characters designs, et quand Professeur Cyclope s’est arrêté, on est retournés le voir en lui disant "Tu veux faire une "simple" bd de 200 pages ?". Il voulait le faire aussi mais il osait pas nous le proposer, comme des timides qui n’osent pas s’aborder dans une soirée !"

L'auteur ajoute qu'il leur manquait un spécialiste des robots, capable de concevoir leur Atlas, et c'est là qu'ils ont fait appel à Fred Blanchard basé à Nantes, comme eux.

L'histoire comporte un robot géant comme élément central, mais n'est pas une ode aux films et aux animes de méchas. Ce n'est même pas un genre donc Fabien Vehlmann est particulièrement friand.

"Je suis pas spécialement un fan de mécha. Mais on partage des repères comme Le géant de Fer, les Miyazaki, et Le Roi et l’Oiseau qui est un peu la figure première en plus d’être un film français. Je suis pas un fan absolu de ce genre, mais j’aime bien l’idée de m'en servir et d’en faire un truc très sérieux."

Les deux auteurs m'expliquent qu'ils sont passés par différentes idées avant d'en arriver à ce format. Au départ, ils ont même pensé à du turbomédia ! C'est finalement la publication de trois gros tomes qu'ils ont choisi, dont le premier se dévore.

Une saga à binge-watcher

Le terme binge-watcher est utilisé d'habitude pour les séries télé. Mais c'est un peu ce qu'on ressent en lisant ce premier tome. Il est conséquent mais se lit très vite. Pour Fabien Vehlmann, c'est précisément le but.

"On tenait à ce que ce soit des volumes de 200 pages, et à ce format feuilletonnant. Tu peux faire du "binge-reading", comme une série t’amène à voir vingt épisodes d’affilée."

En choissant le genre de l'uchronie, les auteurs ont pu aborder des thèmes complexes, de géopolitique notamment, sans se placer dans un cadre totalement réaliste. Fabien Vehlmann nous décrit ce premier tome comme une rencontre entre les Soprano et Goldorak. De plus, le format leur permet de développer une grande galerie de personnages.

"L’idée de trois albums de 200 pages c’était pas une coquetterie. Ça permet d'utiliser la complexité du genre chorale. C’est un très gros enjeu d’écriture, notamment dans le troisième tome. On a commencé à fermer des portes dans le second."

Hé oui, parce qu'il va y avoir des morts ! L'auteur m'explique que c'était inévitable pour être sûr d'être crédible. Certains personnages ont été "en balance" pendant plusieurs semaines, tous les membres de l'équipe n'étant pas forcément d'accord pour le faire mourir. Scénaristiquement, les auteurs sont passés par bien des dilemmes. Gwen de Bonneval raconte leur rapport au genre de l'uchronie :

"Spielberg dans la guerre des mondes voulait éviter les poncifs des films catastrophe. Nous, on voulait essayer de tout faire pour que le lecteur oublie que l'histoire est impossible, notamment les robots géants. Et Fred [Blanchard] a joué un rôle énorme là-dessus. Il connaît toutes les pièces du robot !"

Une BD politique

Le dernier Atlas a eu droit à une critique élogieuse dans Valeurs Actuelles. Un constat qui fait rire nos deux scénaristes. Pour eux, l'un des buts est pourtant de parler de diversité, comme l'explique Fabien Vehlmann :

"Mon père a fait la guerre d’Algérie, je voulais écrire un bouquin là-dessus. C’es hyper clivant y compris dans les familles, et ça l’était dans la mienne. L’uchronie nous permettait d'en parler, et du coup présenter un personnage d’origine maghrébine était intéressant. Je veux parler d’une France dans toute sa diversité."

Vous n'avez pas encore lu Le dernier Atlas ? Qu'attendez-vous ? Le premier volume est disponible au prix de X euros chez Dupuis.

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