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Interview : entre Valérian et Les Vieux Fourneaux, Wilfrid Lupano nous parle d'adaptations

Franco-belge Le 30 dec
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par LiseF
Interview : entre Valérian et Les Vieux Fourneaux, Wilfrid Lupano nous parle d'adaptations

Avec le temps, Wilfrid Lupano est devenu une véritable référence de la bande dessinée franco-belge. Par des récits originaux, en série comme avec Alim le Tanneur et Les vieux Fourneux ou en one-shots comme avec Le Singe de Hartlepool ou encore Ma Révérence, il s'est imposé comme un maître du genre. Lupano, c'est un pro pour raconter des personnages touchants et vrais, tout simplement. C'est donc une surprise de le retrouver pour deux projets d'adaptation : celle de Valérian d'abord, qu'il signe avec Mathieu Lauffray, où il invente de nouvelles aventures à nos deux voyageurs spatiaux. Mais aussi celle des Vieux Fourneaux, qui va bientôt pointer son nez au cinéma, et dont il est le scénariste.

J'ai eu envie de questionner l'auteur sur son rapport à la création, aux personnages qu'il aimait inventer et à ceux qu'il avait accepté de reprendre.

Valérian, l'histoire d'un projet pas si fou que ça

Dans un premier temps je suis revenue sur sa version de Valérian avec Mathieu Lauffray aux éditions Dargaud. Quand j'ai entendu parler du projet pour la première fois, j'avaoue avoir été un peu perplexe. Et puis je l'ai lu et j'ai vraiment bien rigolé. Je lui ai demandé comment était né le projet, et pourquoi il avait accepté de se prêter au jeu.

Spontanément au début j’ai plutôt eu tendance à refuser. De base, je suis pas trop porté sur tout ce qui est reprise, adaptation. Là c’était Valérian, une série que j’aime beaucoup, et puis surtout la proposition venait des auteurs eux-mêmes. Quand on te demande de reprendre une série, si l’auteur est mort, tu peux te dire “qu’est-ce qu’il en aurait pensé ?”. Mais là ils sont bien vivants et cette démarche de nous permettre de venir jouer dans l’univers qu’ils ont créé, j’ai trouvé que c’était généreux de leur part et aussi très punk, très aventurier ! Les auteurs ont tendance à sacraliser la série qu’ils ont créé, mais ce n'est pas du tout leur cas et j'ai trouvé ça génial.

L'album diffère pas mal de l'oeuvre originale : Valérian est un peu glandu, il se fait facilement embobiner par un escroc qui veut lui graisser la patte, et Laureline est sans cesse obligée de le rappeler à l'ordre. Et ne parlons pas du grand méchant qui veut cloner Laureline pour fabriquer en série des poupées gonflables à son effigie ! L'humour est très présent et très propre à Lupano, mais on ne retrouve pas tout à fait le ton de Valérian par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières.

Dans ce type d'exercice, tu sais que tu dois un peu secouer le cocotier mais pas le faire tomber. On marche un peu sur un fil. Et il y avait aussi de l'humour dans Valérian. Simplement à l'époque, on ne pouvait pas se permettre de tout dire ! La BD était pré-publiée dans Pilote et ça pouvait tomber sous le coup de la loi. Moi je voulais surtout pas froisser les auteurs, du coup j'étais un peu tendu au moment de leur faire lire le scénario. Mais ils ont trouvé ça drôle donc on a dit "allons-y !".

Les vieux Fourneaux, l'oeuvre de Lupano au cinéma

"Allons-y", c'est aussi ce qu'ont dit Lupano et Cauuet lors d'une énième proposition d'adaptation des Vieux Fourneaux au cinéma. Pour ce projet, l'auteur est aussi le scénariste du film. Un fait plutôt encourageant, qui laisse à penser que le film sera bien dans l'esprit des BD. Mais est-ce difficile de passer de scénariste de bande dessinée à scénariste de film ?

Le cinéma est plus regardant sur le scénario avant de se lancer. Je trouve que les éditeurs ne passent pas assez de temps à accompagner le scénariste, mais à l'inverse ils peuvent faire chier le dessinateur pendant longtemps. Souvent en bande dessinée le scénario est déconsidéré au moment de la création du projet. Au cinéma ils sont beaucoup plus regardants, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Ils peuvent complétement dépiauter un scénario si tu les laisses faire. Mais ça n’a pas été mon cas, jusqu’à présent ça se passe très bien.

Le temps n'est pas au beau fixe du côté des adaptations de BD au cinéma. Les Profs, Le Petit Spirou... De nombreuses oeuvres ont été sabordées sur grand écran. Forcément, ça fait un peu peur pour Les Vieux Fourneaux. Y a-t-il pensé quand il a accepté d'adapter sa série en film ?

J’ai eu peur bien sûr ! Et d’ailleurs c’est parce qu’on a eues plusieurs propositions, et qu'on a pu choisir avec qui on allait le faire, que la peur s’en est un peu allée. Mais elle a quand même été là tout le long du développement du projet. Aujourd'hui je peux garantir que le scénario est conforme à ce qu’on raconte dans la série. Je suis parfois présent sur le tournage et j’ai l’impression qu’on tourne de chouettes scènes.

Il faut dire que le casting a de quoi mettre en confiance : on sait déjà que Eddy Mitchell sera de la partie, ainsi que Pierre Richard et Alice Pol. On est toujours dans l'attente d'un premier trailer mais en sachant que Lupano a eu une certaine liberté dans le scénario et a pu être présent sur le tournage, je trouve ça très encourageant. Il faudra cependant être patient, parce qu'aucune date de sortie n'a encore été annoncée !

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